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The BOO RADLEYS - Kingsize (1998)
Par SEIJITSU le 27 Novembre 2015          Consultée 515 fois

Quand on est sur le point de perdre son public, le retour en arrière est souvent la proposition la plus adoptée par un groupe pour le récupérer. Un procédé qui n’aura que rarement donné des réussites. Sans juger la malhonnêteté de cette manœuvre, quel est intérêt de refaire ce qu’on accomplit avant en moins bien ? Le retour aux sources, c’est au mieux sympa et souvent de la merde.

Les BOO RADLEYS sont trop malins pour s’abaisser à faire ça. C'mon Kids partait dans tous les sens et cela en a effrayé plus d’un. Plutôt que d’imiter des compositions passées et pour gagner quelques sous permettant de continuer à vivre de sa passion, un recentrage s’impose. Vous n’allez pas y couper avec cette comparaison habituelle avec les BEATLES, mais la bande de Martin Carr reste une de leurs véritables relèves tant leurs démarches sont proches. Car si leur précédent disque était leur White Album, l’œuvre se permettant toutes les excentricités, Kingsize est leur Abbey Road. Une grande synthèse de leur art.

Une synthèse ? Hmmm... Cela ne serait-il pas contradictoire avec la critique que j’adressais aux peureux n’assumant pas leurs envies et leurs positions ? Pas vraiment. Martin Carr est peut-être un petit plaisantin, néanmoins ce n’est pas un menteur. Chaque sortie des BOO apporte à chaque fois de l’inédit dans leur univers et celle-ci ne déroge pas à cette règle.

Une musique plus douce, plus évanescente, plus lente et toujours aussi arrangée au point de transformer de jolies chansons pop en sublimes symphonies (« Blue Room In Archway » et « Monuments For A Dead Century »). Un album presque classique à première vue et pourtant pas tant que ça quand on l’examine de plus près. Leur terrorisme sonore s’est grandement atténué mais n’a pas complétement disparu, à en juger l’ultra-dansant « Free Huey » (autant hystérique que du PRODIGY). Il en va de même pour leur excentricité… Ce qui aurait pu faire capoter l’affaire en donnant une musique tiède ne survient pas, fort heureusement. La forme a beau être sage, leur pop reste curieuse et passionnante car se greffant à diverses tendances de son époque. L’électronique plus particulièrement avec ses rythmes presque drum and bass (rien que l’intro du premier titre met la puce à l’oreille), divers effets et des basses dubby. Sans oublier ce côté volontairement décalé s’intercalant entre des moments se voulant sérieux (la pop progressive « High As Monkeys »).

Cependant, ce qui fait la principale réussite de ces chansons magistralement arrangées, cela reste les mélodies. On peut citer tous les morceaux, puisqu’il n’y en a aucun à jeter. Il faut tout de même attirer l’attention sur les plus mélancoliques tels que « Kingsize », « Eurostar » ou encore le choupinou « Adieu Clo Clo ». Ils ne seraient toutefois pas aussi forts sans Sice. Un chanteur pourtant limité et peu charismatique, mais qui met toute son âme dans ces refrains envolés à savourer sans modération. La pop de chambre « Song From the Blueroom » est à écouter absolument rien que pour son interprétation.

Pour enfoncer le clou, autant terminer sur l’un des plus gros morceaux du disque. « The Future Is Now », c’est 7 minutes d’une pop addictive dopée aux synthés électro disco. Une litanie qui ne semble jamais s’arrêter, comme si le quatuor voulait que le temps se suspende et que cet instant dure éternellement.
Voilà ce que j’appelle un grand moment de clairvoyance de leur part. Malgré son titre (et sa pochette), Kingsize ne permettra pas aux BOO de gagner une couronne de gagnants, mais plutôt celle de perdants. Ses ventes seront catastrophiques et précipiteront leur fin l’année suivante.

En même temps, une telle pièce d’orfèvre pouvait-elle marcher en cette fin de la période britpop ? Auparavant, Urban Hymns raflait la mise avec sa pop psychédélique de grande classe. Quant à OK Computer, il avait sonné le glas d’un rock classique pour un autre plus électronique et pessimiste. Difficile de se faire une place parmi ces deux gros succès commerciaux. Il n’empêche, quelle injustice…

On pourra se consoler avec l’œuvre que ces braves gars ont laissé derrière eux. Une discographie studio riche et presque irréprochable, conciliant la faculté d’être (pop)ulaire tout en étant exigeante.
Effectivement, "le futur était maintenant". Dommage que peu grand monde ne l’ait compris en cette fin de millénaire.

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   SEIJITSU

 
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- Sice (chant)
- Rob Cieka (batterie, percussion)
- Tim Brown (basse, claviers)
- Martin Carr (guitare, clavier, chant)


1. Blue Room In Archway
2. The Old Newsstand At Hamilton Square
3. Free Huey
4. Monuments For A Dead Century
5. Heaven's At The Bottom Of This Glass
6. Kingsize
7. High As Monkeys
8. Eurostar
9. Adieu Clo Clo
10. Jimmy Webb Is God
11. She Is Everywhere
12. Comb Your Hair
13. Song From The Blueroom
14. The Future Is Now



             



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