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ZËRO - Hungry Dogs (in The Backyard) (2011)
Par JOVIAL le 21 Mai 2012          Consultée 1709 fois

Vingt-et-une secondes. Je n’ai tenu que vingt-et-une secondes avant que les chiens ne me rattrapent. Je me disais bien aussi que « Fast Car » commençait un peu trop facilement, que cette sympathique ligne de basse ne pouvait que cacher quelque chose. Et en effet, vingt-et-une secondes plus tard, les chiens m’avaient déjà rattrapé et, tel cet infortuné cerf en artwork, je m’effondrais bientôt sur le sol, l’acide coulant dans mes veines, m’imaginant voir au loin les sourires narquois des quatre complices de ZËRO, savourant eux-mêmes leur victoire avec ce fabuleux troisième album. Oubliez la claque que vous aviez prise avec Diesel Dead Machine, cette dernière n’est finalement plus rien en comparaison de ce que nous inflige Hungry Dogs (In The Backyard). Disque résolument plus sombre et plus frontal, où les sonorités électroniques gagnent encore en importance, ce dernier voit ainsi le groupe s’aventurer vers des terrains davantage noise rock, ne renonçant toutefois pas à une production toujours irréprochable, au service de compositions variées et d’un album de bout en bout immersif.

Avec ce troisième effort, ZËRO nous révèle une autre facette sa personnalité, que nous laissaient déjà entrevoir des compositions telles « Enough … Never Enough » ou « The Cage » sur l’album précédent. Les mélodies, complexes et très soignées, se font plus agressives, cérébrales ou hypnotiques - lorsque ce n’est pas les trois à la fois - dans une ambiance se tournant rarement vers des tons chaleureux, comme la pochette nous le laissait d’ailleurs d’emblée sous-entendre. Encore une fois, l’alliance particulièrement brillante des claviers d’Ivan Chiossone et des guitares de François Cuilleron nous martèle sa réussite sur des morceaux ne tolérant aucun répit (« Speedball », « First Turns To Last », « The Trap »). Les rythmiques se font également plus tribales (« Feast Of Freaks », « Cracker’s Ballroom »), donnant parfois davantage de masse et de puissance aux compositions (« The Trap », l’instrumental « Speedball ») ou au contraire davantage de remous (« Clown In A Crowd »), sans pour autant chercher à trop en faire. ZËRO sait ainsi où s’arrêter et s’impose une certaine rigueur, pour finalement nous servir un disque barré mais jamais bordélique, gardant une homogénéité très appréciable, et ce malgré des compositions souvent très différentes. Hungry Dogs nous semble alors rester du début jusqu’à la fin sous amphétamines, avec aussi ses quelques passages de bad-trip, en particulier sur « Fast Car » et son effet yoyo parfaitement incarné par une guitare à la fois acidulée, lointaine et aérienne, ou plus encore sur l’inquiétante « Polly’s On The Run », étrangement plus calme mais au demeurant elle aussi grandiose. Le groupe ne relâche ainsi la pression qu’en fin de partie avec la plus lumineuse « Queen of Pain », qui trompe son auditeur par une outro plus posée, nous laissant doucement nous reprendre notre souffle, les chiens ayant désormais arrêté de courir. Seule la plus mollassonne « Hackin’ Around », au départ pourtant intéressante, casse quelque peu le rythme effréné de l’album, et reste à mon avis l’unique reproche que l’on pourrait avoir à faire au disque en lui-même.

À l’instar de Diesel Dead Machine par rapport à Joke Box, Hungry Dogs satisfait son auditeur dans la mesure où l’on sent encore une fois que le groupe a su progresser dans la bonne direction. Le chant gagne par exemple en importance, et Eric Aldéa semble d’ailleurs s’en donner à cœur joie, que ce soit à titre d’exemple dans la névrose de « The Trap » ou pour les élans punks de « Feast Of Freaks ». Plus encore, ZËRO est parvenu à nous proposer un disque à double tranchant : si de prime abord, ce troisième album joue la carte d’une musique sombre voire dure, il en ressort toutefois une étonnante impression de fraîcheur qui cache, et c’est peut-être mieux ainsi, la réelle complexité de l’œuvre toute entière. Bref, quoiqu’il en soit, ces chiens affamés restent pour ma part une des meilleurs sorties de la fin 2011, et vous laisseront probablement, du moins je l’espère, quelques cicatrices que vous aurez du mal à oublier … 4/5

À écouter : « Fast Car », « Speedball », « The Trap » et « Feast Of Freaks ».

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- Ivan Chiossone (clavier/guitare)
- Franck Laurino (batterie)
- François Cuilleron (guitare/basse/claviers)
- Eric Aldéa (chant/basse/guitare)


1. Fast Car
2. Cracker's Ballroom
3. Clown In A Crowd
4. Hackin' Around
5. Speedball
6. First Turns To Last
7. Feast Of Freaks
8. Polly's On The Run
9. Queen Of Pain



             



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