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METALLICA - Ride The Lightning (1984)
Par SASKATCHEWAN le 27 Février 2014          Consultée 3415 fois

Un jour, au milieu des années 80, un journaliste metal s’est réveillé avec les plis de l’oreiller imprimés sur la joue et un nouveau nom de sous-genre qui lui clignotait dans les synapses : le thrash metal. En épluchant la presse de l’époque, on finirait par trouver le nom du coupable, qui voulait sans doute bien faire en trouvant un nom passe-partout pour ces groupes qui jouaient plus vite et plus fort que tout le monde. Certains avaient bien pensé à « speed metal » ou « black metal » en se faisant confisquer leurs drogues récréatives et leurs vinyles de VENOM par des parents tatillons, mais l’inconscient collectif décida de garder ces termes-là pour la suite.

Comme toujours avec les genres, certains lui jurent fidélité jusqu’à la mort (c’est SLAYER) et d’autres, moins enthousiastes, trainent la nouvelle étiquette comme un boulet. Lars Ulrich, qui avait bien potassé son DIAMOND HEAD, savait bien quel danger il y a à se laisser enfermer dans une scène, aussi prometteuse soit-elle. Même en mettant de côté trente secondes le plan de conquête du monde inscrit dans l’ADN de METALLICA, les personnalités et les affinités musicales de chacun de ses membres n’allaient pas dans le sens d’un Kill ‘em All bis.

Et les évènements non plus… Après une tournée américaine avec RAVEN, le label britannique Music for Nations contacte Jon Zazula, le patron de Megaforce, afin d’obtenir le droit de distribuer Kill ‘em All en Europe. Malgré le vol récent de leurs instruments et de leur matériel, les « four horsemen » s’embarquent dans une tournée européenne en février 1984, histoire de promouvoir leur premier album. Les vieux copains de VENOM jouent les têtes d’affiche, tandis que Music for Nations s’engage à financer l’enregistrement du deuxième album, encouragé par le succès de Kill ‘em All sur le Vieux Continent. METALLICA s’installe aux studios Sweet Silence de Copenhague directement après la tournée, avec Flemming Rasmussen à la production et la sournoise vodka à la réglisse dans le rôle du carburant.

Les conditions d’enregistrement de Ride the Lightning n’auraient pas pu être plus différentes de celles de Kill ‘em All. Ainsi coupés du monde (sauf Lars Ulrich, qui joue à domicile), les membres de METALLICA profitent de leur exil danois pour améliorer leur son et la maîtrise de leur instrument. Flemming Rasmussen force Lars à se remettre en question et pousse James Hetfield à travailler son chant. Pour le reste, il suffit de laisser parler le talent : le quatuor bouillonne de créativité depuis un an, et ne met pas longtemps à enregistrer les morceaux composés en tournée. 8 titres, 47 minutes, une pochette bleue et une chaise électrique, c’est tout ce qu’il faut à METALLICA pour révolutionner son style, accoucher d’un chef-d’œuvre et assommer la scène metal de l’époque.

Tout commence pourtant par une promenade dominicale sur les plages de la Baltique : « Fight Fire with Fire » s’ouvre sur quelques notes de guitares acoustiques, comme pour désorienter les fans de la première heure. La suite ressemble plus au METALLICA de 1983 : Hetfield passe directement de la première à la cinquième et scande des paroles apocalyptiques, à l’heure où Monsieur « America is back » et son programme Star Wars ressuscitent la menace d’une guerre nucléaire avec l’URSS. Une obsession américaine en chasse une autre : le groupe s’enferme dans la tête d’un condamné à mort pour la chanson-titre, une pièce magistrale où les riffs implacables se succèdent les uns aux autres pendant six minutes.

S’il fallait trouver un symbole du changement de cap de METALLICA en 1984, ce serait « For Whom the Bell Tolls ». La basse et la batterie donnent corps aux bombardiers franquistes du roman d’Hemingway : le groupe dresse le portrait d’une violence insidieuse, inaccessible, qui s’approche avec une lenteur menaçante. La vitesse ainsi mise de côté, Hetfield se risque à exprimer des sentiments sur « Fade to Black » : le dégoût, la dépression et la rage traversent cette chanson magnifique, écoutée mille fois, les yeux rivés sur les paroles du livret, en essayant de percer les secrets d’un groupe aussi « à part ».

Une partie de l’énigme se résume sans doute à Cliff Burton. Même si Ulrich et Hetfield ont composé la majorité de l’album, même si Mustaine est encore crédité pour quelques riffs, la créativité de METALLICA doit également beaucoup aux idées étranges de son bassiste, bien plus influencé par BACH, le punk et le rock sudiste que par la NWOBHM. L’instrumental « The Call of Ktulu », qui est à lui seul une raison de se convertir à METALLICA, fait un peu office de bac à sable pour Burton : sa basse semble voler d’idées géniales en idées géniales, avec les trois autres derrière qui s’appliquent pour rester au niveau.

Cet album est tellement bon que même le remplissage y est attachant. « Trapped Under Ice » et « Escape » (raah, les paroles d’« Escape » !) remplissent parfaitement leur rôle de transitions vers le grand, l’immense, le très beau, le méchant « Creeping Death ». Tout fan de METALLICA qui se respecte DOIT avoir gueulé « DIE ! BY MY HAND ! I CREEEEEP ACROSS THE LAND » enroulé dans un drap, les bras crispés en position « guitare » après avoir mimé le solo de Hammett.

Avec Ride the Lightning, METALLICA a déjà trouvé l’équilibre parfait entre agression et subtilité, ainsi qu’une formule toute prête pour les deux prochains albums. Nous sommes le 30 juillet 1984 : la concurrence vient de disparaître dans le rétroviseur, Ulrich peut cocher la case « chef-d’œuvre » dans son plan de carrière et des milliers de métalleux à travers la planète se préparent à bassiner leur entourage avec « Fade to Black ». Pour toutes les raisons exposées ici, et pour bien d’autres encore, Ride the Lightning est le meilleur album de METALLICA, celui que je suis prêt à aller distribuer aux ours du Kamtchatka, juste parce que l’idée qu’une créature sur cette Terre ne l’ait pas écouté me rend malade !

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- Cliff Burton (basse)
- Kirk Hammett (guitare)
- James Hetfield (chant, guitare)
- Lars Ulrich (batterie)


1. Fight Fire With Fire
2. Ride The Lightning
3. For Whom The Bell Tolls
4. Fade To Black
5. Trapped Under Ice
6. Escape
7. Creeping Death
8. The Call Of Ktulu



             



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