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CLANNAD - Macalla (1985)
Par MARCO STIVELL le 19 Septembre 2012          Consultée 1561 fois

Macalla ("écho" en gaélique) ou le premier projet pop de CLANNAD. Certains diront qu'ils ont vendu leur âme au diable, d'autres que c'est parmi ce qu'ils ont fait de mieux. À chacun de décider, mais il faut dire que plusieurs points ont fait en sorte que cette évolution soit en toute logique par rapport à ce qui a précédé. Premièrement, la date devrait constituer un indice, nous sommes au beau milieu des années 80, une époque qui, qu'on l'ait connue ou non, laissait peu de place aux musiques folkloriques strictement traditionnelles, y compris chez les pionniers du genre.

Deuxièmement, pour le projet Macalla (dont la pochette façon Edvard Munch a été réalisée par Anton Corbijn, le même que pour War de U2), CLANNAD s'est entouré du producteur Steve Nye, qui a beaucoup travaillé avec des artistes divers tels que Roxy Music, Japan, David Sylvian ou le Penguin Café Orchestra, ce qui a poussé la famille-groupe irlandaise à expérimenter différemment. Elle saluera cette parenthèse, ne se souvenant que de bons moments avec Nye. Pol Brennan venait de passer pas mal de temps en Europe occidentale, où il s'est nourri des cultures actuelles et il s'est plié au jeu, tout comme son frère Ciaran.

Les deux frères, comme pour la bande sonore Légend, vont écrire et composer des chansons séparément, sans aucun autre concours ou presque. Ils ne se rejoignent que pour la ballade "In à Lifetime" à laquelle participe Bono, ce qui fait d'elle un témoin de l'entente entre ces deux grands groupes irlandais que sont CLANNAD et U2. La famille du Donegal, travaillant aux Windmill Lane Studios de Dublin, avait cette mélodie depuis un an en tête, et elle eu l'idée de cette collaboration en se rendant juste à côté au Dockers pub, où se retrouvaient de nombreux artistes. Bono les à rejoints deux jours plus tard, et Maire Brennan dira que le voir chanter dans un studio reste l'une des plus belles expériences de sa vie d'interprète. "In a Lifetime", au titre inspirée par le groupe du jazzman Tony Williams, est un slow langoureux où les harpes et voix suaves rencontrent des synthés et éléments rock typiquement dans le ton de l'époque. J'avais tendance à trouver au début que Bono en faisait trop, mais au final cette unique collaboration reste somptueuse, et un tube porteur.

D'autres du même calibre mais potentiels uniquement voient le jour. "Indoor" par exemple, un rock FM a synthés écrit par Pol, se voit renforcé par la présence du sax alto du bien connu Mel Collins, tout comme le moins léger et plus étoffé "Thé Wild Cry", également de Pol. Ces solo caractériels tranchent avec la douceur du soprano sur "In à Lifetime", mais l'on reconnaît cette patte entre mille. Même chose pour la guitare électrique du jeune et talentueux Anthony Drennan qui fait ses premières armes sur "Almost Seems (Too Late to Turn)", "Blackstairs" et "Closer to Your Heart". À propos de cette dernière chanson, on se rend compte qu'un pari pour le fun vaut mieux qu'un conditionnement fermé. Lynda, la copine de Ciaran, lui a proposé d'écrire un vrai tube pop. Il s'est exécuté en trois heures et à la fin tenait ce petit bijou, où Maire nous prouve qu'elle n'excelle pas que pour le folk ou les ambiances veloutées.

Dans le style ballade épique, "Almost Seems (Too Late to Turn)" et "Skyline" comptent parmi les plus grandes réussites du groupe. Cette dernière s'octroie même quelques échappées rock où le synthé lead de James Delaney brille encore un peu. "Caislean Oir" ("Castle of gold") se rapproche de "Theme From Harry's Game" pour ce qui est des polyphonies vocales sur fond de synthés, en encore plus massif et réussi. "Buachaill on Eirne" ("The boys on the Erne") est le seul traditionnel retenu, et qui restitue dignement l'ambiance encore acoustique de Magical Ring. Quant à "Blackstairs" chanté par Ciaran, c'est une chanson contemplative de Pol par rapport à une rangée de montagnes près de Kilkenny, à l'atmosphère étrange et si prenante ! L'un des joyaux les mieux cachés du groupe. Les frères Duggan ne sont pas écartés et offrent la ritournelle la plus enthousiasmante du disque avec le très folk "Journey's End", à grand renfort de mandoles et de flûtes.

C'est d'ailleurs là toute la force de Macalla, alors qu'on pourrait croire à la mise au chômage de certains membres devant l'affluence de tant de musiciens de studio. Que nenni. Chacune des chansons, en plus d'être une solide composition, se voit embellie par la présence de harpe, de guitares acoustiques et de flûtes au milieu des synthés et instruments rock. Un mariage qui permet au groupe de faire des concessions aux eighties tout en conservant son identité, et ainsi sa dignité. À ce stade-là, c'est tout simplement le meilleur résultat que l'on pouvait imaginer. Très grand disque que ce Macalla.

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   MARCO STIVELL

 
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- Máire Brennan (chant, harpe celtique)
- Ciarán Brennan (basses, guitares, claviers, chant)
- Pól Brennan (flûtes, guitares, percussions, chant)
- Noel Duggan (guitares, chant)
- Pádraig Duggan (guitares, mandoline, chant)
- + Bono (chant)
- Mel Collins (saxophones)
- Danny Cummings (percussions)
- James Delaney (claviers, synthétiseurs)
- Anthony Drennan (guitare électrique)
- Paul Moran (batterie)
- Steve Nye (claviers)


1. Caislean Oir
2. The Wild Cry
3. Closer To Your Heart
4. In A Lifetime
5. Almost Seems (too Late To Turn)
6. Indoor
7. Buachaill On Eirne
8. Blackstairs
9. Journey's End
10. Northern Skyline



             



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