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The FLOWER KINGS - Stardust We Are (1997)
Par KID66 le 19 Mai 2013          Consultée 1138 fois

Chaque groupe à la discographie un peu conséquente a son chef d’œuvre. Les plus talentueux en ont même plusieurs mais l’essentiel et de pouvoir fièrement en brandir un. Alors que certains disques seront choisis sans aucune difficulté pour représenter leurs géniteurs, d’autres devront mériter ce statut en luttant contre des frères tenaces, et ne parviendront parfois jamais à atteindre leur but. Autre cas de figure, le groupe qui n’a jamais atteint l’excellence, qui s’en approche de temps en temps voire même souvent, mais qui manque systématiquement l’occasion s’asseoir tout le monde. Point de dilemme : il s’en choisira un quand même. Une discographie sans chef d’œuvre pour rendre nostalgiques les fans, ça le fait pas.

Les FLOWER KINGS ont fait de pari de sortir des albums toujours longs, très complets et gavés d’idées déroulées sans aucune inhibition. Cette habitude est à double tranchant : le groupe n’a jamais sorti de vraie daube. On trouvera toujours de beaux passages dans 70 minutes (voire plus) de Prog aussi riches et variées, qui nous empêcheront de détester le dit-album. Mais à l’inverse, difficile de côtoyer les cieux aussi longtemps sans retomber sur le plancher des vaches pour tenter de reprendre une impulsion. Roine Stolt est un élève appliqué, mais manquera toujours le 20/20 et les félicitations du jury. Et pourtant, ses fans semblent vouer une admiration légèrement plus marquée pour Stardust We Are que pour les autres. Le petit coup de pouce nécessaire pour que Stolt fasse de ce double album sa référence personnelle.

Le nom de Stardust We Are reviendra donc souvent dans les publications et discussion centrées sur nos Suédois, ce qui amène à se demander ce qu’il a de si spécial. Eh bien pas grand-chose ! Considérer cette œuvre comme les tables de la loi du style FK revient à écarter outrageusement du tableau des trois albums qui l’ont précédé. Les mêmes ingrédients sont utilisés ici, dans un format cependant bien plus conséquent. Car autre évènement, nous tenons ici le premier double album des FLOWER KINGS, auquel feront suite encore trois doubles galettes à ce jour. 125 minutes, de quoi se décourager facilement. Mais c’est ainsi que Stolt conçoit les choses : toujours plus, mais pas forcément mieux.

Et paradoxalement, ce disque que beaucoup encensent illustre encore mieux que ses ainés LE défaut des FLOWER KINGS, leur travers inévitable, leur cancer incurable : l’inconsistance. Voilà un mot qui reviendra bien souvent avec eux (surtout à partir de The Rainmaker), et pour cause, elle parasite toutes leurs œuvres sans exception. Roine Stolt peut être fier du travail qu’il a accompli depuis des années d’aventure, il reste néanmoins qu’un peu de perfectionnisme lui aurait rendu un grand service ! Ce monsieur, en dépit de toutes ses qualités ne semble pas avoir compris qu’un titre de 8, 10, 12, 20 minutes ne peut satisfaire pleinement sans une mélodie addictive, un refrain vraiment marquant, ou encore le break imprévisible qui tue. A fortiori quand il s’agit d’un album entier. Et le niveau d’exigence est proportionnel à la taille de l’œuvre… la musique des FLOWER KINGS a tendance à masser les tempes de façon agréable sans provoquer beaucoup de frissons.

Mais Stardust We Are est différent sur un point essentiel (ça y est les fans peuvent expirer).

On ne signale aucun morceau faible à l’horizon. Dans l’absolu, il n’y a pas l’ombre d’une faiblesse. Le premier CD est même un petit modèle du genre. Le grandiose « In The Eyes Of The World », 10 minutes au compteur, indique d’ailleurs ce qui aurait été à mon sens la marche à suivre pour un tel disque et ceux qui suivirent. Ce titre mêle un sens mélodique fin, spontané et immédiat à un feeling plus sombre et théâtral le temps d’un break magistral. On retrouve là une recette chère à Monsieur Stolt : démarrage classique avec intro / couplet / refrain / couplet / refrain puis l’ensemble se complexifie et plusieurs plans et breaks s’enchainent et apportent l’aspect « Prog » du « Rock Prog » des suédois. Je dirais que malgré l’aspect systématisé de la démarche, on y trouvait finalement l’une des forces de la musique des FLOWER KINGS qui restait alors vraiment accessible malgré la durée moyenne de leurs morceaux. Cette petite merveille est aujourd’hui un classique des FLOWER KINGS, et sans doute l’une de leur meilleure création (quels soli bon sang).

« Just This Once » et « Church Of Your Heart » obéissent au même schema. Le premier, bien que classique, est d’une frange plus subtile et ambiancée tout à fait délicieuse. Ces nuances agréables font défaut au second, qui serait un peu la baisse de tension du disque : malgré un refrain très accrocheur et un lead simple mais très beau à la cinquième minute, il souffre d’une progression trop lente et légèrement niaise. La perle cachée de cette galette est sans aucun doute « Compassion », une sorte de ballade solennelle qui s’envole de façon véritablement prenante. Roine Stolt n’oublie pas d’achever son premier CD par un solo magnifique. Impressionnant.

Le vrai « cœur » de l’album est cependant constitué par deux instrumentaux aussi différents que passionnants. « The Man Who Walked With Kings » est THE instrumental de référence des FK et n’usurpe pas son titre. Tout est dit en 4 minutes somptueuses, gravitant autour d’un thème sublime. « Circus Brimstone » est d’une durée bien plus conséquente et surprend par la dureté relative de son propos. Le thème vampiriesque de la huitième minute est une perle d’inventivité.

Ce titre représente cependant l’un des défauts principaux de Stardust We Are. Censé être un concept-album centré sur le thème du cirque, sa musique n’en comporte finalement que peu de traces. « Circus Brimstone » devrait représenter la folie furieuse de cet univers à la fois énigmatique et déjanté, mais n’ose pas franchir totalement le cap et a tendance à rester cantonné au style FK classique. L’ensemble reste marquant (et Roine le sait).

Curieusement le deuxième CD s’ouvre de façon beaucoup moins percutante que le premier. « The End Of Innoncence » est un titre assez pessimiste, plus hermétique voire étrange. J’aime beaucoup. Plus conventionnel, on retiendra surtout de « The Merrygoround » une deuxième partie acoustique (et un solo) vraiment superbe. En revanche j’accroche moins à « Don To The Universe » et son côté orientalisant. Un peu longuet, mais un gros travail d’esthétisme est à noter.

On trouve, concentrés sur un seul disque, tous les fruits des neurones Pop de Roine Stolt : la belle ballade « Different People », « Kingdom Of Lies » et le PINK FLOYDien et excellent « Ghost Of The Red Cloud » s’enchaînent sans avoir à rougir. Reste malgré tout que leur présence rend inévitablement ce deuxième CD moins intéressant que le premier, constat très préjudiciable pour un double album… Heureusement, ce dernier est conclu par la longue suite progressive « Stardust We Are » !

Un morceau aussi long laisse craindre que la légère mais voyante insuffisance qui caractérise le double album s’y retrouve de façon gênante et ne plombe définitivement cette œuvre des FLOWER KINGS. Eh bien croyez-le ou non, rien n’est à jeter dans les 25 minutes de cette suite. Composition bilan, hymne contemporain, ode à la musique progressive, « Stardust We Are » ne sonne jamais faux et on ne voit pas le temps passer. Stolt a fait le choix d’une sobriété qu’on saura par ailleurs apprécier.

Mettons de côté les interludes, inutiles à tout point de vue (hormis « If 28 »), qui bien qu’ordinairement bénins ne manqueront ici pas de faire retomber la pression à plusieurs reprises.

Sachons en revanche apprécier le jeu de Roine Stolt, peut être encore plus flamboyant qu’à son habitude. Entre leads magnifiques, soli grandioses et interventions inattendues et toujours justes, le monsieur nous comble largement à ce niveau. Il n’oublie par ailleurs pas de varier ses styles, ajoutant à son registre des touches de jazz, parfois quelques notes plus heavy ou même reggae (si si).

Vous l’aurez compris, le paradoxe de Stardust We Are est que, pris séparément, chacun de ses morceaux possède d’indéniables qualités et finit immanquablement par séduire. Mais la longueur de l’ensemble et le format double désert une œuvre qui aurait pu être une réussite totale. La moyenne ne Stardust We Are est abaissée, tout comme sa durée de vie, mais ce disque reste un très bon cru des FLOWER KINGS. Il monte que même en faisant de son mieux, Roine Stolt peine à toucher les cieux, mais savait aussi garder un bon niveau constant, aptitude qu’il perdra avec le temps. Je trouve personnellement que Flower Power mérite davantage le statut de référence des FLOWER KINGS.

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- Roine Stolt (guitare, chant)
- Tomas Bodin (claviers)
- Michael Stolt (basse)
- Jaime Salazar (batterie)
- Hans Fröberg (chant)


- disque 1
1. In The Eyes Of The World
2. A Room With A View
3. Just This Once
4. Church Of Your Heart
5. Poor Mr. Rain's Ordinary Guitar
6. The Man Who Walked With Kings
7. Circus Brimstone
8. Crying Clown
9. Compassion

- disque 2
1. Pipes Of Peace
2. The End Of Innocence
3. The Merrygoround
4. Don To The Universe
5. A Day At The Mall
6. Different People
7. Kingdom Of Lies
8. If 28
9. Ghost Of The Red Cloud
10. Hotel Nirvana
11. Stardust We Are



             



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