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Rachel SERMANNI - Black Currents (2012)
Par MARCO STIVELL le 20 Avril 2012          Consultée 668 fois

Quelques mois après son premier EP, Rachel SERMANNI remet le couvert... avec un autre EP. La jolie écossaise a réalisé Black Currents avec l'équipe habituelle, son petit groupe de musiciens composé de Joe Rattray (contrebasse), Martyn Hodge (percussions), Jennifer Austin (piano), et de pas moins de trois fiddlistes : Siobhan Anderson, Laura Wilkie et Louise Bichan. Le souvenir de The Bothy Sessions et notamment du magistral «In the Hollow» est encore très frais, mais voilà que nous passons déjà à un autre univers.

En fait, cette différence on la doit à la production. The Bothy Sessions avait un son assez roots, très proche du folk américain quand il rejette tout forme de propreté. Non pas que Black Currents soit léché, il est en revanche plus clair, plus fin. On a moins l'impression d'écouter un groupe live, et du coup cela participe grandement à la densité des chansons. Autre détail remarquable, celles-ci se veulent moins diversifiées dans leur durée comme dans le style. L'omniprésence du groupe entier ou presque participe également à faire de Black Currents un ensemble homogène, ce qui pourrait faire sa force autant que sa faiblesse. On parlera plutôt de réussite, car ces ambiances sont tellement prenantes...

Rachel SERMANNI tient à mettre de nouveau en valeur son songwriting franchement mature pour une demoiselle d'à peine 19 ans, et elle le fait par le biais d'un propos résolument acoustique. Ses textes parlent ici de la mer, du brouillard, des voix ferrées et de tant de choses qui rendent la planète et la vie plus belles. Pourtant à l'écoute de la musique, on ne peut s'empêcher de ressentir de fortes nuances entre cette volonté d'évasion et les choix d'arrangements.

On remarquera que toutes les chansons usent d'une rythmique en ternaire, leur insufflant une démarche lancinante. Et ce n'est pas le seul point commun entre chacune. La contrebasse marque les temps donnant un côté lourd, les percussions ont un rôle «horloger», nous rappelant que le temps passe malgré le rêve qui se prolonge, que Rachel chante ou non. Jennifer Austin fait un travail merveilleux au piano, souvent à base de notes pures et limpides. Les fiddlistes se métamorphosent en véritable orchestre de chambre, avec un ton tour à tour langoureux et sec quand il n'y a pas le mystère installé par le jeu en pizzicato. Quant à Rachel, elle s'accompagne quel que soit le contexte de sa guitare acoustique, jouant de beaux arpèges et de manière imperturbable, au contraire éprise par ce qu'elle voit en rêve et qui se retrouve aussi dans sa manière de chanter. Cette voix jazzy, chaude et veloutée se pose délicatement sur l'ensemble musical ou le laisse s'exprimer pour ne pas apparaître trop centrale, en tout cas sait toujours faire preuve d'une certaine justesse. Parlons encore des éléments instrumentaux qui apparaissent en fond sonore, difficiles à cerner bien que l'on pense à des guitares, et qui apportent une touche éthérée tout le long de ces chansons en contrastes.

Cet ensemble est donc le fil conducteur instrumental et qui fait que ce disque sonne très homogène, et surtout très beau. L'harmonisation de la voix sur le refrain de «Breathe Easy», le départ grave de celle-ci sur les couplets de «The Fog» pour finir en voix de tête sur les refrains, les «ouh ouh» de cette même chanson, le début feutré de «Black Current» («Last night I dreamt that I was a bird...»), chanson où la voix de Rachel sonne dans une cabine, ne demandant qu'à s'échapper... Tout nous pousse à adorer cette voix et cette interprétation. Et le reste bien sûr, ces introductions minimalistes qui grossissent durant le développement pour s'évanouir en fin de temps imparti, la dispersion surprenante des fiddles qui aiment bien jouer à contretemps, le piano exquis, ou même la harpe qui vient offrir quelques clusters (montées et descentes de cordes), un mode de jeu qui lui est propre, et donc forcément savoureux, féérique...

C'est bien simple, avec ces idées folk élaborées, on se rapproche aussi bien de Fleet Foxes que de Laura Marling (pour le côté féminin), et si l'on parle de manière plus large et historique, de Nick Drake. Suavité et exploration sont les maîtres mots de cette musique distillée par Rachel, dont on saluera encore une fois le talent pour un si jeune âge. The Bothy Sessions nous avait au moins moins fait retenir «In the Hollow», mais Black Current est encore plus indispensable à tout amateur de folk touffu.

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   MARCO STIVELL

 
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- Rachel Sermanni (chant, guitare acoustique, effets)
- Joe Rattray (contrebasse)
- Martyn Hodge (percussions)
- Jennifer Austin (piano)
- Siobhan Anderson, Laura Wilkie, Louise B (fiddle)


1. Breathe Easy
2. The Fog
3. Black Current
4. Song To A Fox



             



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