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MY BLOODY VALENTINE - Ep's 1988-1991 (2012)
Par SUNTORY TIME le 13 Septembre 2012          Consultée 1524 fois

On peut dire qu’on aura attendu longtemps pour avoir un signe de vie de MY BLOODY VALENTINE. Le groupe s’était reformé il y a peu pour une grande tournée, et Kevin Shield parlait même d’un nouvel album à venir. Près de 20 ans après le colossal Loveless, il a eu le temps d’enregistrer une grande quantité de matériel, assez conséquente pour un album qui s’annoncerait exceptionnel.

Cette chronique ne parlera pas de ce nouvel album à venir………………

Car nouvel album, il n’en est toujours pas question dans un temps proche. Alors que ce soit par pur marketing ou juste pour nous faire patienter d’ici là, nous avons droit à une réédition remasterisée des deux albums du groupe et la sortie d’une compilation de EPs. Et quel bonheur de voir Isn’t Anything et Loveless réédités dans un beau packaging cartonné ! Bye bye les affreux boîtiers en plastoc hideux et indignes d’un tel groupe. Certes, MBV n’accorde qu’une importance limitée aux pochettes de leurs albums (les visuels de leur deux LP ne sont pas des chefs-d’œuvre esthétiques…), et pourtant… C’est dans les raretés que l’on peut trouver des trésors sonores et visuels. C’est là que la double compilation EP’s 1988-1991 arrive à point nommé, pour ne pas dire qu’elle était attendue comme le Saint Graal par les fans du groupe. Car avant et après la sortie des deux albums connus, MBV a publié un nombre incroyable de EP’s et autres singles. Pas que des chefs-d’œuvre, d’accord, mais ceux qui gravitent autour de Isn’t Anything et Loveless, sont pour le coup de vraies mines de diamants. C’est donc les EP’s des 4 dernières années du groupe qui sont ENFIN rééditées. Car avant ces EP’s étaient des raretés convoitées des collectionneurs. Heureusement que le net a permis leur écoute plus ou moins légale, ce qui les a fait découvrir à bon nombre d’amateur du groupe (dont je fais allègrement partie).

Parlons graphisme d’abord. La pochette de la compilation s’avère être une variante de celle de Loveless, avec une dominante de bleu, ce qui passe mieux que le rose bonbon. Mais le meilleur se trouve à l’intérieur car les concepteurs du disque ne se sont pas limités à reproduire les chansons de EP’s sur disque, ils fournissent aussi leurs pochettes dans le luxueux digipack, ainsi que les versos, dans le livret. Ces détails visuels peuvent paraître anecdotiques, mais ils me paraîssent primordiaux car la musique ne va pas sans l’aspect visuel, et vice-versa. En cela, les pochettes des EP’s You Made Me Realise et Feed Me With Your Kiss résument bien la musique de MBV, sensualité et violence. Et c’est la belle Bilinda Butcher qui fait office de mannequin à l’occasion. Sur You Made Me Realise, elle pose allongée sur l’herbe, le regard halluciné, avec une branche d’herbe et un couteau dans les mains. La beauté vénéneuse, sensuelle (voire sexuelle) mais dangereuse, tranchante, comme les guitares saturées du shoegaze naissant. Le baiser langoureux de Glider, lui, donne aussi de la force à la musique, surtout quand on suppose qu’il s’agit de Bilinda Butcher et Kevin Shields, qui vivaient une idylle chaotique à l’époque.

Pour faire simple, You Made Me Realise et Feed Me With Your Kiss sont les Ep’s en orbite autour de l’album Isn’t Anything, sur lequel la chanson « Feed Me (…) » est d’ailleurs présente. On retrouve l’urgence de l’album, des chansons coups de poing courtes et puissantes, voire brouillonnes (reproche que j’ai fait à Isn’t Anything ), mais cependant, je trouve ces deux EP’s plus aboutis qu’une bonne partie de l’album lui-même. Et ma préférence va aux chansons les plus lentes, les mélodies ayant plus le temps de s’installer. Cela n’enlève en rien les qualités des chansons plus rapides.

Quant aux EP’s Glider et Tremolo, c’est autour de la planète « Shoegazeuse » Loveless qu’ils tournent. La musique est plus riche, plus travaillée, plus forte encore. On connaît le grandiose « Soon » qui conclue Loveless, et qui, ici, introduit Glider. Mais après l’Expérimental « Glider » on trouve deux très belles chansons, dont l’énergique « Off Your Face » et surtout le génial « Don’t Ask Why », dans une veine plus acoustique. Mais la guitare folk est bourrée d’effet de réverbération, et la guitare électrique arrive au final du morceau comme une évidence. « Don’t Ask Why » figure sans hésiter parmi les meilleurs morceaux de MBV. Quant à Tremolo, c’est encore un morceau de Loveless qui l’introduit, « To Here Knows When » est pourtant différente car la transition finale n’est pas celle que l’on retrouve sur Loveless. Tremolo est le EP le plus atmosphérique des 4 présents sur la compilation. Entre la dream pop de « Swallow », le shogaze plus classique de « Honey Power » et le plus psyché « Moon Song », les transitions sont finement travaillées, ce qui fait que Tremolo s’écoute d’une traite.

Après ces résumés un peu technique des quatres EP’s (ils auront sûrement droit à leur propre chronique), autant se focaliser sur les autres titres, hors EP’s, pour certains inédits. Les « Instrumental No.1 » et « No.2 » étaient présents sur un 45 tours offert avec les 5000 premiers exemplaires vendus de Isn’t Anything. Si le « No.1 » est un morceau shoegaze furieux et rapide, mais somme toute assez classique, le « No 2. » est l’unique exercice électronique de la carrière du groupe. Reprenant une rythmique d’un groupe de rap américain, MBV y rajoute des nappes ambient planantes et étranges. Ce morceau annonçait-il une nouvelle direction à suivre pour le groupe ? En tout cas Loveless n’a pas continué dans cette voie. Autre petit mystère : pourquoi, sur cette compilation, avoir mis « Instrumental No.2 » avant le « No.1 ?
Peut-être que ça transitait mieux, allez savoir…

La version longue de « Glider » est similaire à celle du EP du même nom, à part que l’on passe de 3 minutes et quelques à plus de 10 minutes. Pour cette instrumental minimaliste et strident, c’est assez extrême. Mais MBV est un groupe extrême à sa façon. Reste la subime « Sugar », originalement parue sur le single de « Only Shallow », autre pièce maîtresse de Loveless. Cette merveille dream pop aurait eu magnifiquement sa place sur la bande son du film Lost in translation, tant on retrouve cette douceur pop sucré terriblement nippone derrière ces guitares grasses mais élégantes.

Et puis il y a les inédits purs, les seules vraies découvertes du cette compilations (pour les fans hardcore j’entend). A commencer par ce « Angel » de très belle facture, et qui s’appelait auparavant « Bilinda’s Song » (je savais bien que cette fille est un ange …). « Good For You » et « How Do You Do It » sont typiques des compos de l’époque Isn’t Anything, rapides, brouillonnes, avec un chouette final bruitiste pour la première.

Bon, j’avoue, cette chronique est un poil trop descriptive, mais que voulez, quand on a envie de rentrer dans les détails. Car cette compilation est une aubaine qu’on attendait avec impatience. Et le travail de remasterisation, fait par Kevin Shields lui-même, est une réussite. EP’s 1988-1991 est donc tout aussi indispensable que les deux albums originaux de MY BLOODY VALENTINE, car il est un magnifique témoignage de l’âge d’or du groupe. Nul ne sait si une compilation regroupant les premiers EP, de 1985 à 1987 est prévue, cette période étant moins passionnante (quoique …) que celle ici chroniquée. Reste à voir si cela se fait, et si c’est avant ou après un éventuel futur album du groupe.

Les paris sont ouverts.

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   SUNTORY TIME

 
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- Kevin Shields (chants, guitare, remasterisation)
- Bilinda Butcher (chants, guitares)
- Debbie Googe (basse)
- Colm O’ciosoig (batterie)


- you Made Me Realise
1. You Made Me Realise
2. Slow
3. Thorn
4. Cigarette In Your Bed
5. Drive It All Over Me
- feed Me With Your Kiss
6. Feed Me With Your Kiss
7. I Believe
8. Emptiness Inside
9. I Need No Trust
- glider
10. Soon
11. Glider
12. Don’t Ask Why
13. Off Your Face

- tremolo
1. To Here Knows When
2. Swallow
3. Honey Power
4. Moon Song
- Isn’t Anything Bonus 7’ Instrumental
5. Instrumental No.2
6. Instrumental No.1
- extra Tracks
7. Glider (full Lenght Version)
8. Sugar
9. Angel
10. Good For You
11. How Do You Do It



             



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