Recherche avancée       Liste groupes



      
SWAMP BLUES  |  COMPILATION

L' auteur
Acheter Cet Album
 



LONESOME SUNDOWN - I'm A Mojo Man (1994)
Par LE KINGBEE le 28 Mars 2016          Consultée 1001 fois

Cornelius Green est né en 1928 dans une plantation située à 50 bornes au sud de Baton Rouge (Louisiane). Redoutable guitariste, il débute en 1955 au sein de Zydeco Ramblers, l’orchestre de Clifton Chenier. Le bonhomme passe une audition infructueuse pour le label Specialty. Il joue ensuite en trio avec le batteur Lloyd Reynaud et l’harmoniciste Vince Monroe. C’est à cette époque qu’il se met au chant et à la composition. C’est sur la pointe des pieds que Green fait son entrée dans les studios du producteur JD Miller, l’instigateur du Son Excello. Celui-ci est à la recherche d’un nouveau talent capable de flirter avec le succès de Lightnin’ Slim. En 1956, il enregistre ses deux premiers titres pour l’écurie Excello. Notre guitariste est plus que surpris quand il voit l’inscription LONESOME SUNDOWN sur la rondelle du 45 tours. Miller a décidé de le renommer sous ce sobriquet qu’il estime plus vendeur. En 1965, après avoir gravé 16 singles pour le label Excello, SUNDOWN déçu par le peu de royalties que lui ont apporté ses disques se retire des studios et rejoint The Lord Of Jesus Christ Apostolic of the Faith, une congrégation religieuse pour laquelle il tient la guitare. Ce n’est qu’en 1969 que le label Excello lui consacre un premier album intitulé sobrement « Lonesome Sundown ». Pendant près de dix ans, le pauvre bougre occupe tous les métiers du bâtiment tout en élevant ses sept enfants. Ce n’est qu’en 1977 que son ami Phillip Walker parvient à le faire sortir de sa retraite l’emmenant enfin enregistrer l’album Been Gone Too Long sous la houlette de Bruce Bromberg. En 1982, surgissant tel un diable de sa boîte, il met en boîte Crawl Back To Louisiana édité par le label nipponais P. Vine. Il faudra attendre un an pour que Rounder rachète les droits et le réédite sous le titre de From LA to L.A. Après une tournée au Japon et en Suède, au début des années 80, le guitariste reprend son patronyme pour de bon. Cornelius Green rejoint le paradis des musiciens en avril 1994 suite à un AVC.

On peut trouver étonnant qu’un tel talent n’ait enregistré que trois albums. A l’époque où le guitariste débutait, les maisons de disques louisianaises se comptaient sur les doigts d’une main. Cornelius Green se démarquait des bluesmen locaux : il ne buvait pas, ne fumait pas, ne courait pas après les jupons, prêtait une attention à son apparence malgré de faibles revenus et a toujours été pratiquant. Cette icône du Swamp Blues, dans un registre nettement moins rural que Lightnin’ SLIM et moins Pop que Slim HARPO, avait fait l’objet de trois compilations sous les bannières du label anglais Flyright. Cette fois-ci, c’est à une autre maison d’édition anglaise que nous devons I’m A Mojo Man.

Cette compilation sort en 1994. Certains sites et slogans publicitaires annonçaient la présence de quatre inédits, comme indiqué sur la pochette dorsale. Encore faut-il s’entendre sur la définition du mot inédit. Si "Sundown Blues", "What You Wanna Do It For" et "I’m A Young Man" apparaissent pour la première fois, on notera que "When I Had I Didn’t" figurait sur un single couplé à "I’m A Simple Man". Certains crieront qu’il y a là tromperie sur la marchandise, avouons qu’il n’y a là pas mort d’homme, même si cette petite erreur est étonnante de la part d’un label si méticuleux. Il convient, malgré ce petit oubli, de saluer comme il se doit ce recueil remettant au goût du jour un guitariste oublié et honteusement sous enregistré. C’est la première fois qu’apparaissent autant de titres (24) de l’artiste sur un volume.

Revenons à notre Mojo Man : parmi ces 24 faces, 21 sont issues de divers singles mis en boîte entre 1956 et 1965 auxquelles viennent s’ajouter les 3 pièces inédites. Ces titres retranscrivent tout le talent et l’expressivité d’un artiste plus ou moins torturé, pris au piège entre ses convictions religieuses et ses enregistrements pour la musique du Diable. Excellent compositeur, superbe chanteur, Sundown était également un guitariste flamboyant. Adepte d’un phrasé de guitare se démarquant de ses collègues du Swamp Blues, Sundown a réussi à obtenir une fusion entre le registre Swamp, les influences de Guitar SLIM et des inspirations issues du Texas et de Californie pour un Blues sudiste terriblement terrien. Pendant près de dix ans, le guitariste a pu s’appuyer sur des accompagnateurs locaux qui ont mis en exergue son chant traînant et chaud et un jeu de guitare exceptionnel. Certains des sidemen ont fait également partie de l’aventure Slim Harpo.

A l’aise dans différents registres, le guitariste aimait varier les tempos. On retrouve ici des slows blues intenses marqués par des effets dramatiques : "I Stood By", "Lonely Lonely Me", "Sundown Blues", "I Woke Up Cryin'", "Hoodoo Woman Blues", "Lost Without Love" et son plus grand succès "My Home Is A Prison" dont l’intro servira de marque de fabrique sur les chansons lentes. Si les textes de Sundown sont souvent empreints de tristesse et de désillusion, le guitariste s’avère également dans son élément dans des tempos plus enjoués comme en attestent les titres "Don’t Go", "When I Had I Didn’t Need" (le fameux faux inédit), ou "I’m A Young Man". D’autres titres rentrent plus dans la configuration du Louisiana Blues, marchant ainsi sur les traces de Slim HARPO : "You Know I Love You" ou "It’s Easy When You Know How" dans lequel le sax de Lionel Prevost (aka Lionel Torrence) apporte une touche nouvelle orléanaise. L’artiste pouvait aussi rentrer dans des schémas typiques du Swamp comme en atteste "I Got A Broken Heart" avec un Sylvester Buckley impérial à l’harmonica. Les amateurs de Swamp poisseux peuvent aussi se délecter sur "Lonesome Lonely Blues". Comme tout bon maître-cuisinier, Sundown pouvait épicer sa sauce en ajoutant une bonne rasade de Tabasco, célèbre produit des environs qui fit la richesse d’Edmund McIlhenny. "Gonna Stick To You Baby" est une pièce proche d’un Rockab louisianais. Le guitariste n’hésite pas à durcir le ton avec les semi rock "I’m A Samplin’ Man" et "I’m A Mojo Home" dans lequel la rythmique de Guitar Gable fait aussi office de basse.

Une compilation servant de référence. Seul petit bémol : les titres sont placés dans le désordre le plus total. Malgré cette pagaille chronologique, avouons qu’on en reprendrait bien quelques cuillères de rab, il y avait assez de place pour glisser au moins cinq ou six titres supplémentaires. L’un des Must en matière de Swamp Blues, une compilation évocatrice et forte, une pierre angulaire du Blues des Bayous. N'en jetez plus, la coupe est pleine!

A lire aussi en BLUES par LE KINGBEE :


Lazy LESTER
I'm A Lover Not A Fighter (1994)
Un incontournable du swamp blues




The ANIMALS
Trackin' The Hits (1990)
Compilation idéale pour découvrir le groupe


Marquez et partagez





 
   LE KINGBEE

 
  N/A



- Lonesome Sundown (chant, guitare)
- Guitar Gable (guitare)
- Isaiah Chatman (guitare)
- Al Foreman (guitare)
- Leroy Washington (guitare)
- Clarence 'jockey' Etienne (batterie)
- Warren Storm (batterie)
- Sammy Hogan (batterie)
- Lloyd Reynaud (batterie)
- John 'fats' Perrodin (basse)
- Rufus Thibodeaux (basse)
- Bobby Mcbride (basse)
- Lazy Lester (harmonica)
- Sylvester Buckley (harmonica)
- Katie Webster (piano)
- Talton Miller (piano)


1. Gonna Stick To You Baby.
2. I'm A Mojo Man.
3. I Stood By.
4. Don't Go.
5. Lonely Lonely Me.
6. You Know I Love You.
7. Learn To Treat Me Better.
8. Lonesome Lonely Blues.
9. I'm Glad She's Mine.
10. Sundown Blues.
11. My Home Ain't Here.
12. What You Wanna Do It For.
13. I Woke Up Cryin' (oh What A Dream)
14. When I Had I Didn't Need.
15. I'm A Sampin'man.
16. Hoo Doo Woman Blues.
17. I'm A Young Man.
18. It's Easy When You Know How.
19. I Got A Broken Heart.
20. Don't Say A Word.
21. Lost Without Love.
22. Leave My Money Alone.
23. My Home Is A Prison.
24. Lonesome Whistler.



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod