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Oscar PETERSON - Nigerian Marketplace (1981)
Par TEEMO le 18 Septembre 2013          Consultée 1201 fois

On compte finalement peu de musiciens de jazz ayant marqué l’histoire, comme Mozart et Beethoven l’ont fait pour la musique classique. Ces artistes ont révolutionné leur domaine et même au-delà, apportant une dimension du 4ème art jamais explorée auparavant. Oscar Peterson fait partie de ces légendes du jazz ayant maîtrisé rapidement leur instrument et ayant forgé leur propre style. Même si c’est le résultat certain d’un travail intense (Peterson travaillait 6 heures par jour quasiment jusqu’à la fin de sa vie) et d’une dévotion totale, il est difficile de ne pas croire au don à l’écoute de « Nigerian Marketplace ».

Parlons un peu du personnage. Oscar Peterson est né à Montréal au milieu des années 20. Plongé dès son enfance dans le monde du jazz et du classique et révélant une dextérité hors du commun, il entame très tôt une carrière professionnelle. Parmi ses influences on peut citer Nat « King » Cole, Art Tatum, George Shearing. Il s’en inspire et glane certaines techniques afin d’enrichir son jeu. Ce concert, qui a lieu lors du légendaire festival de Montreux, est une des nombreuses collaborations entre Peterson et Niels-Henning Ørsted Pederson. Ce dernier est assurément un des meilleurs contrebassistes de jazz de tous les temps. Ajoutons que Terry Clarke, le batteur, est un disciple du prodige Jim Blackey (ayant joué en autre avec Dizzy, Coltrane, Hancock).

Pour ces artistes, l’art de la musique est comme une seconde langue. C’est leur façon de s’exprimer. Tout comme un grand orateur impose sa prestance avec passion en usant d’un vocabulaire précis, le trio propose des morceaux construits et complexes, tant au niveau des mélodies que de sa structure. Sauf qu’une autre dimension s’ajoute ici : l’interdépendance obligatoire des trois discours. Et on constate, en effet qu’il existe une osmose parfaite et une complémentarité ahurissante. La musique est intemporelle et n’a pris une ride depuis 1981. Le style d’Oscar est dense, voluptueux, chargé en techniques pianistiques et explore ainsi de nombreux styles (Piano Stride, Boogie Woogie, Classique…). Son improvisation est truffée de phrasés qui restent en tête et que l’on se plait à siffloter après quelques écoutes. Le titre éponyme introduit tout en douceur cet album grâce à une contrebasse planante. Oscar s’impose peu après avec son jeu endiablé, puis décolle. Le ton est donné. Après le dynamique « Au Privave » dont le thème (composé par Charlie Parker) est à la fois joué au piano et à la contrebasse, Oscar prend le partie d’interpréter seul « Misty/Waltz for Debbie ». Seul deux titres sont des compositions d’Oscar (« Nigerian Marketplace » et « Cakewalk »), mais la reprise est monnaie courante dans le jazz. Certains thèmes sont méconnaissables car habillés avec la pâte Peterson. Cela illustre bien les possibilités infinies de réinterprétation des classiques. Et que dire des deux accompagnateurs ? Et bien que c’est un sans-faute assuré jusqu’à la dernière seconde. Niels a un jeu profond, vif et véloce et parvient tout de même à conserver un côté mélodique. Le batteur, plus discret apporte cette rythmique jazzy typique et insuffle de temps en temps une touche d’improvisation.

Un avantage de cet album c’est qu’il peut convenir à tous les degrés de familiarité au style. Les oreilles novices nécessiteront sûrement un certain nombre d’écoutes, mais une fois chose faite le plaisir est bien présent. Les plus familiers prendront leur pied immédiatement. Enfin, Les musiciens qu’ils soient confirmés ou non, y verront une source d’inspiration intarissable. Même s’il est difficile de conseiller cet album pour s’introduire au jazz, il convient aussi bien aux curieux qu’aux aficionados. Ce qu’il y a de bien c’est que lorsque que l’on se concentre sur chaque instrument séparément, on a l’impression de changer de point de vue d’écouter une autre version de l’album. Même après plusieurs dizaines d’écoutes on découvre de nouveaux aspects. Et c’est cette capacité à être abordé de façon différente à chaque écoute qui est appréciable et qui fait que ces 44 minutes pourront s’écouter dans dix, vingt ans sans jamais être has-been.

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- Oscar Peterson (piano)
- Niels-henning Ørsted Pedersen (contrebasse)
- Terry Clarke (batterie)


1. Nigerian Marketplace
2. Au Privave
3. Medley : Misty/waltz For Debby
4. Nancy (with The Laughing Face)
5. Cakewalk
6. You Look Good To Me



             



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