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1992 Dirt
 

- Membre : Ozzy Osbourne

ALICE IN CHAINS - Dirt (1992)
Par PINHEAD le 31 Octobre 2012          Consultée 1586 fois

Dirt, c'est la saleté, la crasse, l'obscénité... Et c'est une ambiance que parvient parfaitement à créer ALICE IN CHAINS à travers son deuxième album et ses treize morceaux qui le composent. Un groupe au bord des nerfs en prise avec la drogue et le mal être lors de longs voyages à travers la grande Amérique, suffisamment de crasse et de chansons pour remplir un album entier, qui n'aura jamais mieux porté son nom.
Non franchement Dirt, c’est pas un album de lopettes. C’est tout d’abord une œuvre personnelle et très noire: NIRVANA n'a qu'à bien se tenir. Car ce qui différencie ALICE IN CHAINS de ses contemporains aux cheveux gras, c’est son déracinement total de toute influence punk. Préférant lorgner du côté obscur de métal, la filiation du groupe de Layne Staley au mouvement grunge est purement géographique (Seattle) et chronologique (début des années 90). On retrouvera également des textes mélancoliques et fédérateurs pour une jeunesse perdue.

Les sessions de Dirt se font dans un studio quotidiennement enfumé à la marijuana par le groupe. Mais ce qui inquiète le plus les membres, c'est son chanteur Layne Stayley, dépressif et irritable se shootant à l'héroïne entre chaque prise.
Isolement, dépression, mort, colère… Tels sont les thèmes de Dirt.
Ah oui, et la drogue: traitée sur six chansons (près de la moitié de l’œuvre). Omniprésente, voire identitaire. Les paradis artificiels sont au centre des morceaux, et les autres thèmes abordés y sont souvent étroitement liés. En ce sens, Dirt est le journal intime, le témoignage schizophrène d’un groupe camé jusqu’aux os. De sa voix écorchée, Layne Staley enchaîne une apologie morbide des substances dans « Junkhead » mis en avant par un refrain épurateur: « Quel est la drogue de mon choix ? / Qu’as tu pour moi ? / Je ne me planterai pas / et j’en consomme beaucoup/ Es tu heureux ? Je le suis. » pour ensuite crier à l’agonie en manque de dose « Je n'ai jamais ressenti de telle frustration / Ou si peu de self-control / Je veux que tu me tues /
Et que tu m'enterres profondément, je ne veux plus vivre
 » dans l’infernal morceau éponyme ralenti à l’image de la période enfumée de BLACK SABBATH.


En effet, quand ALICE IN CHIANS ne puise pas son inspiration dans une seringue pleine, le groupe la trouve dans le Heavy Métal, et dans le Doom. Ce n’est pas un hasard si le guitariste Jerry Cantrell désaccorde sa guitare d’un demi ton (le titre « Iron Gland » est par ailleurs un hommage aux quatre maîtres de Birmingham).
On est loin des couplets expédiés à 200 à l’heure et des soli bordéliques. Cantrell qui compose une bonne partie des mélodies de l’album montre qu’il est à la fois un grand compositeur et un grand soliste qui fait feu de tout bois, que ça soit pour une montée en puissance fulgurante (« The Rooster ») ou la superbe complainte dépressive et poignante « Down in a Hole », chanté et ressentie jusqu’au fond des tripes par un Stayley en pleine montée d’héroïne. Au fond du trou.
Du riff si parfait de « Rain When I Die » au solo impeccable de « Them Bones », le groupe réalise un quasi sans-faute. Proche de la perfection, mais pas exempt de tout reproche non plus, la lourdeur constante de Dirt pourra parfois provoquer une certaine lassitude, d’autant plus que certains morceaux un tantinet moins grandioses que les autres (je ne les nommerai pas, ils se reconnaîtront d’eux même, pas vrai « Dam That River » ?) compromettent une écoute prolongée du disque.

Mais ne faites pas attention à ma mesquinerie sournoise de chroniqueur aigri, et foncez : Dirt est une œuvre ultime de la période grunge, le testament prémonitoire d’une bande de junkies sur la route, tragiquement confirmé par la mort de Layne Stayley huit ans jour pour jour après celle de Kurt Cobain et celle du bassiste Mike Starr un an pas exactement jour pour jour après l’écriture de cette chronique. Conclusion: la drogue c’est mal !(?).

4/5

Coup(s) de cœur : « Down in a Hole », « Junkhead »

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   PINHEAD

 
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- Layne Staley (chant, guitare)
- Jerry Cantrell (guitare)
- Sean Kinney (batterie)
- Mike Starr (basse)


1. Them Bones
2. Dam That River
3. Rain When I Die
4. Sickman
5. Rooster
6. Junkhead
7. Dirt
8. God Smack
9. Iron Gland
10. Hate To Feel
11. Angry Chair
12. Down In A Hole
13. Would?



             



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