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- Style : Blackmore's Night
- Membre : Pretty Things/yardbird Blues Band
 

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RENAISSANCE - Turn Of The Cards (1974)
Par MARCO STIVELL le 19 Mars 2012          Consultée 1849 fois

Turn of the Cards, c'est le début d'une grande histoire d'amour, la mienne avec RENAISSANCE. Après avoir acquis le tout premier que j'ai trouvé bon, sans plus, ce disque a été à l'origine de mon coup de foudre pour ce merveilleux groupe sous-estimé dans la sphère progressive. J'avais en particulier un souvenir vif d'un morceau appelé "Mother Russia"...

Ce cinquième opus s'inscrit dans la lignée des (au moins) trois grandes références du groupe, publiées les unes après les autres. Il est un peu à considérer comme le disque hivernal, car une grande vague de froid s'abat sur les six chansons qui le composent. Froid sibérien peut-être ? En tout cas, des morceaux comme "Running Hard" et "Cold Is Being" sont à eux seuls témoins de ce parti-pris. Cette dernière en particulier (rien que le titre), directement inspirée de l' "Adagio" de Tomaso Albinoni, avec sa nappe d'orgue grisante sur laquelle la voix d'Annie évolue seule. L'autre morceau court du disque, "I Think of You", a ce côté ballade éprise romantique et poétique (le genre qu'on aimerait tous entendre, venant d'une femme en plus), à l'harmonie plutôt complexe mais néanmoins fluide. Le clavecin souvent utilisé sur ce disque vient un peu pimenter le tout et la basse reste très en avant, chose permise ceci dit depuis longtemps par le choix du groupe de conserver un son de guitare acoustique. Et à ce titre on entend pas mal de 12 cordes, miam !

"Black Flame" alterne passages typiquement folk et refrains plus denses, bien soulignés par le clavecin. Sur ce style de morceau, on se rend compte de la maestria du groupe à proposer des passages "détails", plutôt courts assez passionnants, cf. la mini-transition à l'orgue. "Things I Don't Understand" assène un thème mystérieux, transformant les voix de Jon et Annie en éminences pastorales un brin mystiques, ce qui nous est confirmé par les magnifiques "Aaah" présents sur les passages instrumentaux. Encore une pièce maîtresse renfermant voix généreusement expressives, montées de piano et thèmes folk limpides rappelant "Carpet of the Sun". Mais le second gros morceau du disque reste ce "Running Hard" éblouissant, débuté au piano de manière très néo-romantique, et prolongé par des thèmes sur rythmiques ska (déjà un hommage à l'est de l'Europe), des passages a-cappella, ainsi que des envolées orchestrales. Car à compter de la deuxième minute, "Running Hard" représente la première utilisation réellement savante d'un orchestre par RENAISSANCE. Cordes éperdues, cuivres amples, xylophones et cloches de Noël rassurants, tout un ensemble d'instruments jusqu'alors inédits répond au groupe (excellent jeu de Terence Sullivan) tout le long de la chanson, dans un ton résolument épique.

Mais il y a encore mieux que "Running Hard", c'est la première pépite de l'album, située tout à la fin. "Mother Russia" est la pièce sur laquelle est concentrée tout le désespoir et l'urgence musicale de Turn of the Cards, qui justifient aussi cet "hiver". Elle est directement adressée à l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, en puisant ses paroles dans le livre Une Journée d'Ivan Denissovitch, imaginé et tenant place au goulag pendant la période de la grande terreur, et publié durant celle de la déstalinisation. Un thème sombre et froid, très orchestral ouvre ce morceau. On note également le piano, une guitare 12 cordes, des claviers scintillants, un violon plaintif, un hautbois dramatique... Puis s'ensuit un thème folk sur lequel chante Annie pendant qu'une harpe tisse des ambiances claires comme les flocons qui tombent là-haut. L'harmonie est encore complexe mais profonde, sombre. Il y a une grande intensité dans l'orchestre qui soutient le groupe, mais c'est valable pour tout ce qui reste du morceau. Car avant une reprise indispensable, il y a LE passage, toute la quintessence du prog symphonique. Le "(Mother Russia) He criiiiiies for you" nous lance tout dans la figure. Flûtes, hautbois, clarinettes basses et "Ouuuh" désespérés font monter la sauce jusqu'à un boléro "lourd" accéléré où violons et cuivres s'entremêlent, où la rupture avec les voix est essentielle, et où les frissons sont garantis. Des roulements de harpe indiquent la fin, et celle-ci peut être amenée dans une softitude progressive, le piano concluant avec l'orchestre mourant seulement... Quel morceau mes aïeux !

J'ai toujours un peu de mal à dire quel est mon RENAISSANCE préféré, mais j'aime bien répondre Turn of the Cards car ce fut le vrai premier, et parce qu'il y a "Mother Russia", entre autres pépites énormes. Un coup de maître auquel le groupe ne se tiendra pas...

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   MARCO STIVELL

 
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- Annie Haslam (chant)
- Terence Sullivan (batterie, percussions)
- Michael Dunford (guitares acoustiques)
- Jon Camp (basse, chant)
- John Tout (pianos, clavecin, orgues)
- + Orchestre


1. Running Hard
2. I Think Of You
3. Things I Don't Understand
4. Black Flame
5. Cold Is Being
6. Mother Russia



             



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