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- Membre : Alan Simon , Peter Garrett

MIDNIGHT OIL - Redneck Wonderland (1998)
Par GUILLAUME le 25 Juin 2004          Consultée 5375 fois

Alors que Peter Garrett s’investit dans de nombreuses activités politiques, les albums Earth & Sun & Moon (1993) et Breathe (1996) sont accueillis avec une certaine indifférence. Plus calme, plus convenue, moins politique, la recette Midnight Oil s’épuise. La compilation 20,000 Watt RSL (1997) confirme ce sentiment puisque ce genre de produit est souvent l’apanage des formations en fin de parcours. Pourtant, la sortie en 1998 de Redneck Wonderland offre un renouveau appréciable, un dixième album tellement expérimental qu’on en oublie la recette des tubes interplanétaires composés dix ans plus tôt. Le message global est explicite : un kangourou armé d’un fusil se retrouve au centre de la cible d’un chasseur armé lui aussi. L’intérieur du livret est un voyage commençant à Sydney, passant par la Tasmanie ou le sud de l’Australie, toujours dans un contexte poussant à la polémique. La protection de la nature est donc encore au centre des préoccupations du groupe. Reste à savoir si la verve musicale est intacte ou si ces deux décennies ont eu raison de leur inspiration.

Le morceau éponyme "Redneck Wonderland" est représentatif des nouvelles aspirations de la bande à Garrett. Ce titre plonge l’auditeur dans un rock péchu orienté fusion et entaché de rythmique techno inattendu. D’abord déstabilisante, cette nouvelle recette se montre finalement efficace et sert correctement des textes traitant de l’intolérance et du conservatisme. "Concrete" enfonce le clou : les guitares sont saturées et les ruptures de tempo incessantes rendent agressif le tout. "Cemetary In My Mind" ramène l’auditeur en terre conquise. Le groupe alterne couplets entraînants et refrains entêtants tout en mettant de côté l’aspect industriel tandis que les chœurs apportent une profondeur captivante. "Comfortable Place On The Couch" propose quelques sonorités progressives liées à un son distordu, des variations de tempo nombreuses et l’intrusion d’un violon. "Safety Chain Blues" et "Return To Sender" fournissent un chant grave, sombre et trafiqué, un rythme mid-tempo et des effets rappelant U2 (époque Achtung Baby, Zooropa). Les deux titres s’appuient sur des mélodies au piano diablement entêtantes. "Blot", "White Skin Black Heart" et "What Goes On" offrent des guitares saturées, un chant souvent parlé ainsi que des mélodies et des refrains heureusement bien pensées, rattrapant tout ce bordel industriel distillé parfois aléatoirement. "The Great Gibber Plain" est une éclaircie dans cette tempête. Place à une guitare acoustique apaisante et entraînante, un chant et une mélodie qui auraient sans problème leur place sur Diesel And Dust. Mais progressivement le morceau sombre dans les travers d’une mélodie surchargée et acculée à un son saturé. "Seeing Is Believing" est conduite à un train d’enfer par une batterie omniprésente et dont l’emballement pendant les refrains en font un titre incontournable. Enfin, ce qui s’impose à l’écoute de "Drop In The Ocean" est cette mélodie de piano joyeuse inspirée de Penny Lane des Beatles (1967), contrastant avec l’agressivité globale de l’album.

Redneck Wonderland, littéralement « le monde merveilleux des cous rouges » est une dénonciation assez caustique du pouvoir des blancs en Australie. Les redneck sont en fait les fermiers du sud de l’Australie qui, à force de labeur, ont le cou rougi par le soleil. L’album nécessite indiscutablement de nombreuses écoutes et requiert de se détacher du Midnight Oil des années 80. Si la nouvelle recette semble s’accompagner d’un son industriel affectant les guitares, le chant ou les percussions, il n’en demeure pas moins que les refrains qui faisaient la force d’un Diesel And Dust ou d’un Blue Sky Mining dix ans plus tôt, sont toujours aussi bien pensés et justifient pleinement une écoute attentive des douze morceaux. Quelques instruments inattendus s’immiscent dans les compositions comme le violon, le violoncelle ou le french horn. La production est irréprochable malgré de forts décalages stylistiques entres les compositions. Midnight Oil confirme après 20 ans de bons et loyaux services et malgré deux précédents albums médiocres, que les australiens peuvent encore avoir de bonnes ressources.

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   GUILLAUME

 
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- James Moginie (guitare, claviers, choeur)
- Martin Rotsey (guitare)
- Bones Hillman (basse, choeur)
- Rob Hirst (batterie, choeur)
- Peter Garrett (chant)


1. Redneck Wonderland
2. Concrete
3. Cemetary In My Mind
4. Comfortable Place On The Couch
5. Safety Chain Blues
6. Return To Sender
7. Blot
8. The Great Gibber Plain
9. Seeing Is Believing
10. White Skin Black Heart
11. What Goes On
12. Drop In The Ocean



             



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