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THRASH METAL  |  STUDIO

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- Style : Slayer, Annihilator
- Style + Membre : Metallica

MEGADETH - Rust In Peace (1990)
Par KID66 le 22 Mai 2016          Consultée 1394 fois

Bénéficiant d’une lancée colossale créée par Peace Sells et So Far, MEGADETH jouit d’ores et déjà d’une notoriété plaçant son leader Dave Mustaine sur le podium du Speed/Thrash aux côtés de METALLICA et SLAYER. Bien que tenter de les hiérarchiser n’a aucun intérêt et dépend pour le coup des gouts de chacun, on peut affirmer sans risque qu’à l’époque, MEGADETH doit se contenter de la troisième place. A l’aube des années 90, METALLICA a déjà plusieurs fois atteint les sommets du Thrash (Ride The Lightning et Master Of Puppets) et a renforcé sa légende avec un album torturé et polémique (le tout aussi magistral And Justice For All) tandis que SLAYER a vraiment posé les bases du genre (Show No Mercy) pour ensuite en repousser les limites (Reign In Blood). Il manque alors à MEGADETH un disque ultime, qui mettrait tout le monde d’accord, qui ferait de MEGADETH dans vingt ans un mythe invincible… Un album pour les gouverner tous.

Au terme des 80’s, les conditions ne sont pas vraiment réunies pour sortir une telle œuvre. Mustaine raconte lui-même le chaos dans lequel le « groupe » s’embourbe à l’époque : leur participation au Monsters Of Rock European Tour ne dure qu’un set à cause des problèmes d’addiction, Dave annule au dernier moment sa tournée Australienne, le lascar jette dehors ses collaborateurs Chuck Behler et Jeff Young… La descente aux enfers physique, sociale et mentale de Mustaine s’achève lorsque sa voiture se retrouve encastrée dans celle d’un policier alors qu’il était sous l’emprise de substances (ha ha ha). Le rouquin s’en tire avec quelques mois de cure de désintox et, à sa sortie, reprend les rênes de MEGADETH en engageant Nick Menza, le remplaçant de tournée de Behler, comme batteur officiel. Son choix de second guitariste portera sur Marty Friedman, un jeune homme au look étrange ayant déjà officié dans HAWAI et CACOPHONY, dont le style se rapproche bien plus du néo-classique d’un Malmsteen que de la NWOBHM… L’occasion d’un renouveau ?

En 1990, Mustaine sort son chef d’œuvre en accentuant à l’extrême tous les défauts habituellement imputés à MEGADETH. La production clinique, le chant vociféré de Dave, les rythmiques sévères et alambiquées concourent à donner à Rust In Peace sa froideur devenue légendaire. Le feeling jazzy débordant de Peace Sells et les lignes vocales touchantes de So Far n’ont ici aucune place ; ce quatrième disque a un objectif très clair : faire briller MEGADETH de mille feux dans un Thrash déshumanisé sans concession, à l’aide d’une technique démesurée. Le Metal est un style dont les chefs d’œuvre représentent souvent une sorte d’absolu, où l’excès est une arme et non une limite : Rust In Peace en est un exemple frappant. L’introduction de « Holy Wars… The Punishment Due » est limpide, les accents Punk et les débordements juvéniles des efforts précédents ont été gommés, tout n’est que maîtrise et puissance contrôlée.

En dépit de cette relative décoloration, le feeling est cependant bien présent, et on le doit en grande partie à Marty Friedman qui mérite bien un paragraphe entier. Guitar hero de génie, shreddeur infatigable et virtuose à l’inspiration intarissable, Friedman fait de Rust In Peace le théâtre où il révèle au monde l’immensité de son talent. Chacune de ses interventions transcende les morceaux, et affichent une légèreté, une précision et une classe insolentes. Je n’ose imaginer le nombre de milliers de metalleux ayant passé des heures à faire de l’air guitar sur les soli de Marty (moi compris, on les connait tous par cœur)… Ça semble tellement facile quand on l’entend ! La contribution de ce monsieur au statut d’album culte de Rust In Peace est totalement indiscutable. « Hangar 18 », « Take No Prisoners », « Lucretia », « Poison Was The Cure », « Tornado Of Souls »… Les exemples sont multiples.

C’est cependant bien le choc entre les deux univers de Friedman et Mustaine qui rend ce disque si impressionnant, ce dernier concentrant son travail sur la découpe chirurgicale de quelques-uns des riffs les plus acérés de sa carrière. Les rythmiques sont également taillées au rasoir, comme sur l’impériale « Lucretia », où les guitares véloces et tranchantes semblent danser sous la batterie martiale de Nick Menza. Elles s’envolent ensuite pour une section soli tout bonnement époustouflante. Dans un registre plus agressif, on ne présente plus le surpuissant « Take No Prisoners », sans doute le titre le plus Thrash du répertoire du groupe avec « Black Friday ». Mustaine y tricote avec une dextérité à la limite du surnaturel, faisant de ces 3 petites minutes un moment de carnage particulièrement éprouvant. Sachons également reconnaître la perfection technique du trop oublié « Rust In Peace… Polaris », véritable rouleau-compresseur au refrain on-ne-peut-plus fédérateur. Ici encore les guitares virevoltent avec une facilité quasi-miraculeuse.

Si Rust In Peace est un album de guitares, il donne également à Dave Ellefson l’occasion de montrer toute l’étendue de son talent (l’intro de « Peace Sells » est bien courte !) avec l’interlude « Dawn Patrol » et surtout lors de l’introduction de « Poison Was The Cure » ou de la première partie angoissante très réussie de « Five Magics ». Ce dernier titre est d’ailleurs très souvent oublié dans la discographie de MEGADETH, sans doute en raison de sa structure un peu incohérente, mais il réserve d’excellents moments dont un final démentiel que l’on doit à notre rouquin préféré. Une minute plus tard, l’excellent « Poison Was The Cure » lâche la meute, et elle court vite, très vite (ce riff est totalement inhumain). N’oublions pas non plus de citer Nick Menza, sans doute le meilleur batteur ayant officié chez MEGADETH ; son intelligence de jeu et ses influences musicales éclectiques sont ici nettement perceptibles.

En jetant un rapide coup d’œil aux set-lists du groupe on se rend vite compte que le disque est rempli de classiques, mais sur les six titres qu’il serait inimaginable de ne pas voir jouer en live, deux sont de Rust In Peace. « Holy Wars… The Punishement Due » est la référence absolue de MEGADETH en termes de complexité, de puissance et de classe. Il fait un peu office de « vitrine » du groupe, en montrant un visage plus mature (structure à tiroir, tempo ralenti) tout en gardant la férocité des disques précédents (l’accélération bestiale, le solo dantesque de Mustaine) avec une petite nouveauté : le break acoustique hispanisant de Friedman, idée qui sera beaucoup reprise par la suite. Second classique intemporel, « Hangar 18 » est un titre finalement assez surprenant, où Dave chante de façon plus mélodique (mais toujours aussi maléfique) qu’à l’accoutumée. Véritable bloc monolithique dans sa partie initiale, une accélération fulgurante introduit le fameux duel de soli Mustaine/Friedman qui n’en finit jamais, rythmé par un Nick Menza possédé… « Hangar 18 » est un exercice unique et réellement impressionnant, j’y ai cependant toujours trouvé Friedman bien plus fluide et à l’aise que notre rouquin international.

S’il m’est impossible de choisir un favori entre l’album rouge et l’album bleu, il est clair que Rust In Peace représente le sommet artistique de MEGADETH, dont l’intérêt ne se résume définitivement plus au seul Dave Mustaine. Les quatre musiciens livrent ici une œuvre qui marquera l’histoire du Metal, un frisson ininterrompu de 40 minutes, dont le paroxysme est pour beaucoup – et ils ont bien raison – l’extraordinaire « Tornado Of Souls ». On parle souvent du solo anthologique de Friedman mais c’est l’intégralité du titre qui est parfait !

On peut penser qu’après avoir créé la référence inégalable en terme de Thrash technique (bien que le duo Alice In Hell / Never Neverland d’ANNIHILATOR ne soit pas très loin), il est quelque part logique que MEGADETH ait décidé de quitter un monde où – finalement – tout était dit. Cependant… Même si la suite a comporté bon nombre de surprises et d’excellentes choses, je me demanderai toujours à quoi aurait ressemblé un Rust In Peace II.

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   KID66

 
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- Dave Mustaine (guitare, chant)
- Dave Ellefson (basse)
- Marty Friedman (guitare)
- Nick Menza (batterie)


1. Holy Wars... The Punishment Due
2. Hangar 18
3. Take No Prisoners
4. Five Magics
5. Poison Was The Cure
6. Lucretia
7. Tornado Of Souls
8. Dawn Patrol
9. Rust In Peace... Polaris



             



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