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Matt ELLIOTT - The Broken Man (2012)
Par MR. AMEFORGEE le 13 Août 2012          Consultée 1435 fois

Si selon le mot de Victor Hugo, la mélancolie est le bonheur d’être triste, la musique de Matt Elliott fait partie de celles qui incarnent le mieux cette émotion de nos jours. Mélancolique, désabusée, mais jamais maniérée et nullement ridicule. Simplement belle.

Après avoir officié dans l’électronique, l’artiste anglais a trouvé son style en composant la trilogie dark folk des « Songs » (Drinking Songs, Failing Songs, Howling Songs), qui a tristement égayé la deuxième moitié des années 2000. The Broken Man s’inscrit dans la continuité, il n’y a ici nulle révolution, mais pour autant, il n’y a pas non plus de redite : du même univers, on explore d’autres régions. Et preuve est faite, il y avait encore de la matière.

Des morceaux longs, de dix minutes environ, et des morceaux très courts se côtoient. Longues plages instrumentales où des guitares acoustiques s’enlacent, sinueuses, sobres mais jamais mornes, ni jamais répétitives. Ce ne sont pas des arrière-plans, les instruments sont des voix qui nous racontent une histoire au même titre que le chant qui survient plus tard. Les rythmes sont variés, les mélodies marquantes.
Puis voilà les passages où viennent se poser la voix de Matt Elliott, plus maîtrisée que jamais, plus Leonard Cohen que jamais, dans cette économie d’effort qui décuple les émotions. Les morceaux longs jouent le jeu des crescendos, finement ouvragés, sertis d’effets qui ajoutent nuances et subtilités : chœur lointain, violons fantomatiques, cuivres épuisés... Les morceaux courts jouent l’efficacité.

Le folk aux sonorités slaves et russes se partage cette fois-ci la place avec un folk aux sonorités espagnoles, comme sur l’ouverture de « Oh How We Fell » ou sur la merveilleuse dernière chanson, très mélodique, entêtante comme un parfum « The Pain That's Yet to Come ».

Autre instrument de premier plan, le piano, joué par Katia Labèque, sur le morceau fleuve (et pas seulement par son titre) « If Anyone Tells Me ''It's Better To Have Loved And Lost Than To Never Have Loved At All'', I Will Stab Them The Face », fait merveille. Très XIXe siècle, c’est un chapelet de perles perdu dans une brume crépusculaire, hivernale, un moment funèbre et néanmoins délicieux. On ne saurait oublier l’autre diamant noir, « Dust, Flesh and Bones », dont le refrain « This is how it feels to be alone », répété à l’infini, nous hante longtemps une fois le silence retombé. Du romantisme au sens le plus noble du terme, dont la retenue est à mille lieues des débordements ridicules qu’on pourrait craindre.

Il me sera difficile d’évaluer l’album à l’aune de la production passée : ceux qui n’aiment pas Matt Elliott ont peu de chance de se découvrir une nouvelle passion. Pour les autres, il y a encore de l’or à extraire de ses chansons. Si le style est reconnaissable entre mille, chaque disque présente un équilibre différent. L’album ne détrône sans doute pas les Failing Songs ou les Howling Songs, mais n’en demeure pas moins une réussite, travail d’orfèvre d’un musicien confirmé. The Broken Man, c’est trois quart d’heures de bonheur triste d’une clarté et d’une finesse exemplaires. Voilà qui fait du bien à l’âme.

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   MR. AMEFORGEE

 
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Non disponible


1. Oh How We Fell
2. Please Please Please
3. Dust, Flesh And Bones
4. How To Kill A Rose
5. If Anyone Tells Me ''it's Better To Have Loved And
6. This Is For
7. The Pain That's Yet To Come



             



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