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Wolfgang Amadeus MOZART - Symphonie N°34 (harnoncourt) (1780)
Par CHIPSTOUILLE le 10 Janvier 2015          Consultée 1115 fois

Quand MOZART compose sa symphonie n°34 en 1780, cela fait un an qu’il n’a presque rien composé. Une messe, des vêpres, quelques chants, on est très loin du rythme moyen d’une vingtaine d’œuvres par an. Isolé, contraint par son contrat avec le Prince-Archevêque Colloredo. La vie étriquée des MOZART masque une famille au bord de l’implosion. Un tableau contemporain de cette époque, dominé par le portrait de la défunte mère, peine à masquer le manque d’harmonie. Le jeune Salzbourgeois est au bout du rouleau. Le salut viendra de la commande d’un nouvel Opéra en provenance de Munich, Idomeneo. 6 ans que MOZART rongeait son frein en espérant pouvoir recomposer un jour pour la scène.

Tout ceci donne à MOZART de nouveaux espoirs de liberté, on lui redonne enfin une chance. Dans cet élan il compose une symphonie en pensant à ses amis munichois. Tout d’abord pensée pour 4 mouvements, un menuet est d’abord composé. Finalement MOZART revoit ses ambitions à la baisse, et réduit la symphonie à 3 mouvements supprimant le menuet premier.

Sans crier au miracle, on s’éloigne enfin des deux boulets précédemment composés dans le genre. Écartons une nouvelle fois la symphonie concertante pour cordes de 1779 qui surpasse largement tout ceci. Mais notre symphoniste du dimanche s’améliore enfin, avec une ambition, une histoire. Ce pied de nez aux deux symphonies précédentes préfigure de la période à venir. Sans pouvoir la qualifier de grande, elle possède suffisamment d’attraits pour susciter l’intérêt. Il y a ici un réel enthousiasme retrouvé, et MOZART, durant ses représentations viennoises, de rester tout enthousiaste d’une exécution avec un orchestre plus fourni qu’à l’habitude.

Concernant l’ambition, on sort des lieux communs. MOZART parvient enfin à surprendre et sortir de ses systématismes. Le premier mouvement est démonstratif de cette envie. Des idées, des vraies, font irruption. Il y a cette emphase grandissante, cette tension dans les seconds violons, cette vision d’ensemble. La véritable bonne idée, c’est ce slalom de cordes, avec des virages dangereux, MOZART y enchaîne les prises de risques. Il y a enfin ce sens du grandiloquent. On est certes encore très loin d’un BEETHOVEN voire même d’un HAYDN londonien, mais la symphonie n°34 a ses formes prononcées. Reste que ce premier mouvement, tout aussi agréable qu’il soit, réellement appréciable quand on prend le temps de le scruter sous toutes ses formes, manque un peu de consistance pour en faire un incontournable. Le défaut n’est pas irréparable, mais la suite n’est pas au niveau.

Dans le second mouvement, lent, l’orchestre s’étiole. Cet excès de douceur, sucré mais sans effet, manque de nous faire abdiquer de peu. Un mouvement champêtre et matinal, que l’on écoute les yeux cernés et embués, et qui aura vite tendance à nous faire retrouver les bras de Morphée. A noter que Koichi SUGIYAMA a certainement dû s’inspirer de ce mouvement quelque part pour ses balades urbaines de la série Dragon Quest, tellement la ressemblance est frappante. Reste le dernier mouvement, plus frénétique, avec un thème presque mémorable, contrairement aux deux premiers mouvements. Il passe telle une fusée aveuglante sans que l’on ait réellement le temps de comprendre ce qu’il s’y passe. Il y a bien une nervosité, celle qui manque tellement aux deux dernières symphonies. Mais MOZART, qui a ici les clés de la réussite, manque de génie dans la mélodie.

Reste cette symphonie sympathique, qui regarde en avant et non en arrière. MOZART se rouvre au monde et nourrit enfin des espoirs plus conquérants. Tel un compositeur digne de réussite, il vient de sortir la tête haute de sa période la moins féconde, et il faudra attendre 10 ans de nouveau pour voir une telle baisse de régime dans la productivité du compositeur. Sortez les flûtes à champagnes, c’est bientôt la fête.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Royal Concertgebouw Orchestra
- Nikolaus Harnoncourt (direction)


- symphonie N°32 En Sol Majeur, K. 318
1. Allegro Spiritoso
2. Andante
3. Tempo Primo
- symphonie N°33 En Si Bémol Majeur, K. 319
4. Allegro Assai
5. Andante Moderato
6. Menuetto
7. Finale: Allegro Assai
- symphonie N°34 En Do Majeur, K. 338
8. Allegro Vivace
9. Andante Di Molto (più Tosto Allegretto)
10. Allegro



             



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