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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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- Membre : Bande Originale De Film

James HORNER - Braveheart (1995)
Par MR. AMEFORGEE le 19 Mars 2006          Consultée 7444 fois
AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Ah, l’Ecosse ! Ces magnifiques paysages d’herbe émeraude, massifs et sinueux, où l’on peut entrapercevoir quelque espiègle torrent courir le long des pentes, apportant une nuance de teinte minérale, bleue argentée, à la dominante des vertes pâtures, et cet océan de nuages tumultueux qui surplombe les terres et apporte tantôt une bruine rassérénante ! Ces routes étroites gardées par des troupeaux de moutons, ces lochs qui recèlent dans les profondeurs secrètes de leurs eaux des drakkars fantômes ! Ces pubs où la bière a un goût de nectar et le saumon une saveur d’ambroisie ! Ah, ces jeunes femmes rousses qui vous... Euh, mais je m’égare !

Pour nous figurer l’environnement décrit dans le film, il nous faut désormais utiliser la machine de H.G. Wells et remonter (ou redescendre, selon notre conception de la temporalité) à la fin du XIIIème siècle. L’époque beaucoup moins plaisante nous montre une Ecosse opprimée, ayant maille à partir avec son hautain voisin anglais, aux velléités conquérantes et à l’égide peu courtoise. Mais heureusement pour nous et pour les pauvres Ecossais, un héros va se dresser face à l’envahisseur, le visage peinturluré, le kilt en acier trempé et la rage au coeur, il s’agit bien sûr de Mel Gibson, sans Danny Glover (sans doute trop vieux pour ces conneries), muni de son arme fatale, une magnifique claymore en plastique. Dans le monde contemporain, le film Braveheart a connu un grand succès (même en Angleterre) et, pour ce qui nous concerne, sa B.O. est souvent citée en référence par les amateurs de B.O...

La principale originalité pour l’époque (plus tant que ça en 2006), c’est que James Horner, dont c'est l'une des marques de fabrique pour ses musiques de films, afin d’être dans une meilleure adéquation avec le sujet traité, utilise la voix rustique des instruments du folklore celtique et l’entremêle aux accents hollywoodiens de l’habituel Orchestre Symphonique de Londres. Comparativement aux fresques épiques qui seront tournées par la suite, où les orchestres produiront des sons d’une opulence de mammouth, avec des choeurs virils à faire trembler le Colosse de Rhodes, la musique de Braveheart semble presque sobre. Ce qui est une qualité et un défaut.

Ainsi, toute la première partie de la B.O. est très douce, un peu brumeuse et mélancolique, aux proportions de la vie d’un « paysan comme les autres », l’emphase y étant discernable de manière lointaine, à l’état de promesse, répétant à satiété voire au-delà des variations des thèmes principaux, tantôt à la flûte, tantôt à la cornemuse devant le large parterre des cuivres et des vents, à peine troublées par de brefs passages un petit peu plus alertes, comme le mouvement de gigue qui ouvre « Wallace Courts Murron ». Et c’est un peu dommage, car, en conséquence, le premier quart du disque paraît un peu ennuyeux et répétitif, malgré de jolies mélodies. On retiendra peut-être, outre les morceaux d’ouverture, « The Secret Wedding », flûte tremblotante et harpe effleurée qui se meuvent dans un écrin intimiste de cordes, comme pour souligner la nature fragile de l’union de Mel Gibson et de sa tendre moitié.

L’intérêt croît ensuite sur l’angoissant, martial et tragique « Attack on Murron » et surtout sur « Revenge », qui, par l’absence de ligne mélodique directrice et la présence de dissonances fugitives, de percussions tribales, du souffle profond donné par les instruments à vent, exhale une vraie impression d’hostilité, froide et implacable, comme l’opération de représailles menée par le héros. Après, la vie du « paysan comme les autres » va se fondre avec l’histoire de la révolution écossaise et c’est alors que la musique se fait plus épique (« Gathering the Clans »), lançant les cornemuses téméraires à l’assaut des pentes orchestrales (« Sons of Scotland »). Les teintes de cette rébellion se feront glorieuses sur « The Battle of Stirling », puis funestes sur « Falkirk », structuré par la cadence militaire imprimée par l’armée anglaise et sur le sombre « Betrayal & Desolation ».

Le meilleur morceau est bien entendu réservé au passage clé du film, « Freedom/the Execution/Bannockburn », marche funèbre où se retrouvent impuissantes les mélodies écossaises, et où la mort inéluctable est présagée par un choeur tout en retenu, presque diaphane. Avant, évidemment, l’ultime bravade de Mel Gibson, où l’explosion lyrique, libératrice et communicative, est de mise. Pour finir, les « crédits de fin » reprennent en medley les thèmes principaux, peut-être dans l’une des versions les plus intéressantes.

De manière synthétique, on ne peut nier la qualité de cette B.O. qui comporte tous les bons ingrédients (l’émotion...) qui font le succès d’un film à grand spectacle. Pourtant, à son écoute, loin des images saisissantes du film, j’avoue avoir du mal à tout apprécier : il y a de bons passages, des thèmes séduisants, et le vernis celtique apporte un cachet au tout, mais il y a aussi des longueurs qui gâchent l’efficacité du propos, sans parler du fait que l'on retrouve de manière un peu trop flagrante certains procédés stylistiques déjà entendus sur d'autres oeuvres du compositeur. A mon sens, cette bande originale, qui a peut-être aussi un peu vieillie, ne réussit pas à s’émanciper du film pour lequel elle a été composée. Et c’est ce qui fait la différence entre James Horner et un John Williams ou un Danny Elfman, pour n’en citer que deux, sur cette B.O. tout du moins (on lui doit encore celles de Willow, Légendes d'Automne ou de Titaniiiiiic, par exemple). Quant à l’influence celtique, elle n’est pas si profonde, ni déterminante, et on préfèrera les artistes qui en revendiquent plus nettement la culture (Alan Stivell, Dan Ar Braz, et beaucoup d’autres). A défaut, Braveheart distille des atmosphères, inspire une rêverie romanesque sur les hautes terres d’Ecosse, et c’est déjà pas mal.

Ah, l’Ecosse ! Ces magnifiques paysages d’herbe émeraude, massifs et sinueux...




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   MR. AMEFORGEE

 
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- Orchestre Symphonique De Londres
- James Horner (direction, claviers)
- Tony Hinnegan (kena, flûte)
- Eric Rigler (cornemuse)
- Mike Taylor (bodhran, flûte)
- Choeur De Westminster Abbey


1. Main Title
2. A Gift Of A Thistle
3. Wallace Courts Murron
4. The Secret Wedding
5. Attack On Murron
6. Revenge
7. Murron's Burial
8. Making Plans/gathering The Clans
9. Sons Of Scotland
10. The Battle Of Stirling
11. For The Love Of A Princess
12. Falkirk
13. Betrayal & Desolation
14. Mornay's Dream
15. The Legend Spreads
16. The Princess Pleads For Wallace's Life
17. Freedom/the Execution/bannockburn
18. End Credits



             



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