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- Style : Sweet Smoke, Agitation Free
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AMON DÜÜL II - Wolf City (1972)
Par JOVIAL le 28 Août 2015          Consultée 1941 fois

Wolf City couronne une année importante pour AMON DÜÜL II. Bien aidé par John Peel qui les fait connaître outre-Manche, le groupe allemand a acquis une cote importante auprès du public britannique suite à la sortie du pourtant médiocre Carnival In Babylon. Il faut dire que la nouvelle formule avait de quoi plaire au plus grand nombre avec ses morceaux aux structures plus conventionnelles, assez pour prétendre aux grandes ondes, bien loin du psychédélisme débridé et déroutant des premières galettes. Le folk "All The Years ‘Round" s’entendait ainsi régulièrement à la radio et le succès d’AMON DÜÜL II allait par là même grandissant. Fort de ce constat, le groupe qui ne se perd guère en conjectures se lance rapidement dans l’enregistrement de Wolf City à la maison en Bavière, quelques mois seulement après celui de Carnival In Babylon.

On s’en doute un peu, ce cinquième album ne s’en retourne pas lui non plus aux années Yeti. L’Angleterre est prête à s’agenouiller, on ne va pas cracher dans la soupe aux champignons hallucinogènes tout de même ! AMON DÜÜL II, malgré les apparences bien conscient des choses, va justement finement jouer la partie avec Wolf City. La déflagration hard-rock étant à son apogée avec des formations telles que LED ZEPPELIN, DEEP PURPLE ou URIAH HEEP, Wolf City en sera donc lui aussi. En prime, nos Teutons livrent au public britannique l’un des rares titres de rock allemand - d’avant SCORPIONS entendons-nous - à être resté dans les mémoires. Le morceau "Wolf City", bel exemple de hard-rock bien acidulé comme seule la bande à Weinzierl pouvait en produire à l’époque, reste en effet le grand succès d’AMON DÜÜL II en terre anglaise et, de manière générale, sa composition la plus connue à la surface du globe terrestre.

Comme le décrit parfaitement Julian Cope dans son Krautrocksampler, AMON DÜÜL II dégage ici une impression de majesté. Moins aventureux que ses prédécesseurs, Wolf City n’en est pourtant pas moins un album exigeant. Dès les premières notes de "Surrounded by the Stars", cette musique prend son envol. Renate Knaup envoûte l’audience en bonne impératrice galactique qu’elle représente. Wienzierl sort la grosse artillerie électrique et Karrer libère le violon du placard. Les couleurs explosent de toutes parts en myriades aveuglantes, Cachemire et rondes profanes se dressent en toile de fond. La troupe pratique sur Wolf City un rock progressif éclatant de vitalité et de mysticisme, rappelant parfois les meilleurs ATOMIC ROOSTER, le côté psyché en plus. Au contraire de Carnival in Babylon souvent amorphe et trop linéaire, la moindre ballade est prétexte au volte-face. Réveillé en douceur par les bulles de "Green Bubbles Raincoated Man", on se laisse ainsi surprendre par l’orage survolé qui vient bien vite nous les exploser dans un déchaînement aussi salvateur qu’inattendu.

À l’instar des illustres expériences précédentes, Wolf City est un disque aux multiples facettes. Si "Surrounded by The Stars" semble annoncer du rock céleste, "Jail-House Frog" opte plutôt pour une sorte de brouet maléfique et hendrixien. "Wolf City" aurait presque des allures de punk avant l’heure, "Wie Der Wind Am Ende Einer Strasse" médite aux Indes et "Sleepwalker’s Timeless Bridge" conclut comme à l’habitude par un jam folk. Quant à l‘étrange "Deustch Nepal", on y note la présence de l’acteur Ralf Zacher, gourou-gourou de la fumette en train de péter un câble quelque part au sommet de l’Himalaya.

Wolf City est à sa sortie un bon succès en Allemagne comme en Angleterre, plus que les albums précédents. Il n’est pas pour autant meilleur ni exempt de défauts. Outre "Deustch Nepal" plus amusante que réellement convaincante et les prolongations inutiles de "Sleepwalker’s Timeless Bridge", Wolf City peut décevoir dans le sens où AMON DÜÜL II n’est guère capable de rivaliser avec les albums précédents en termes d’originalité, de créativité et de prise de risque. Si sa personnalité reste forte, sa musique n’est plus aussi audacieuse qu’auparavant et trahit de plus en plus une volonté de plaire au plus grand nombre. L’avenir le prouvera malheureusement, pour ce groupe qui paradoxalement retombera dans l’anonymat. En d’autres termes, Wolf City marque la fin de la période faste, artistiquement parlant, d’AMON DÜÜL II qui ne reviendra jamais à un tel niveau.

Note réelle : 3,5/5
À écouter : "Wolf City"

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   JOVIAL

 
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- John Wienzierl (guitares/choeurs)
- Lothar Meid (basse)
- Chris Karrer (guitare/violon/saxo)
- D. Secundus Fichelscher (batterie/percus)
- Falk-u Rogner (claviers)
- Renate Knaup (chant)
- Guests :
- Al Sri Al Gromer (sitar)
- Jimmy Jackson (claviers/choeurs)
- Liz Van Neienhoff (tambura)
- Olaf Kübler (saxophone)
- Pandit Shankar Lal (tabla)
- Paul Heyda (violon)
- Peter Leopold (timbales)
- Rolf Zacher (voix)


1. Surrounded By The Stars
2. Green Bubbles Raincoated Man
3. Jail-house Frog
4. Wolf City
5. Wie Der Wind Am Ende Einer Strasse
6. Deutsch Nepal
7. Sleepwalker's Timeless Bridge



             



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