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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : 5uu's, Emerson, Lake & Palmer
- Membre : Uk, Jon & Vangelis, Gtr, King Crimson, Squackett, Jon Anderson , Yoso, Asia, The Moody Blues
 

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YES - Anderson Bruford Wakeman Howe (1989)
Par ARP2600 le 16 Juin 2012          Consultée 2634 fois

Le fait de classer l'unique album studio d'Anderson Bruford Wakeman Howe dans la discographie de Yes mérite une petite explication. Bien sûr, ces quatre-là sont parmi les membres les plus importants du groupe. Cependant, rappelons que l'album précédent, Big Generator, était joué par Jon Anderson, Travor Rabin, Chris Squire, Tony Kaye et Alan White. Au fil des ans, le groupe s'était vraiment constitué un double line up, tous ces musiciens étant aussi légitimes les uns que les autres. Le problème, c'est que quand ces quatre-ci ont décidé de sortir un album en 89, ils n'avaient pas les droits sur le nom du groupe et n'ont pas pu s'entendre avec la faction de Squire, qui reste la seule personne à avoir participé à tous les albums officiels.

Cette petite brouille n'a duré que deux ou trois ans, déjà oubliée avec l'album suivant de Yes, auquel les neuf ont participé, et qui se nomme simplement Union. Notons qu'il n'y a pas eu d'album de Yes concurrent d'ABWH, raison parmi d'autres de l'inclure dans cette discographie. Il y a aussi la pochette de Roger Dean, police de caractères comprise. Et puis, tout simplement, ils n'ont pas cherché à se trouver un vrai nom, le fait d'aligner leurs noms de famille montre bien qu'ils voulaient faire du Yes.

Et la musique, sonne-t-elle comme du Yes ? Oui et non, de toute façon, leur style a beaucoup évolué. On remarque quand même l'absence des lignes de basses typiques de Chris Squire, pourtant remplacé ici par le très professionnel Tony Levin, connu entre autres pour son travail avec King Crimson. Pour le reste, le son et l'harmonie romantiques, l'abondance de synthés, la voix d'Anderson, une nette progressivité, tout ça ne laisse pas beaucoup de doutes. En plus, ce n'est même pas vraiment éloigné de la pop/arena rock de 90125 et Big Generator, tout est simplement plus... décontracté.

C'est d'ailleurs sans doute le problème d'ABWH, il manque un peu de tonus. Il est assez inégal aussi, mais au moins l'album a-t-il une bonne lisibilité, ce qui est loin d'être le cas de tous ses successeurs. Il dure une heure, et peut se diviser en six parties d'environ 10 minutes : trois longues suites en alternance avec deux paires de chansons ainsi que la délirante «Teakbois». La courte conclusion «Let's pretend» est un peu un bonus, notons qu'elle était au départ une chanson de Jon et Vangelis.

Bon, tout est assez plaisant, je parlerai surtout de mes passages préférés. Le plus notable est de toute évidence l'introduction, «Themes», une petite suite de six minutes. Elle commence par un magnifique ensemble de claviers mystérieux, sans doute la meilleure contribution de Wakeman que je connaisse (à moins que ce ne soit grâce aux claviers additionnels de Matt Clifford). La longue mélodie principale est bien rythmée, c'est un morceau très joyeux et lumineux. Après un des rares solos de guitare de Steve Howe, la fin est un peu perturbante par contre, plus lente et lourde, ce qui s'accorde difficilement avec les sons majoritairement aigus. On enchaîne très naturellement avec «Fist of fire», un numéro peu orné.

La suite «Brother of mine» joue une première fois sur un certain exotisme. Le début est vraiment décontracté, il faut attendre la septième minute pour un passage plus rythmé, très festif avec une bonne petite mélodie. «Birthright» est une belle chanson plus dramatique, notons-y l'apparition de percussion et l'accélération vers la fin, quelque chose de nettement prog. «The meeting» est par contre un peu trop mélo, et détone pas mal par rapport au reste. Dans «Quartet», le groupe cabotine un peu, le titre se réfère à la fois au fait qu'ils sont quatre, aux quatres parties de la chanson, et au faux classicisme adopté – par exemple, Wakeman s'en donne à cœur joie avec des sons de type violon, basson, clavecin, etc. Bref, sympathique sans plus.

Par contre, j'aime beaucoup «Teakbois», où ils ne se prennent absolument pas au sérieux. Ce numéro aligne différentes ambiances ethniques, alternant un chant pseudo-latino marrant et des passages plus lents et organiques. La dernière suite, «Order of the universe», est plus arena rock que ce qui précède. Après une introduction contemplative, un chant plus musclé vient nous surprendre quelque peu, et nous raccorde au contexte des années 80/début 90 de Yes sans pour autant vraiment rompre la thématique de l'album. Bref, la manœuvre est plutôt habile. Enfin, «Let's pretend» n'est pas vilaine du tout, l'arrangement axé sur la guitare acoustique est très réussi.

ABWH est donc un album assez anecdotique car peu ambitieux, mais proposant une musique fort agréable, bien que potentiellement ennuyeuse par moments. En tout cas, deux choses sont sûres : primo, on ne fera pas de cauchemars après l'avoir écouté et secundo, il est nettement meilleur que plusieurs des productions maladroites, dans les années 90, d'un Yes se cherchant sans succès une nouvelle voie.

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   ARP2600

 
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- Jon Anderson (chant)
- Bill Bruford (percussion)
- Steve Howe (guitare)
- Rick Wakeman (claviers)
- Tony Levin (basse, choeurs)
- Matt Clifford (claviers, choeurs)


1. Themes
2. Fist Of Fire
3. Brother Of Mine
4. Birthright
5. The Meeting
6. Quartet
7. Teakbois
8. Order Of The Universe
9. Let's Pretend



             



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