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1984 Red Hot Chili Peppers
1985 Freaky Styley
1987 The Uplift Mofo Party...
1989 Mother's Milk
1991 Blood Sugar Sex Magik
1995 One Hot Minute
1999 Californication
2001 Off The Map
2002 By The Way
2006 Stadium Arcadium
2011 I'm With You
2016 The Getaway
 

- Membre : Chickenfoot, Rem, Atoms For Peace, John Frusciante , Glenn Hughes , Jane's Addiction, Deconstruction, Dave Navarro

RED HOT CHILI PEPPERS - By The Way (2002)
Par PLAUDE le 29 Mai 2014          Consultée 2002 fois

La musique des Red Hots est d'une énigmatique intensité.

A l'écoute de By The Way, le verdict est sans appel : Ces lascars savent faire autre chose que de la funk. Pire encore, ils le font bien.
Californication et le retour de Frusciante avaient déjà annoncé la volonté d'un revirement musical en mettant de côté les furieuses inspirations de One Hot Minute et en apaisant les ardeurs funk et rock voire métal qui caractérisaient la plupart des morceaux de leurs précédents albums. En 1999, les Peppers agissent précautionneusement, en prenant garde ne pas fâcher les fans de la première heure qui n'attendent que de se foutre à poil – comme le groupe savait si bien le faire jadis - pour gesticuler sur des cocottes de funk énervées et brailler sur des couplets approximativement chantés ou rappés par Kiedis.
Timide et peu sûr de son coup, le groupe dissémine quelques réminiscences grooves pour ne pas désarçonner son ancien public, mais il se cherche et tente avec courage d'effleurer de nouvelles sonorités, toujours avec ce talent de « tube maker » qui lui va si bien. Si l'essai est à moitié transformé, By the Way qui paraît en 2002 prend des allures de trahison... Et de miracle.
Trahison car la teneur pop de l'album constitue une véritable gifle pour beaucoup de fans persuadés que Californication n'était qu'un égarement, la chimère d'une inspiration musicale aseptisée et incohérente destinée à finir au fond des cartons.
Miracle car l'album est d'une incroyable beauté et incombe de rendre les armes. Inutile de se battre, les Peppers sont déjà partis loin et ont laissé un message, car By the way malgré sa pop soyeuse est résolument frondeur.
Les lascars semblent en effet revendiquer avec fierté un album au caractère insaisissable et contrairement à ce que le fan croit penser, les morceaux qui le composent révèlent au fil des écoutes des qualités inédites, des perspectives inouïes qui l'entraînent vers des sommets esthétiques.

Les Red Hots ne sont pas de simples musiciens et ils le savent. Leur musique ne porte aucune trace de la touchante maladresse de ceux qui tentent d'atteindre de façon plus ou moins heureuse une nouvelle identité musicale en bidouillant leurs instruments et en profanant leurs références. Non, leur musique se dresse, intense, et finit par imposer sa loi. Les hostilités commencent avec le single éponyme, cavalcade dominée par une basse féroce et au refrain trop facile qui laisse un peu sur sa faim. Puis vient « Universally Speaking », déclaration ambiguë au rythme sautillant et à l'ambiance stellaire, l'album est lancé et le morceau annonce avec discrétion le véritable retour de Frusciante. Exit les riffs et les chorus de gratte aux accents hendrixiens, le guitariste jouera peu mais avec grâce comme sur « Dosed » et «The Zephyr Song » – single évident – les deux plus beaux morceaux de l'album.
La suite va très vite. Le fan se trouve comme interdit à l'écoute de l'imparable tube qu'est « Can't Stop » et s'arrête songeur. Conquis par la première partie de l'album, il commence à devenir méfiant et ressent l'étrange volonté de ne plus vouloir continuer la course de peur d'être déçu, de peur de se trahir. Toujours aucune syncope, ni de cocotte...
Une inquiétude qui se dissipe vite à l'écoute de la doublette « On Mercury » / « Minor Thing » dont l'outro d'une fulgurante mélancolie surprend et finit par tout emporter sur son passage. Il est trop tard pour faire demi-tour, le groupe a déjà gagné.

Contrairement à ce que l'on a pu dire, By the way n'est pas non plus l’œuvre illégitime de musiciens à bout de souffle autrefois illustres.
Au final, c'est l'album entier qui surprend. Une intonation naïve du chanteur, une ligne de basse qui claque, une descente de toms maîtrisés, et toujours la guitare et la voix de tête discrète mais lancinante de Frusciante. Les arrangements, la composition, tout ça est parfaitement agencé mais conserve la sincérité et la sagesse de ceux qui ont appris à apprendre.

L'album est une parfaite réussite c'est indéniable, mais il reste cet étrange débat : Est-il possible d'aimer les Reds Hots des années 90 et les Reds Hots des années 2000 ? - comme si en une décennie et deux albums on ne parlait plus du même groupe. Évidemment qu'on peut aimer les deux visages si différents d'un seul et même groupe. On doit aimer ces deux visages. Ecouter Blood Sugar Sex Magik puis By The Way ou inversement c'est – après avoir digéré deux chefs d’œuvres – comprendre l'intelligence et l'audace de quatre musiciens qui ont su se réinventer, grandir et surtout apprendre ensemble.
Après la fougue et le feu juvénile, l'épure et le calme de la maturité. Une musique, un groupe à l'intensité humaine en somme.

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   PLAUDE

 
   TEEMO

 
   (2 chroniques)



- Anthony Kiedis (chant)
- Chad Smith (batterie)
- John Frusciante (guitare)
- Flea (basse)


1. By The Way
2. Universally Speaking
3. This Is The Place
4. Dosed
5. Don't Forget Me
6. The Zephyr Song
7. Can't Stop
8. I Could Die For You
9. Midnight
10. Throw Away Your Television
11. Cabron
12. Tear
13. On Mercury
14. Minor Thing
15. Warm Tape
16. Venice Queen



             



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