Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : The Beatles , The Move , Electric Light Orchestra
- Membre : Bun E. Carlos
- Style + Membre : Robin Zander

CHEAP TRICK - All Shook Up (1980)
Par JASPER LEE POP le 28 Mai 2016          Consultée 496 fois

Attardons-nous une minute sur la pochette avec cette locomotive à vapeur qui sort d'une porte entrouverte, clin d'œil à La Durée poignardée, le tableau de Magritte. On peut penser que le visage féminin aux lèvres rouges est aussi là pour rappeler le peintre belge. À moins que ce ne soit pour évoquer Dali ? C'est quoi cette histoire ? Les trublions de l'Illinois nous emmènent visiter le Louvre ? (Bon courage, les mecs, pour y trouver les surréalistes). Ça joue les esthètes maintenant ? On ne peut plus tranquillement vider des Budweisers et se goinfrer de pop corn en écoutant CHEAP TRICK ? Il faut avoir fait option Histoire de l'art pour apprécier les facéties de ces gars-là maintenant ? Remboursez ! C'est un peu la réaction qu'a eu le désormais grand public du groupe suite aux cartons successifs d'At Budokan et de Dream Police à la sortie de ce qu'il est maintenant convenu de considérer comme l'album le plus expérimental des Fab Four de Rockford.

Expérimental All Shook Up ? Il ne faut quand même pas exagérer non plus, Zander et Co ne sont pas partie dans un trip free jazz ou musique sérielle. En zicos ambitieux qu'ils sont, ils ont cherché à élargir leurs horizons de pop-rockers binaires bas du plafond comme l'avaient fait avant eux leurs héros des BEATLES et de the MOVE. Et quoi de mieux pour graver leur vision dans la cire que de faire appel à Sir George Martin, le légendaire producteur des scarabées (et à l'ingénieur du son Geoff Emerick) ? C'était somme toute logique, ces mecs-là sont des fondus des quatre de Liverpool, ils ne s'en sont jamais cachés et Nielsen et Carlos avaient même côtoyé leur idole LENNON sur des sessions pour Double Fantasy trop hard-rock pour Yoko. Alors pensez donc, George Martin aux manettes, c'est un rêve ! Le résultat est loin d'être aussi mauvais que beaucoup de fans ont voulu le dire et la production de Martin est même sacrément classieuse. N'empêche que l'écoute de All Shook Up ne convainc jamais totalement. Est-ce que le groupe s'est senti inhibé avec le grand homme derrière la console ? Peut-être mais la vérité semble plus basique : la qualité des compositions n'est simplement pas au rendez-vous.

Ça commence pourtant très bien avec "Stop This Game" qui démarre et qui se termine sur une tenue d'accord de synthé censé rappeler le final de "A Day in the Life" des BEATLES. Le morceau est joliment construit, luxueusement orchestré et Zander y déploie toutes les nuances de sa palette vocale (rappelons que le type a hérité du surnom d'homme aux 1000 voix). Le groupe s'essaie avec cette chanson à un registre plus épique (pompeux?) et le fait de façon plutôt convaincante. Mais après et dans le désordre, qu'est-ce qu'on a à se mettre sous la dent ? "Just Got Back", un rock up-tempo de facture classique et rassurante envoyé en deux minutes ? Mouais... Un quarté de pastiches avec "Baby Loves to Rock" qui recycle tous les plans éculés du Rock à la papa (Pourquoi ne pas reprendre "Don't Be Cruel" ? Oups ! Pardon, ils le feront), "World's Greatest Lover" qui pille sans vergogne la recette des ballades made in John LENNON avec grand renfort de cordes (on a beau avoir George Martin sous la main, il y a des limites), "I Love You Honey but I Hate your Friends", certifiée simili Rod STEWART et "Who D'King" une loufoquerie rythmique inutile censée se moquer du "Tusk" des FLEETWOOD MACK ? Avant de faire dans le pastiche, occupez-vous de vos compos, les gars !

Qu'est-ce qu'il reste de vraiment consistant ? Un "Can't Stop But I'm Gonna Try" plutôt bien troussé, les "High Priest of Rythmic Noise" avec xylophone et vocoder et "Go For the Throat (Use your Imagination)" assez barrés où les mecs partent dans tous les sens côté orchestration avec plus ou moins de réussite ? Pourquoi pas. Un "Love Comes a-Tumbling Down" pied au plancher en hommage à Bon Scott ? Bof. Comme sur toute la deuxième face, Zander s'y égosille en essayant de passer en force pour faire oublier que le morceau n'est pas transcendant. Bref, c'est clair que le compte n'y est pas.

CHEAP TRICK a donc voulu s'écarter de la recette de la chanson formatée destinée aux radios et s'aventurer sur des chemins de traverse. C'est parfaitement compréhensible et estimable chez tout musicien qui se respecte sauf que le groupe n'avait clairement pas les moyens de son ambition en terme de compos. Et puis attention au passage de ne pas perdre durablement la formule de la chanson simple et efficace, Graal que certains ne trouvent jamais. La source dans laquelle Nielsen puisait avec une aisance insolente semble se tarir dangereusement à l'aube de cette nouvelle décennie. Tom Petersson tirera sa révérence dès la sortie de l'album, insatisfait de l'évolution du groupe et influencé par sa femme Dagmar qui le pousse à chanter (On avait pourtant vu le massacre sur l'album précédent). On notera que la locomotive sur la pochette a quitté les rails. Ça n'est pas bon signe.

Note : 2,5 non arrondi à 3 car inférieur à Dream Police.

A lire aussi en ROCK par JASPER LEE POP :


CHEAP TRICK
At Budokan (1978)
Prophètes dans un autre pays.




Stevie SALAS
Back From The Living (1994)
Mélange des genres réussi.


Marquez et partagez





 
   JASPER LEE POP

 
  N/A



- Robin Zander (chant, guitare rythmique)
- Rick Nielsen (guitares)
- Tom Petersson (basse)
- Bun E. Carlos (batterie)


1. Stop This Game
2. Just Got Back
3. Baby Loves To Rock
4. Can't Stop It But I'm Gonna Try
5. World's Greatest Lover
6. High Priest Of Rhythmic Noise
7. Love Comes A-tumblin' Down
8. I Love You Honey But I Hate Your Friends
9. Go For The Throat (use Your Own Imagination)
10. Who D'king



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod