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2013 Tribute

John NEWMAN - Tribute (2013)
Par MOONDREAMER le 11 Novembre 2013          Consultée 1847 fois

Nul ne sait vraiment ce qui fait qu’un morceau parvient à devenir un « tube », un « hit », lui valant une place en radio et entre les oreillettes d’une audience inespérée. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit d’un jeune artiste complètement inconnu et sorti de nulle part. Un côté entraînant et facile d’accès, « catchy » comme le disent nos collègues anglo-saxons ? Une construction musicale efficace et puissante ? Une mélodie particulièrement mémorable ? Des arrangements et une production irréprochables ? Des paroles touchantes ou faciles à retenir ? Un marketing exceptionnel ? Des contacts et une connivence auprès des puissants de l’industrie musicale ?

Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur le sujet pour vous présenter un exemple particulièrement brillant de ce phénomène étrange : John NEWMAN, jeune britannique de 23 ans, propulsé sous les feux de la rampe par un featuring sur le morceau « Feel The Love » du groupe de drum’n’bass RUDIMENTAL ainsi (et surtout) que grâce à son single « Love Me Again », des mois avant que son premier album ne nous atterrisse entre les mains.

Cette chanson possède nombre des caractéristiques évoquées plus haut : un couplet tout en retenue nous promettant une explosion future qui se conclut par un break; puis la voix résonne et un refrain imparable nous prend aux tripes, répété à nouveau avec le soutien de choeurs et de cuivres triomphants. Les arrangements entre rétro et modernité, dans la veine typique de la néo-soul popularisée par Amy WINEHOUSE, sont d’une efficacité imparable. La production est impeccable et la construction du morceau alterne avec brio entre puissance et délicatesse tout en emportant instantanément l’auditeur

Souvent, ces « one-hit wonder », ces artistes d’un morceau, déçoivent avec un album indigent, loin des éclats et de l’évidence du single tant adulé. NEWMAN évite avec aisance cet écueil en nous proposant une oeuvre cohérente et vibrante au sein de laquelle les autres morceaux n’ont pas à pâlir de la comparaison avec le single. Sa voix est déjà un argument de taille : légèrement éraillée, elle rend son timbre très reconnaissable. Bien que John chante dans un registre peu varié, il occupe aisément l’espace, sait s’adapter aux instruments qui l’entourent et transmet une sensibilité et une puissance tangibles.

En termes d’instrumentation, l’ensemble est typique de la pop/soul aux sonorités rétro : piano, cuivres, choeurs, avec un peu de guitare, de basse et de cordes frottées quand il le faut. Globalement, le niveau de maîtrise des arrangements comme de la production est impressionnant pour un coup d’essai, mention spéciale pour le travail de qualité accompli au niveau des percussions et de la rythmique.

L’album est admirablement homogène, presque trop, sans baisse de niveau perceptible, ce qui est tout à fait remarquable. Vous saisirez donc toute la démarche artistique dès les premières minutes de celui-ci : « Tribute » initie l’album par une longue introduction aux violons au cours de laquelle John liste tous les artistes l’ayant influencé pendant qu’une voix féminine égrène les décennies correspondantes. Le choeur lance enfin le morceau et celui-ci, à la fois efficace et touchant, donne le ton pour le reste de l’album qui reste hanté par le thème d’une rupture difficile. Outre le single, on retiendra « Gold Dust », à la fois martial et entraînant, puissant et émouvant, mais encore « Out Of My Head » et ses paroles à fleur de peau magnifiée par une rythmique lourde et dramatique. « Running » rappelle « Heaven » d’Emeli SANDÉ et reste à l’esprit comme une course frénétique et désespérée.

Tribute est donc un premier album magistral, prenant et efficace. Il porte d'ailleurs bien son nom puisqu'il constitue un bel hommage aux artistes ayant inspiré NEWMAN : des figures iconiques de la Motown et de la Stax, comme Marvin GAYE et Otis REDDING, aux nouveaux talents à la PLAN B, en passant par des références comme Aaron NEVILLE et James BROWN. On pourra toujours lui reprocher son manque de diversité et une certaine redondance dans la construction en crescendo des morceaux mais ce serait faire preuve de beaucoup de sévérité avec une première tentative aussi réussie.

L’absence de recul m’empêche encore de crier au coup de maître mais je suis convaincu que nous tenons ici un artiste à suivre et une des plus belles surprises de 2013.

Note réelle : 4.5/5

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   MOONDREAMER

 
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- John Newman (chant)
- + Musiciens Additionnels


1. Tribute
2. Love Me Again
3. Losing Sleep
4. Easy
5. Try
6. Out Of My Head
7. Cheating
8. Running
9. Gold Dust
10. Goodnight Goodbye
11. All I Need Is You
12. Down The Line
13. Nothing
14. Day One



             



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