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EMBRYO - Surfin' (1975)
Par WALTERSMOKE le 16 Juillet 2014          Consultée 1374 fois

Qu'est-ce qui pouvait bien menacer EMBRYO ? En quatre ans d'existence, le groupe de Christian Burchard n'a cessé d'expérimenter, d'explorer, de s'ouvrir au monde et en extraire le meilleur afin de réaliser une musique d'exception. Rocksession et We Keep On avaient également montré en 1973 qu'EMBRYO était un grand de la musique, rien que ça.

Sauf que deux ans plus tard, la formation se décide à adopter une démarche plus commerciale avec Surfin', son septième album. En effet, Burchard, qui aimerait bien que son groupe ait un peu plus de succès, oriente ses travaux dans le sens d'élargir son audience. Dans l'absolu, cela ne préjuge en rien de la qualité des compositions à venir, mais en vérité, génère toujours une petite appréhension. Accompagné de Roman Bunka, le batteur-percussionniste déleste EMBRYO de Dieter Miekautsch et embauche un nouveau bassiste, Uwe Müllrich, et, surtout, Edgar Hofmann revient avec son saxophone. Cela signe-t-il le départ de Charlie Mariano ? Hé bien non, ce dernier reste au sein du groupe. Cela fait donc un EMBRYO à deux saxophones, maniés qui plus est par des musiciens d'exception – encore qu'ils ne jouent ensemble que sur un seul des 8 morceaux.

Avec une telle configuration, il y avait de quoi entrevoir des possibilités tout bonnement énormes, aboutissant à des morceaux dantesques. Mais c'est oublier les velléités commerciales du groupe. Pour ce faire, EMBRYO stoppe la recherche ethnomusicale vers l'Orient et se tourne vers un croisement de jazz et de funk. Là aussi, il n'y a que peu de choses à redire, même si ceux qui connaissent les précédents albums peuvent s'estimer déçus. Et pourtant, le groupe ne réussit pas un nouvel exploit sonore.

Le danger de la tentation commerciale, c'est de devenir moins intéressant à force de vouloir ratisser large et faciliter son propos. EMBRYO, qui saute à pieds joints dans le piège, en sort des morceaux suffisamment courts pour passer à la radio, mais trop faciles. Exemple concret, "New Ridin'". Roman Bunka prouve que, si l'on ne regarde que le côté technique, il pourrait être facilement embauché dans un grand groupe de funk. Certes, mais il ne fait ici que servir un morceau des plus funky qui se révèle pourtant fade et n'est sauvé que par l'intervention assez originale d'un sitar en lieu et place de la guitare solo. La fin en fade-out ne fait rien non plus pour rattraper le coup. "Music of Today" permet en quelque sorte d'apprécier le chant de Bunka (encore lui), mais si la chanson est plus tolérable que "New Ridin'", elle n'en demeure pas moins juste sympa sans plus. Dans une optique plus large, en dehors de Burchard et Müllrich qui se cantonnent à un rôle de section rythmique basique, les interventions des saxophones, pas forcément mauvaises, contribuent pourtant à renforcer le caractère pesant de la musique jouée par "Surfin'".

En fin de compte, ce qui sauve Surfin', ce sont ses deux derniers morceaux. "Dance of Some Broken Glasses", long de 9 minutes, effectue le lien avec les autres oeuvres d'EMBRYO et se pose en moment krautrock/jazz agréable. En particulier, la mélodie jouée en arrière-plan aux marimbas donne un joli relief à l'ensemble (sans compter qu'elle ressemble étrangement au motif principal de "Lord of Light" de HAWKWIND). Les transitions entre les différentes sous-parties ne sont toutefois pas négociées de manière optimale. "Side Track", pour sa part, n'est ni plus ni moins que ce à quoi aurait dû ressembler l'album si EMBRYO avait su se débrouiller avec le funk de bonne manière. Pour le coup, Hofmann et Mariano ont beau jouer tous les deux, ils semblent pourtant peu présents, ce qui s'explique par un jeu qui a du mal à s'imposer face aux guitares de Bunka et aux percus de Burchard.

Un vrai pétard mouillé que ce Surfin', donc. La direction musicale, répétons-nous, n'était pas mauvaise, c'est le fait de l'avoir abordée de manière trop commerciale qui l'est. Pour la première fois (il en fallait bien une), EMBRYO sort un album vraiment décevant. Un amateur de funk et/ou non connaisseur du groupe peut donner un 3/5 à Surfin', mais l'amateur du groupe, lui, sait qu'il ne pourra pas aller plus haut que 2/5.

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   WALTERSMOKE

 
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- Christian Burchard (batterie, percussions, claviers, chant)
- Edgar Hofmann (saxophone, violon)
- Charlie Mariano (saxophones)
- Roman Bunka (chant, guitares, percussions, claviers)
- Uwe Müllrich (basse)


1. You Can Turn Me On
2. Music Of Today
3. Secret
4. Surfin'
5. New Ridin'
6. In My Luna Matic
7. Dance Of Some Broken Glasses
8. Side Track



             



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