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- Style : The Seer , 10,000 Maniacs, Kitchens Of Distinction
- Membre : Red Hot Chili Peppers

REM - Fables Of The Reconstruction (1985)
Par MARCO STIVELL le 2 Juillet 2012          Consultée 1585 fois

Avec Fables of the Reconstruction, R.E.M. change pour la première fois la donne. L'album ne sera pas produit par l'habituel duo Easter/Dixon, mais par Joe Boyd qui a entre autres contribué fortement à la montée du folk anglais moderne à la fin des années 60, en réalisant des albums pour Fairport Convention et Nick Drake. De ce fait, ce troisième opus est enregistré en Angleterre, et on peut dire que cela n'a pas franchement réussi aux quatre garçons d'Athens. D'abord ils ont froid (l'hiver londonien est apparemment plus terrible que celui du Sud des Etats- Unis) et ensuite ils se plaignent de la bouffe, franchement mauvaise. Autant de détails qui même pour une vie de passage affecteront quelque peu leur capacité à créer, ce qui contribuera à faire de ce troisième essai une première parenthèse "moindre" dans leur histoire. A noter que la pochette fait en sorte que l'on puisse appeler ce disque aussi bien Fables of the Reconstruction que Reconstruction of the Fables, et cela permet de faire un parallèle avec la Reconstruction Era du Sud des Etats-Unis, ayant eu lieu dans les années suivant la fin de la guerre de Sécession.

De ce fait, on peut dire que l'album partait bien au moins pour sa trame textuelle, puisque Michael Stipe s'inspirait alors énormément de la vie dans ce Sud et aussi de la mythologie du coin, le tout en mode narratif d'où l'évocation des "fables", histoires que l'on (particulièrement les vieux habitants des zones rurales) raconte au coin du feu... "Can't Get There from Here" est une expression employée à une croisée de chemins, lorsqu'on ne sait où aller". "Kohoutek" est la première forme de texte romantique du groupe, parlant d'une relation brisée par le départ d'un des deux amoureux, qui a filé comme la comète Kohoutek. "Wendell Gee" et "Old Man Kensey" rendent hommage à un excentrique anonyme. "Auctioneer" est directement inspiré de la vie rurale du Sud. Quant à "Feeling Gravitys Pull", il possède un peu de ça aussi, en mêlant la thématique du fait de s'endormir en lisant avec des allusions à Man Ray, le peintre surréaliste.

Le groupe et Joe Boyd ne se sont pas gênés pour puiser dans cet univers mi-réel, mi fantasque pour donner aux compositions un son parfois étrange, peut-être plus encore qu'à leurs débuts en raison d'une lourdeur plus marquée dans le ton. Ceci étant tout à fait à l'image des chœurs dissonants de "Auctioneer" ou de l'ensemble de "Feeling Gravitys Pull", qui n'ouvre décidément pas le disque comme "Radio Free Europe" et "Harborcoat" ont pu le faire. Dense, ce titre l'est dès le riff très "nocturne et hivernal" de Peter Buck jusque dans la distorsion ambiante, que vient à peine tempérer le trio de cordes invité. Le guitariste affirmera à ce titre en 2010 que l'idée générale comme quoi le groupe n'aimerait pas ce disque est très loin de la réalité (alors que les membres avaient passé les années précédentes à dire le contraire), ils en retiennent en particulier cette texture originale dans leur répertoire.

J'aurais tendance à dire que ce troisième opus fait, à mon sens, se rencontrer le meilleur et le pire du R.E.M. d'alors. Le pire, c'est "Can't Get There from Here", ah qu'est-ce que je peux la repousser celle-là... C'est l'une des chansons les plus pêchues des débuts d'R.E.M. mais aussi la plus poussive, principalement en raison de sa production et de ces cuivres indigents au possible (chose curieuse, ils ne se lâchent qu'à la toute fin). A l'inverse, il y a "Maps and Legends", sans doute ma préférée de cette première période. Dédiée au révérend Howard Finster (qui a peint la pochette de Reckoning), c'est malgré une réalisation d'époque, l'exemple typique du raffinement des futurs tubes d'R.E.M. joliment annoncés ("Losing My Religion", "World Leader Pretend"...). Et entendre Stipe chanter quelque chose de différent par rapport à Mills est d'une efficacité redoutable...

"Driver 8" et "Life and How to Live It" renouent un peu plus avec l'esprit d'un college rock frais, tout en étant témoins d'un début d'album très réussi. C'est après que les choses se gâtent un peu car en dehors de la fameuse chanson noire, tous les titres de "Old Man Kensey" à "Good Advice" s'écoutent gentiment, sans réelle passion. On note juste une petite amélioration pour "Green Grow the Rushes" (qui n'est pas une adaptation du standard irlandais) alors que "Auctioneer" sonnera trop bizarre pour dépasser le quelconque. Le groupe a eu la bonne idée néanmoins de conclure avec une très jolie ballade nommée "Wendell Gee", d'autant plus rattachée au Sud que Peter Buck y utilise le banjo.

Etonnament ou non, Fables of the Reconstruction deviendra l'album le plus vendu du groupe aux Etats-Unis, alors que les singles ne feront aucun bruit. Quant à ce petit écart d'inspiration, il sera largement rattrapé par l'album à venir, l'excellent Lifes Rich Pageant.

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   MARCO STIVELL

 
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- Michael Stipe (chant)
- Peter Buck (guitares, banjo, harmonica)
- Mike Mills (basse, piano, choeurs)
- Bill Berry (batterie, choeurs)
- + David Bitelli (saxophones ténor et baryton)
- Peter Thomas (saxophone ténor)
- Jim Dvorak (trompette)
- Camilla Brunt (violon)
- Philippa Ibbotson (violon)
- David Newby (violoncelle)


1. Feeling Gravitys Pull
2. Maps And Legends
3. Driver 8
4. Life And How To Live It
5. Old Man Kensey
6. Can't Get There From Here
7. Green Grow The Rushes
8. Kohoutek
9. Auctioneer (another Engine)
10. Good Advices
11. Wendell Gee



             



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