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PHOENIX - Wolfgang Amadeus Phoenix (2009)
Par BAAZBAAZ le 3 Octobre 2013          Consultée 1617 fois

Le voilà, le grand album. Celui qui a fait de PHOENIX des stars internationales presque dix ans après leurs débuts, leur a permis de rafler un Grammy Award (meilleur album de musique alternative – un an après RADIOHEAD et un an avant les BLACK KEYS, pas si mal…) et de figurer en bonne place (voire en tête) dans tous les classements un tant soit peu sérieux des disques les plus mémorables sortis en 2009. Sans oublier deux singles fastueux (« 1901 » et « Lisztomania ») ayant tout explosé dans les charts alternatifs et s’étant écoulés à des millions d’exemplaires. Alors bien sûr, ce succès est relatif : le groupe ne boxe pas dans la catégorie multi-platine de ses petits camarades de DAFT PUNK. Mais tout de même…

Cette réussite est-elle méritée ? Évidemment. Après des années passées à se tailler une réputation de plus en plus solide, à élargir sans cesse son public et à composer des chansons que les initiés dégustaient en boucle, PHOENIX rafle la mise avec un album fantastique qui ne le voit en rien renier ses ambitions artistiques. Ce Wolfgang Amadeus Phoenix n’est ni plus accessible, ni plus évident à digérer que ses prédécesseurs. Au contraire, à la manière du réjouissant It's Never Been Like That, il ne prend toute son ampleur qu’après une écoute inlassable et attentive. Et c’est précisément ce qui fait sa force : le plaisir n’est pas immédiat et n’en est que plus durable.

Dès la première chanson, toutefois, un constat s’impose : loin de prolonger le son assez épuré du disque précédent, Wolfgang Amadeus Phoenix marque le retour à une production bien plus fouillée et ambitieuse. Philippe Zdar de CASSIUS – vieux compagnon de route des années French Touch – est convié pour aider à transformer la musique du groupe. Le résultat est pour le moins époustouflant. PHOENIX renoue ainsi avec un mélange de rock et d’electro qui évite soigneusement de retomber dans la densité un peu étouffante de la période Alphabetical. Sur ce nouvel album, tout est plus aéré, coloré et rehaussé par des arrangements chirurgicaux. Jamais le groupe n’a sonné aussi moderne.

Mais la réussite artistique et commerciale de l’album ne tient pas qu’à sa production, loin de là. Si en 2009 PHOENIX est parfaitement en phase avec les goûts du public, c’est que les chansons sont au rendez-vous. Sur le disque se confirme en effet la maturité exprimée avec brio sur It's Never Been Like That, cette écriture pop-rock raffinée et astucieuse, inventive, pleine de rebondissement, de ruptures et de changements de rythme. A la différence près que, cette fois, les compositions sont sublimées par le travail de Zdar et l’influence, légère mais perceptible, de MGMT devenu incontournable à l’époque.

Si « 1901 » (superbe hit, avec son inlassable riff electro) et « Lisztomania » (une démonstration d’élégance au refrain lumineux) se taillent la part du lion, l’album contient bon nombre d’autres petits miracles : c’est le cas de « Fences », avec ses fines sonorités psyché-indie, de l’extraordinaire « Rome », à la fois exquise et entraînante, ou encore de la très mélancolique « Armistice » qui clôt le disque de façon admirable. Chaque composition installe un climat doux-amer, triste et dansant, qui rend la musique de PHOENIX immédiatement identifiable.

Wolfgang Amadeus Phoenix serait donc un album parfait ? N’exagérons pas. PHOENIX garde quelques tics et faiblesses qui l’empêchent de revendiquer le titre de chef d’œuvre. Déjà, ces messieurs se piquent, depuis leurs débuts, de caser une composition instrumentale sur leurs disques. Immanquablement monotone, elle nuit généralement à la cohésion de l’ensemble. Ici, « Love Like a Sunset » ne fait pas exception. Typiquement le genre de chose qu’on écoute une fois en entier avant de ne plus jamais y revenir (sauf si la zapette est hors de portée). Qu’ils aient passé du temps dessus (ce que révèlent les interviews) n’y change rien : PHOENIX n’est pas DAFT PUNK et n’a jamais montré beaucoup d’impact dans ce genre d’exercice.

On trouvera aussi sur ce disque quelques chansons correctes mais moins enthousiasmantes (telles « Countdown », qui n’est pas pour autant mauvaise) qui peuvent générer une forme de lassitude. Mais aucun disque du groupe n’y échappe tout à fait et ce genre de détails est secondaire : avec Wolfgang Amadeus Phoenix, PHOENIX sort un album de classe internationale, l’un des plus marquants de la seconde moitié des années 2000 tous styles confondus. La condescendance persistante de certains critiques français – ou d’une frange du public rock hexagonal – n’en est que plus amusante, révélant un provincialisme culturel finalement assez anecdotique.

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- Thomas Mars (chant)
- Laurent Brancowitz (guitare)
- Christian Mazzalai (guitare)
- Deck D'arcy (basse)
- Thomas Hedlund (batterie)


1. Lisztomania
2. 1901
3. Fences
4. Love Like A Sunset
5. Lasso
6. Rome
7. Countdown
8. Girlfriend
9. Armistice



             



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