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AOR POGRESSIF  |  STUDIO

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1974 Kansas
1975 Song For America
  Masque
1976 Leftoverture
1986 Power
2016 The Prelude Implicit
 

- Style : Rush, Styx, Ayreon
- Membre : Steve Walsh , Deep Purple

KANSAS - The Prelude Implicit (2016)
Par LONG JOHN SILVER le 15 Octobre 2016          Consultée 987 fois

Ça fait un bail que je tente d’aborder le sujet Prelude Implicit, que j’essaie de cerner la chose en demeurant interdit devant l’objet à la pochette fantastique (dans toutes ses acceptions) qui se présente devant moi, mais aussitôt j’esquisse un pas de côté pour esquiver. Aussi parce que depuis que ce disque est paru, ce sont les louanges unanimes qui déferlent. Sans oublier les seize ans qui le séparent du précédent. Le départ de Steve Walsh, les nouveaux membres et tout le tintouin. KANSAS est un groupe de seconde catégorie - c’est déjà bien -, qui perdure sur une histoire concentrée sur ses premières années. Du Hard Prog pas trop hard sans être tout à fait Prog, joué par une formation nord américaine dans la cour de JOURNEY, STYX, RUSH ou TOTO. Et entre nous, plus de la moitié des quatre (derniers) groupes cités sont de très mauvais goût. Autre argument qui n’emballera peut-être pas les fans de hardcore ou de dubstep : KANSAS a commencé par puiser entre GENESIS et YES, en y ajoutant des touches de DEEP PURPLE ce qui a eu pour effet de d’aboutir à un Hybride de JETHRO TULL et d’URIAH HEEP à la sauce barbecue US. Ce qui n’est pas un moindre exploit, les débuts sont impressionnants. La suite plus laborieuse.

Alors oui, il y a un successeur à Steve Walsh, qui a préféré se retirer. Oui, il chante bien. Mais ce n’est pas un petit jeune non plus : avant KANSAS, il avait un vrai boulot en plus de faire chanteur. Son abnégation lui a permis de sauter le banc. Sur « With This Heart », on est même agréablement surpris, ça part sur une rythmique tribale, la voix de Ronnie Platt est parfaitement dans les clous… de celle de Steve Walsh ! Pourtant je demeure perplexe même si « With This Heart » est un bon titre, pas réellement prog (donc), imposant et propre. Probablement trop. Et non, ce qui s’ensuit n’est pas nul, ni médiocre. Ce qui s’ensuit est décevant. Sauf « Summer », chantée par le bassiste Bill Greer. C’est le meilleur passage du disque, le plus rock, celui où on aligne les mélodies qui font mouche sur une structure à tiroirs, qui nous ramène à la sensation des titres écrits par Kerry Livgren et Steve Walsh.

Dans le ventre mou mais sympathique, impossible de haïr « Camouflage ». Williams et Rizvi – qui tient une place déterminante ici – envoient les soli. « Crowded Isolation » lorgne davantage sur RUSH, c’est pas plus mal. Alors oui, il y a de fortes réminiscences du passé fastueux : le violon sur « The Unsung Heroes » est une copie conforme de ce qu’on entend sur Leftoverture et consort. Il s’agit d’une ballade r'n’b old school or ça colle plutôt mieux, paradoxalement. « Rythm In The Spirit », bien lourd sur son riff, flirte rapidement avec le rn’b/pop mouliné d'AOR avant de revenir aux conventions, c'est un filler altier. La ballade (opportunément ?) folk, « Refugee », n’est pas la nouvelle pépite insurpassable, elle n’est pas plus un repoussoir. Elle passe. « Visibilty Zero » est donnée en single, cette chanson paraît déjà trop mièvre alors qu’on avait bien compris où étaient les balises. The Prelude Implicite fait plus souvent penser à ASIA qu’à – disons – KING CRIMSON. Oui, il m’arrive d’invoquer des horreurs. Pas de panique : les musiciens sont là pour éviter de sombrer dans l’AOR le plus crasse même si on n'est pas loin du cou. On cite « The Voyage Of The Eighteen » en brandissant l’étendard du retour aux instants du passé flamboyant. Dois-je répondre « Magnus Opus »* ? Si comparaison n’est pas raison l’affirmation précédente l’est encore moins. « Section 60 » est une conclusion en forme drapeau aux cinquante étoiles, comme si on n’en n’avait jamais soupé. Les adeptes des versions Deluxe trouveront deux titres supplémentaires, deux reprises, tout à fait dispensables.

KANSAS aurait pourtant fait du (très) bon KANSAS. Voilà ce qu’on dit. Aussi de saluer un retour discographique inespéré, rendu possible par la défection de Steve Walsh en 2014. On annonce que le Phénix renaît de ses cendres créatives longtemps enfouies, le groupe ne compte pas s’arrêter là. Ses membres fondateurs, Phil Ehart et Rich Williams, affirment qu’ils possèdent la santé, on leur espère bon vent. The Prelude Implicit ne possède cependant pas suffisamment de ressort en dehors de sa pochette, dommage. D’ailleurs, cela me fait penser qu’on oublierait presque Robbie Steinhardt quand on évoque les périodes révolues, sa voix contrebalançait parcimonieusement autant que judicieusement celle si particulière de Walsh. Ça faisait bel effet. Alors les comparaisons stylistiques avec ce qui fut jadis, pourquoi pas. Les affirmations enthousiastes, pas nécessairement. Car il a été écrit que tout ceci n’est que poussière dans le vent. Comme un bel objet qu'on laisse serré sur une étagère parce que ça fait joli.

* Album Leftoverture (1976)

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Rich Williams (guiatre)
- Phil Ehart (batterie)
- Bill Greer (basse, chant sur 8, choeurs)
- David Ragsdale (violon, choeurs)
- Ronnie Platt (chant, piano sur 6)
- Zach Rizvi (guitare, choeurs)
- David Manion (claviers)


1. With This Heart
2. Visibility Zero
3. The Unsung Heroes
4. Rhytm In The Spirit
5. Refugee
6. The Voyage Of The Eight Eighteen
7. Cammouflage
8. Summer
9. Crowded Isolation
10. Section 60
11. Home Of The Range (bonus Ed Deluxe)
12. Oh Shenandoah (bonus Ed Deluxe)



             



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