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ROCK FUSION UNDERGROUND  |  OEUVRE

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- Style : The Suite Unraveling , Autoryno, Ornette Coleman
- Membre : Painkiller, Hudson, Nevermen, Peeping Tom, Christian Marclay , Reed / Anderson / Zorn, Faith No More, Tomahawk, Medeski Scofield Martin & Wood, FantÔmas, Mr. Bungle, John Scofield , Secret Chiefs 3
- Style + Membre : Masada String Trio, Naked City, Masada, Rashanim, Zebrina, Sonny Clark Memorial Quartet, Bar Kokhba Sextet
 

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John ZORN - Masada 2, Vol 29. : Autoryno, Flauros (2016)
Par TEEMO le 26 Novembre 2016          Consultée 1412 fois

En seulement deux albums, le trio français AutorYno a convaincu plus d'un mélomane avec sa formule unique et novatrice. La bande de David Konopnicki a fait son premier pas dans le cercle de John ZORN avec « Cosmopolitain Traffic » enregistré sous le label Tzadik. Participer au fameux « Book of Angels », pierre angulaire de la carrière du saxophoniste, après seulement deux albums c'est une aubaine pour les Français.
Récemment, AutorYno a partagé la scène avec le groupe ABRAXAS mené par Ezra Blumenkranz, autre satellite du label Tzadik à l'origine du superbe « Psychomagia » et formé à l'occasion du volume 19 du Book of Angels.

Pour les fans de John Zorn comme pour les amoureux de la musique d'AutorYno, l'annonce de la sortie de cette collaboration était un événement fort heureux et pourtant inattendu. Après le refus de Guillaume Perret de participer au projet, refus ayant naturellement entraîné la défection des fans, l'un des derniers volumes du « Book of Angels » est finalement confié au trio français. Des compositions de John ZORN arrangées et interprétées par l'une des formations les plus sauvages de la scène underground actuelle, et française qui plus est ! Pouvait-on rêver mieux ? L'album enfin sorti, les critiques sont unanimes, la presse ne manque pas d'encenser ce nouvel album. Mais la performance est-elle vraiment à la hauteur de nos espérances ?

Premier constat : si la prise de maturité musicale entre « Pastrami Bagel Social Club » (2010) et « Cosmopolitain Traffic » se veut flagrante, elle se veut nettement moins évidente avec « Flauros ». Dès la première écoute, on a l'impression qu'AutorYno fait du sur-place : même son, même phrasé, impression de déjà-vu. Même après quelques écoutes plus attentives, il est difficile de se persuader du contraire. Le tout est étouffant et manque de mélodies vraiment mémorables. Certes, la patte AutorYno est bien là et la production permet de créer une vraie unité entre les trois membres. Mais au-delà des thèmes de John ZORN manquant de saveur, le travail de la mélodie est bien moins poussé que sur « Cosmopolitain Traffic ». De plus, la structure des morceaux se veut plus linéaire que dans les deux productions précédentes : pas de pont ou de partie imprévisible, pas de solo de basse slappée qui surgit de nulle part tel un diable de sa boîte ou de ligne de guitare envoûtante (si ce n'est « Shahariel » dont le thème lancinant fait tout de même son effet). On en oublie presque que David Konopnicki joue sur une guitare fretless !
La musique est clairement plus brutale et crue - comme en témoigne « Dallassin » - mais dans l'ensemble ne laisse point trop place au groove et à cette folie surprenante qui faisait le charme de morceaux comme « Crapaud ». Des riffs sales, durs et rentre-dedans qui plairont à certains, mais pas forcément à ceux qui restent bouche-bée à l'écoute des lignes enchanteresses de guitare de « Bratislava » et « Wroclaw » !
AutorYno marque toutefois un point avec « Abrimas ». 51 petites secondes au compteur, une rythmique tourbillonnante tel un ouragan et un thème extrême et dissonant, on croirait un clin d’œil au brillant album « Psychomagia » et au groupe Simulacrum, tous deux menés par ZORN.

« Flauros » a tout d'un album homogène doté d'une ligne de conduite cohérente, franche et nette, qualités que l'on ne peut lui ôter. De plus, un vrai travail sur l'atmosphère a été réalisé : la guitare revêt diverses sonorités qui, couplées à de simples accords ou arpèges, installent des paysages bien souvent sombres et pesants. Pourtant, cela peinera à toucher un public plus sensible aux mélodies aiguisées auxquelles les Français nous avait habitués. Exemple typique : « Bethuel ». Rien de déplaisant mais le morceau semble être toujours sur les starting blocks sans que rien ne se passe. Quelques effets par-ci par là entre deux citations d'un thème une fois de plus froid et sévère, mais c'est tout. Certes, une certaine tension plane, notamment grâce à un duo basse/batterie haletant, mais le morceau semble ne rien raconter, du moins rien de touchant. Cela résume un peu « Flauros » dans son intégralité. Les morceaux s'enchaînent tandis que l'on surprend notre attention nous faire défaut de temps à autre, et, une fois les 45 minutes et 10 pièces achevées, on se retrouve fort dépourvu en constatant un bilan assez peu loquace.

On a envie d'aimer cet album car c'est la réunion de deux artistes fantastiques, on a envie de faire honneur à AutorYno qui nous avait fait frénétiquement hocher la tête avec son furieux mélange de rock (on se souvient avec émotion de « Ouverture Automatique » et de sa clarinette folle !), on voudrait une fois de plus adresser une critique dithyrambique au sujet d'une œuvre de ZORN... mais voilà, le résultat déçoit.
AutorYno, par le biais de John ZORN, a clairement emprunté une esthétique bien marquée pour « Flauros », plus obscure et sérieuse. La démarche passéiste qui consiste à dire « c'était mieux avant » n'est pas toujours louable, surtout quand il s'agit d'une critique négative. Mais force est de constater que la déception est bien présente et que l'étincelle qui nous avait scotchés à la découverte du trio ne prend pas !

Note réelle : 2,5/5

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   TEEMO

 
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- David Konopnicki (guitares)
- Bertrand Delorme (basse)
- Cyril Grimaud (batterie)


1. Carcas
2. Saelel
3. Uvmiel
4. Adoyahel
5. Qaddisin
6. Shahariel
7. Abrimas
8. Bethuel
9. Achusaton
10. Kaniel



             



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