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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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Mike OLDFIELD - Crises (1983)
Par MR. AMEFORGEE le 3 Avril 2006          Consultée 11767 fois

Crises reprend la formule adoptée sur Five Miles Out, qui était déjà en gestation depuis Platinum, quoiqu’en accentuant légèrement le côté pop : un long mouvement progressif d’une vingtaine de minutes et des morceaux de durée standard, dont ici quatre chansons et un instrumental. Au rang des caractéristiques musicales, Crises voit l’usage des synthés gagner en ampleur, établissant une atmosphère vaporeuse qui est cependant contrecarrée par la frappe assez lourde du batteur Simon Phillips et les riffs des guitares qui ne manquent pas de mordant.

Concernant les chansons, celles-ci ne sont pas dans l’ensemble franchement convaincantes, même si Oldfield signe ici son plus grand « tube », « Moonlight Shadow », qui doit beaucoup à la voix merveilleusement cristalline de Maggie Reilly et dont les paroles sont inspirées de l’assassinat de John Lennon. Une rythmique carrée, une guitare qui brosse quelques arpèges, le tout saupoudré par le sucre-glace d’un synthé, et voilà un petit morceau pop-rock fort accrocheur. Dans le même genre, mais en plus anecdotique, Maggie Reilly apportera encore de la joliesse vocale éthérée sur « Foreign Affair », dont les arrangements électroniques sont comme des bulles de savon soufflées par un enfant dans l’air frais d’une matinée d’été : ça ne mange pas de pain, c’est juste plaisant.
« Shadow on the Wall » adopte une approche plus « hard-rock » (les guillemets relativistes sont de circonstance), avec un riff de guitare tranchant à forte consonance bluesy, une batterie appuyée et surtout le chant éraillé, qui peut déplaire, de Roger Chapman, évoquant quelque peu Rod Stewart. Mais je crains qu’il ne me faille dire que c’est encore très anecdotique. Mais ce n’est pas fini, car le pire morceau est « High Places », sorte de truc sirupeux plein de claviers et à la ligne mélodique aussi pauvre qu’une corde à linge tendue entre deux murs. Ce qui fait mal surtout, c’est que Mike Oldfield ait réussi à embarquer Jon Anderson (celui de Yes et de Vangelis), à la voix au demeurant très lumineuse, dans cette affaire assez douteuse. L’instrumental « Taurus 3 » est a contrario plutôt enthousiasmant, même si, comparé à ses deux grands frères (« Taurus 1 » sur Q.E.2 et « Taurus 2 » sur Five Miles Out »), il est nettement plus court et simple : une guitare acoustique tisse la trame d’une ambiance enjouée, chargée d’accents espagnols, avec nombre de changements de rythme et une accélération musclée sur le « refrain ».

Enfin, le morceau fleuve qui donne son nom et qui sert d’ouverture à l’album exploite pleinement la recette évoquée plus haut, avec un synthé, qui se veut chargé de mystère et de profondeur, très présent mais aussi avec une section rock plutôt ferme. Le titre commence sur un clin d’oeil au thème de Tubular Bells et passera par différents stades, un court passage baguenaudant à une cadence bluesy, des montées en puissance qui flirtent avec le rock dur à tendance progressive, Simon Phillips labourant ses fûts comme un champ à la saison des moissons, Phil Spalding faisant rouler sa basse et Oldfield hurler plaintivement ses guitares, ainsi que des accalmies introspectives, avec parfois un chant psalmodié, de vastes nappes de claviers ou encore des dentelles d’arrangements brodées à la mandoline. D’ailleurs, certains enchaînements se déroulent dans un minimum de transition (limite aucune, en fait...), ce qui peut surprendre et laisser entendre que le long mouvement n’est pas si uni que ça. Personnellement, j’aime à y voir l’idée à l’état de bourgeon que l’on retrouvera exploitée dans une perspective jusqu’au-boutiste sur Amarok. Mais pour l’instant, cela peut encore passer pour une faute de goût ou une erreur artistique. De manière générale, le titre « Crises » est plutôt intéressant et, comme souvent chez Oldfield, tirerait plutôt l’album vers le haut.

Malheureusement, même si pris séparément chaque morceau peut sembler sympathique, agréable, plaisant (même « High Places », enfin presque), le tout manque cruellement d’unité et cet assemblage artificiel tend à atténuer l’impact de tous les titres et à les rendre un peu ennuyeux. Pourtant, en terme de qualité, Crises n’est pas si éloigné d’un Five Miles Out. Mais la formule réutilisée est trop bancale. Il faudra attendre que Mike Oldfield choisisse avec plus de conviction son camp, pop ou prog (pas forcément définitivement, d’ailleurs), pour obtenir des albums plus efficaces et enthousiasmants. A suivre donc.

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   (3 chroniques)



- Mike Oldfield (guitares, basse, claviers, etc.)
- Simon Phillips (batterie, percussions)
- Phil Spalding (basse)
- Ant (guitares)
- Rick Fenn (guitare)
- Pierre Moerlen (vibraphone)
- Maggie Reilly (chant)
- Jon Anderson (chant)
- Roger Chapman (chant)


1. Crises
2. Moonlight Shadow
3. In High Places
4. Foreign Affair
5. Taurus 3
6. Shadow On The Wall



             



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