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ALICE COOPER - Alice Cooper Goes To Hell (1976)
Par LONG JOHN SILVER le 28 Février 2016          Consultée 1229 fois

ALICE COOPER se trouve invariablement cantonné au rayon hard rock dans les magasins et magazines, pourtant dès ses origines le groupe suivi du bonhomme seul couvraient un spectre assez large de la musique pop avec un goût prononcé pour les ambiances Grand Guignol*. La musicalité affinée des titres, l’éclectisme, ont toujours fait partie de l’univers du bonhomme à la manière d’un BOWIE qu’il a précédé sur le fil sur le terrain des extravagances autant musicales que visuelles, avant les SPARKS ou QUEEN. Alice nous avait habitué à être étonnés soit, mais que pouvait-il faire de plus après Welcome To My Nightmare ?
Bah ???? Une suite, tiens ! Bah oui !!!! Au moins on ne pourra pas reprocher à Bob Erin et Vincent de ne pas en avoir dans les idées. Si formellement, ACGTH n’en est pas - vraiment - une de suite au sommet précité, in hell on retrouve tout de même Steven le gamin dérangé apparu un an plus tôt, ce qui est presque aussi rassurant que de croiser Norman Bates dans un hall. Du coup on se dit qu’on est en terrain malsain mais pas inconnu. Pourtant Goes To Hell est un album déroutant.

Pas quasi-parfait comme son prédécesseur, ça non, mais probablement plus inclassable, ce qui nous ramène au préambule de cette chronique. Commençons par ce dont on se doute, ce disque aborde des thèmes glauques, un psychotique s'y promène en liberté comme dans les séries qu'elles soient B, Jaunes plutôt que Noires ou simplement de genre. Vincent y expose son alcoolisme sur single via "I Never Cry". Devenant dans la foulée son plus gros succès, cette ballade classique, pas mal fichue, est un écho de "Only Women Bleed". Moins marquante, elle illustre la partie la plus ouvertement mainstream de cette traversée des enfers. On a tout de même nettement plus fun avec "Go To Hell" : l’entrée en matière, son rythme vaudou, ses guitares acérées, son texte hilarant, sa mélodie roborative enfin bref, tout ce bazar en façade qui préfigure largement The Wall des voussavéki. Ce titre incontournable relève cependant de la fausse évidence. Parce que juste après déboule "You Gotta Dance"... du disco !!! Alice avant Patrick HERNANDEZ et les VILLAGE PEOPLE ! Évidemment, les guitares sont en pointe, on comprend tout de suite pourquoi la paire Hunter/Wagner était tant demandée, ces mecs là sont des tueurs hyper performants, mais qui sont les autres ? Bah, jette un regard sur le line-up, je l’écris pas pour rien ! Goes To Hell est un voyage qui secoue l’auditeur comme un prunier avant de le livrer au bras séculier des ambiances smooth pour mieux envoyer de gros riffs au moment où tu ne t’y attends plus. Passé "I’m The Coolest"**, à la suavité tropicale poisseuse et infestée, qui commence sur le même rythme que l’éponyme, arrive "Didn’t We Meet", on pense tenir une ballade mièvre, elle devient subitement hargneuse, tourne au garage rock pour production (d’époque) maousse. La ballade mièvre dans sa musique hard dans son texte, "I Never Cry", c’est juste après.

En 2ème face (Non ! Pas sur ton pod !), "Give The Kid A Break" (au fait, vous ai-je parlé de The Wall ?) est du LENNON pur jus. Lennon, resté une idole, avec lequel on a passé des heures à picoler mais aussi à échanger. Si le son Larger Than Life rappelle celui de Phil Spector sur les titres les plus pop, il s’en affranchit sur les titres plus tranchants tels que "Guilty", un rock teigneux réjouissant qui apparaîtra régulièrement en concert. C’est sur un passage outrageusement tartignole que Steven sort de son cauchemar, toussa pour se réveiller en enfer, bonjour les progrès, on y écoute de la variété frelatée au son de "Wake Me Gently". Le Coop’ ne craint pas le ridicule, il l’affronte, en extrait une forme de cohérence. "Wish You Were Here" emprunte le balancement, les percus des sorciers de "Sympathy For The Devil", ce qui n’a rien d’innocent, lisez leurs deux titres dans l’ordre chronologique, vous verrez. Voilà un morceau suffisamment dément et empli de second degré pour qu'on plonge et qu'on en prenne pour perpette avec son auteur.

Maintenant que vous êtes convaincus, la fin viendra vous confondre en deux mouvements. D’abord avec "I’m Always Chasing Shadows", on se croirait chez Walt Disney, il s’agit là d’une chanson de revue US entre foire et cabaret, publiée en 1917, où la voix d’Alice fait d’abord furieusement penser à celle de Ray Davies. On comprend mieux lors de la progression du titre toute la distance qu’il convient de prendre avec pareil habillage, ici pour masquer de mauvaises intentions. « Going Home » vient enfoncer le clou, dommage d’enchainer deux morceaux possédant des caractéristiques proches, même si on est maintenant plus près de l’univers des WHO. Là encore l'emphase héroïque imprime la bande son de cette fable psychanalytique où ironie et faux semblants sont des éléments clés.

Quasiment composé par le trio Cooper/Wagner/Ezrin, ACGTH ne laisse pas de surprendre, sans arriver au niveau de WTMN – moins de titres marquants oblige – cet album imparfait, avec sa fin bicéphale, où Alice pénètre plus loin l’antre de son rapport à la schizophrénie, mérite assurément qu’on y jette les oreilles. La dimension variété internationale colle naturellement à l’univers vicié du Coop, comme une peau de chagrin. L'homme s’enfonce frénétiquement dans l’alcool, il vient pourtant de rencontrer la femme de sa vie mais continue de mener un train d’enfer. Il a été, dans un passé proche, interdit de concert ça et là, ça vaut toutes les campagnes de promo et ça ne coûte rien. Alors il s’apprête à repartir en tournée, histoire de semer un peu plus la panique, enfin de promouvoir ce disque devant des foules qu'il n'a cessé de voir s'accroître jusque là. Il n’en fera rien. Frappé d’anémie, Alice COOPER se voit contraint d’annuler toutes ses représentations. Le verdict était tombé : guilty, sans appel.

* Le théâtre macabre parisien de la fin du XIXe siècle pas la marionnette lyonnaise, laquelle aura probablement moins marqué le jeune Vincent
** À l'origine cette chanson était destinée à Henri Winkler, comédien de la série Happy Days, celui-ci déclina de peur d'écorner son image, un comble

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Alice Cooper (chant)
- Dick Wagner (guitare,voix)
- Steve Hunter (guitare)
- Bob Babitt (basse)
- Jim Maelen (percussions)
- Jim Gordon (batterie)
- Tony Levin (basse)
- Allan Schwartzberg (batterie)


1. Go To Hell
2. You Gotta Dance
3. I'm The Coolest
4. Didn't Wee Meet
5. I Never Cry
6. Give The Kid A Break
7. Guilty
8. Wake Me Gently
9. Wish You Were Here
10. I'm Always Chasing Shadows
11. Going Home



             



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