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- Membre : The Dead Daisies , The Mars Volta

The SCREAM - Let It Scream (1991)
Par JASPER LEE POP le 2 Septembre 2016          Consultée 1160 fois

À quelques jours de la rentrée scolaire, un petit rappel d'histoire s'impose pour repartir sur de bonnes bases en section rock : en 1991 sort le Nevermind de NIRVANA qui est communément considéré comme l'acte de décès du hair metal aux USA. Pour ceux qui l'ignoreraient, outre-Atlantique le terme hair metal regroupe dans un vaste panier tous les courants du hard US qui ont trusté les hit parades et fait les beaux jours de MTV pendant pas loin de dix ans, les musiciens de tous ces groupes ayant en commun d'avoir le cheveu long. Cobain et la vague grunge dont il est le chef de file sont tenus pour responsables du gigantesque coup de balai qui va être passé dans les maisons de disques. En effet, quasiment du jour au lendemain, les groupes estampillés hair metal considérés comme ringards vont soit être remerciés, voir leurs contrats non renouvelés ou leurs albums condamnés à l'échec faute de promotion.

C'est exactement ce qui s'est passé avec cet unique album de THE SCREAM et c'est bien dommage parce que tous les ingrédients étaient réunis pour que la recette prenne. À commencer par la composition du groupe, belle brochette de musiciens accomplis : trois d'entre eux sortent de RACER X, un groupe culte californien fondé par deux élèves du GIT* (Bruce Bouillet, Juan Alderete**) autour d'un des profs de l'institut (Paul Gilbert), augmentés du batteur Scott Travis qui quittera THE SCREAM avant l'enregistrement de l'album pour devenir salarié de l'entreprise métallurgique JUDAS PRIEST. Si la musique de RACER X tenait de la performance technique vite assommante, il n'en sera fort heureusement pas de même avec THE SCREAM. Il faut dire que les trois zigotos vont recruter au micro un chanteur hors pair en la personne de John Corabi, ex-ANGORA. Coffre, voix rappeuse gorgée de blues, belle présence, c'est la perle rare dont rêvent tous les groupes de l'époque. Le quatuor fait une si belle impression lors de ses prestations en concerts que la maison de disques qui croit encore au filon met la main à la poche et confie les potards à l'illustre Eddie Kramer qui concocte ici une production punchy aux petits oignons.

Let It Scream est un très bon album qui fait à lui tout seul une sorte de synthèse du hair metal. On y trouve pêle-mêle des petits brûlots bien envoyés (« Outlaw », « Give It Up »), des tempos rapides qui évoqueront un hard rock californien à la VAN HALEN (« Catch Me If You Can »), des incursions en funkytude (« Tell Me Why »), des chansons de saloon avec guitare lap steel et bottleneck (« Never Loved Her Anyway »). S'il n'y a véritablement aucun mauvais morceaux, les deux compos choisies comme singles sortent cependant judicieusement du lot avec le très Zeppelinesque « Man In The Moon » servi par un Corabi impérial et la jolie ballade « Father, Mother, Son » au texte inspiré. La seconde ballade (« You're All I Need ») n'échappe en revanche pas aux poncifs du genre (ce titre déjà !), même si Bouillet la sauve de la casse grâce à un solo bien senti.

On résume : de bonnes chansons jouées avec conviction par d'excellents musiciens et servies par une production classieuse donc. Du coup, certains en ont vite conclu que si Cobain avait fait médecine plutôt que guitare et héroïne, cet album aurait pu connaître le succès qu'il méritait. Finissons-en avec cette fausse idée, Cobain et le grunge ne sont pas les fossoyeurs du hair metal. Les maisons de disques avaient tellement exploité le filon en signant des clones de clones de clones que le genre exsangue devenu caricatural au possible était de toute façon voué à l'implosion. Let It Scream est arrivé trop tard pour créer la moindre surprise. Le fan de ce style était capable de deviner à l'avance le moindre coup de cymbale, de prédire le moindre break. Tous les plans joués sur cet album ont été mille fois joués auparavant. Reste un album d'excellente facture testamentaire d'un genre, c'est déjà pas mal, non ? John Corabi ira remplacer Vince Neil chez MOTLEY CRUE mais même ces poids lourds n'ont plus le vent en poupe à cette époque et la seule galette intéressante de ce groupe médiocre passera inaperçue. THE SCREAM enregistrera un second album dans un style funk rock avec le chanteur Billy Fogarty qui ne verra jamais le jour.***

* Le Guitar Institute of Technology sur Hollywood Boulevard, aujourd'hui le Musicians Institute.
** crédité John Alderete sur cet album et sur ceux de RACER X. Il rejoindra ultérieurement THE MARS VOLTA.
*** On peut écouter les morceaux de cet album sur le site de RACER X : http://www.racerxband.com/scream.htm

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   JASPER LEE POP

 
  N/A



- John Corabi (chant, guitare acoustique)
- Bruce Bouillet (guitares)
- John Alderete (basse)
- Walt Woodward Iii (batterie)
- Ray Gillen (chœurs)
- Jeff Martin (chœurs)
- Jimmy Waldo (hammond b-3)


1. Outlaw
2. I Believe In Me
3. Man In The Moon
4. Father, Mother, Son
5. Give It Up
6. Never Loved Her Anyway
7. Tell Me Why
8. Love's Got A Hold On Me
9. I Don't Care
10. Every Inch A Woman
11. You're All I Need
12. Catch Me If You Can



             



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