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TRAVIS - The Invisible Band (2001)
Par DARK PANDA le 7 Mars 2012          Consultée 985 fois

Une histoire d'amour. Au mieux, elle commence par un coup de foudre. La vision étant son vecteur logique, la métaphore colle mal avec la musique. Sauf qu'il existe le clip. Et Travis, avant toute chose, c'est un clip : celui d'un somptueux banquet dans une richissime demeure, qui se termine en une orgiaque bataille de nourriture sur la musique du célèbre tube "Sing". Les images séduisent, la pop du groupe écossais aussi. Tout est parfait, comme dans un rêve. Réveillé, on se dit : "Allez, on tente d'en savoir plus. Qu'a-t-on à perdre ?" Rien, jamais. Alors on se procure l'album. Dont on n'attend pas grand chose et tellement à la fois. Les premières notes, reconnaissables entre toutes, révèlent l'air de "Sing" et rassurent avant l'angoisse de découvrir le reste. La pop sirupeuse s'élance et s'étale, émeut et emballe. Rien d'original. Mais les morceaux suivants s'enchaînent avec la même volupté et on se prend, une nouvelle fois, à rêver : la patience de ce rythme sur "Dear Diary", cette voix éclatante de poésie sur "Pipe Dreams", cette ligne de guitare qui se déverse en fines éclaboussures sur "Follow the light", serait-il possible que tout le disque soit aussi bon que "Sing" ? Sur l'instant, on aime à le croire, alors on le croit.

Les réécoutes ne déçoivent pas cet espoir. Les aventures grandissent au fil des pistes, comme sur la délirante "Side" : dès la première seconde, un nuage entêtant de guitares électriques ensorcelle le silence. Il guidera le morceau jusqu'à son terme. S'y amoncellent la gravité timide d'une basse, un horizon délicat de batterie et la voix, céleste et envoûtée, du chanteur Francis Healy. Le tout se rapproche de l'hymne pop par excellence, ultra-mélodique et d'une géniale simplicité. On s'envole avec elle, sans même l'avoir cherché. Le monde se réduit à des accords de cordes et à des mots dansants dans les airs.
Autre détour passionné, similaire dans l'attitude, avec la pièce suivante. "Pipe dreams" tisse le même fil que "Side", cousant de féériques accords à la guitare et révélant tout le piquant de la voix de Francis Healy.
D'autres déclarations enflammées parcourent la suite de l'album : sur les gouttes de piano de la langoureuse "Dear Diary", on s'imagine juché sur la cime d'un épicéa à admirer la canopée d'une forêt ruisselante. Ragaillardi par le merveilleux crescendo de "Last train", on se prend à vouloir gravir une montagne à pic. Lové dans l'atmosphère tranquille de "Safe", on profite des envolées de Francis Healy pour se reposer l'esprit et épouser de toutes ses forces la plus paisible des harmonies.
Et puis il y a "Sing". Ce miracle d'un peu moins de quatre minutes. Son banjo exotique et extatique, son chant exalté et enragé, ses mélodies opulentes et insouciantes. La plus belle des douceurs.

Face à cette subjugation, un constat rude que beaucoup partagerons : Travis n'invente rien, Travis est ennuyeux, bref, Travis ne vaut rien. Certes, le groupe écossais n'a pas révolutionné son genre musical. Mais ne nous trompons pas de combat : on peut être génial sans forcément découvrir le feu. Et Travis, du haut de ses airs enivrants et de son lyrisme, tant vocal qu’instrumental, ne cherche rien d'autre qu'à déployer une pop intelligente et délicieuse. Avec amour, sans détour. Tout cela est sûrement futile, mais au diable. La musique psychédélique, ancêtre du rock moderne, n'est-elle pas née de chansons louant la paix et les fleurs ? Alors revenons à cet album de Travis, à ces lignes de guitares aériennes, à ces mélopées pop acidulées et à cette voix éclaboussée d'ardeur. Partons avec lui et tâchons d'en profiter, sans limite. Quitte à le faire découvrir. Car l'amour en musique possède un dernier atout, celui d'être partagé.

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   DARK PANDA

 
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- Francis Healy (guitare, banjo, piano, chant)
- Andy Dunlop (guitare)
- Dougie Payne (basse)
- Neil Primrose (batterie)


1. Sing
2. Dear Diary
3. Side
4. Pipe Dreams
5. Flowers In The Window
6. The Cage
7. Safe
8. Follow The Light
9. Last Train
10. Afterglow
11. Indefinitely
12. The Humpty Dumpty Love Song



             



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