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- Membre : Jon & Vangelis, Aphrodite's Child, Irène Papas & Vangelis

VANGELIS - Direct (1988)
Par ARP2600 le 7 Février 2013          Consultée 1626 fois

Qu'a donc fait Vangelis entre 1985 et 1988 ? Certains compositeurs connaissent parfois des pauses étranges... Il a bien sorti le second volume de sa collaboration avec Irene Papas en 86, mais l'année 87 semble totalement vierge, même au niveau de la musique de film. Peut-être aura-t-il voulu passer à autre chose et aura-t-il pris quelque temps pour apprivoiser de nouveaux instruments et dispositifs ? C'est ce qu'on peut penser en examinant son album de 88, Direct, qui prend totalement le contre-pied de sa carrière antérieure. Un changement de label, vers Arista, et un retour en Grèce sont également à prendre en compte.

Ici, plus de nappes de CS80, on trouve des sons numériques modernes, certainement obtenus avec des synthés comme le Roland D50, la star de l'époque. Le son semble plus sec, plus artificiel que d'habitude, la musique plus simple, en un mot plus directe. Car le titre n'est pas donné au hasard, bien sûr, il reflète simplement la démarche adoptée par Vangelis. Aidé en cela par des dispositifs midi – pour être technique, citons le Zyklus MDS permettant de contrôler plusieurs synthétiseurs – il a voulu livrer une musique très spontanée, composée et enregistrée à la volée. On est donc très loin de la conception ambitieuse de Mask ou du délire électro-acoustique d'Invisible Connections.

En fait, le résultat obtenu est étrangement pop, très rythmé et peu vangelien. Il est dès lors étrange que Direct récolte autant de bonnes notes critiques car il peut facilement passer pour une authentique trahison. Autant le dire tout de suite, je suis un peu dans cet ordre d'idées. Il faut savoir que ce disque n'a finalement eu que peu de succès et est aujourd'hui aussi difficile à se procurer que les œuvres à tendance classique. On lit donc parfois des dithyrambes, affirmant que Direct est injustement décrié, mais reconnu à sa juste valeur par des personnes ayant approfondi leur connaissance de Vangelis au-delà des scies habituelles. Bof... Vangelis faisant de la pop, du génie ? Un artiste est libre de tester ce qu'il souhaite, bien sûr, mais il ne réussira pas à tous les coups. A mon avis, ceci n'est tout simplement pas son genre de musique. Il y a quelque chose qui cloche, bien que le disque soit fort agréable, dans l'ensemble.

La version CD de Direct se constitue de douze morceaux pour un total d'une bonne heure de musique (la version vinyle ne comprenant pas «Dial out» et «Intergalactic Radio Station»). Les premières plages s'enchaînent bien, de l'ouverture très dynamique «The Motion of Stars» jusqu'à «Metallic Rain». Ce dernier est un peu rock, un peu kitsch, bien clinquant, un vrai numéro pop qui convainc à peu près tout le monde. La suite est malheureusement moins bien structurée. Bien sûr, tous ces titres ont leur son en commun, mais cela ne suffit pas. Bien au contraire, sur un album aussi long, on peut se lasser d'entendre toujours les mêmes environnements sonores. Dans l'ensemble, je ne cacherai pas une préférence pour les numéros plus rythmés comme «Dial out» ou «Rotation's logic», par rapport à l'imbuvable «Glorianna», seule chanson du lot – comme hymne à la féminité, on peut rêver mieux. Ensuite, «Message», «Ave», «Intergalactic Radio Station» ne sont pas mauvais mais tout se ressemble.

Laissons le bénéfice du doute à cet étrange réalisation. Vangelis avait prévu de lui donner des suites, mais cela n'a jamais vraiment été le cas. A moins qu'on puisse considérer The City, 1492, Themes et Oceanic comme relevant d'une démarche similaire ? Ces disques partagent une vision plus thématique, plus construite et donc plus convaincante bien qu'il faille reconnaître qu'ils découlent manifestement du travail sonore réalisé ici. Le fait que Direct soit tombé dans l'oubli n'est quand même guère étonnant... il ne suffit pas à un disque d'être agréable, il doit également être investi. La pop de 88 avait bien assez de projets phares pour que ceci ne marque pas les esprits.

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   (2 chroniques)



- Vangelis (tout)
- Markella Hatziano (chant sur 6)


1. The Motion Of Stars
2. The Will Of The Wind
3. Metallic Rain
4. Elsewhere
5. Dial Out
6. Glorianna (hymn A La Femme)
7. Rotation's Logic
8. The Oracle Of Apollo
9. Message
10. Ave
11. First Approach
12. Intergalactic Radio Station



             



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