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- Style : The Chocolate Watchband , Nuggets

The SONICS - Boom (1966)
Par BAAZBAAZ le 1er Décembre 2012          Consultée 1124 fois

Le titre est parfait, la pochette est parfaite, mais le deuxième album des SONICS ne contient qu’une seule chanson parfaite. Et encore s’agit-il d’une reprise… Mais quel impact ! Peu importe que la connaissance de cette bombe demeure encore aujourd’hui réservée aux quelques illuminés qui clament dans l’indifférence que ce groupe est un jalon majeur de l’histoire du rock : il y a ici, avec « Louie Louie », trois minutes de musique parmi les plus incroyables que l’on puisse entendre. Nous sommes en 1966, et tout le monde reprend à sa sauce le brûlot de RICHARD BERRY que les KINGSMEN ont transformé en mythe garage. Les SONICS, à leur tour, décident de sacrifier au rituel et de proposer leur propre interprétation…

C’est un coup de tonnerre, une sorte d’apocalypse. Cette version n’a rien à voir avec ce que l’on avait entendu avant. Enfin si, tout de même : le groupe se trompe de chanson. Il joue en fait « Louie Louie » comme le « You Really Got Me » des KINKS. Cela se sent à chaque seconde. Les SONICS veulent frapper aussi fort et prouver leur capacité à faire hurler les enceintes de la même manière que Dave Davies. Mais les KINKS aussi l’ont reprise, et ils ne se sont pas aventurés si loin. Le résultat mériterait un livre à lui seul. Car tout est là : dans ce riff d’une violence inouïe, répété encore et encore avec une délectation perverse, on voit poindre le hard rock, le punk et tous ces genres où des fous osent se servir d’une telle tronçonneuse sonore… C’est un monstre métallique presque avant-gardiste dont les STOOGES ont très vite compris l’impact phénoménal.

Ce morceau est la justification quasi-exclusive de ce disque qui sort un an après Here are the Sonics!!! et reprend les choses là où le groupe les avaient laissées : même producteur, même son saturé et mêmes hurlements sinistres du chanteur Gerry Roslie… Du moins en partie. Boom, en effet, n’est pas à la hauteur de son prédécesseur. Les choses s’annonçaient pourtant bien. Fin 1965, les SONICS avaient participé à une terrible compilation de Noël aux côtés des WAILERS et des GALAXIES, martyrisant odieusement à cette occasion un chant traditionnel. Mais quelques mois plus tard, leur puissance et leur morgue semble quelque peu diminuée, leur nouvel album étant marqué par un effort de diversification pour le moins incongru.

L’écoute de certaines chansons de Boom laisse perplexe : la peu inspirée « Don't You Just Know It » (de HUEY "PIANO" SMITH) et la ballade « Since I Fell for You », écrite à l’origine par BUDDY JOHNSON, ressemblent à de médiocres parodies tandis que la reprise de « Skinny Minnie » de BILL HALEY est cruellement dépourvue d’énergie. Même Roslie se fourvoie avec « Don’t be Afraid of the Dark », pas franchement désagréable mais très banale et indigne de son rang. Il manque ici la folie, la densité du son et l’agressivité qui faisaient du disque précédent une œuvre délirante et épuisante. Pire, tout cela fait que le groupe sonne un peu démodé, comme si ses membres n’avaient pas su quoi faire d’autre, comme s’ils n’avaient pas voulu assumer ce qui faisait leur force. En ce sens, Boom est une sorte de cul-de-sac qui exprime le début de la normalisation des SONICS.

Mais l'on trouve heureusement, ça et là, quelques chansons dans la lignée d’Here are the Sonics!!! et dignes de la réputation du groupe. Le disque s’ouvre de façon magistrale avec « Cinderella » et se termine par « Shot Down », une explosion de rage aussi éreintante que « Strychnine ». Toutes sont de Roslie, qui se sort les tripes pour prouver que les SONICS n’ont pas encore abdiqué. Et il atteint un sommet avec « He’s Waitin’ », intimidante pour le commun des mortels, sorte de punk basique capable d’effrayer même les fans de thrash. C’est dans cette poignée de morceaux hélas disséminés un peu au hasard que l’on retrouve avec plaisir – et avec un certain masochisme – ces musiciens barbares dont peu se souviennent mais qui ont eu le mérite d’amener le rock en terres inconnues, là où déployer le maximum de violence est une fin en soi.

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- Gerry Roslie (chant)
- Andy Parypa (basse, chant)
- Larry Parypa (guitare, chant)
- Rob Lind (saxophone, chant)
- Bob Bennett (batterie)


1. Cinderella
2. Don't Be Afraid Of The Dark
3. Skinny Minnie
4. Let The Good Times Roll
5. Don't You Just Know It
6. Jenny Jenny
7. He's Waitin'
8. Louie, Louie
9. Since I Fell For You
10. Hitch Hike
11. It's All Right
12. Shot Down



             



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