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HARD ROCK  |  STUDIO

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2016 Resonate
 

- Membre : California Breed, Black Sabbath, Red Hot Chili Peppers, Gary Moore
- Style + Membre : Deep Purple, Joe Lynn Turner

Glenn HUGHES - Resonate (2016)
Par JASPER LEE POP le 28 Novembre 2016          Consultée 1382 fois

La vérité, c'est que je ne me destinais pas à devenir chroniqueur sur FP pour gagner ma vie (Chut, gardez ça pour vous, certains collègues font ça bénévolement). Ceux qui me lisent régulièrement auront sûrement deviné que ma vocation était de devenir garçon coiffeur. Maintenant que j'ai fait mon coming out, allons à l'essentiel : Glenn s'est fait faire une petite permanente et on applaudit ce choix. Ces derniers temps, il arborait une espèce de crête improbable et on était gêné pour le bonhomme tellement c'était ridicule. Le Glenn Hughes nouveau nous revient donc avec un cheveu souple, légèrement bouclé, qui lui donne bien meilleure mine. Allelujah !

On peut maintenant passer au superflu : l'ancien Trapéziste Glenn Hughes, 65 ans, est de retour avec un nouvel album solo sous le bras, huit ans après son dernier en date. Ouais, enfin ça n'est pas comme s'il avait chômé dans l'intervalle, entre BLACK COUNTRY COMMUNION, CALIFORNIA BREED et VOODOO HILL. Il est aussi passé sur le billard à plusieurs reprises pour le palpitant et un genou. En solo, Hughes nous avait habitués à des livraisons de plus en plus imprégnées de soul et de funk culminant avec le sympathique mais inégal First Underground Nuclear Kitchen. Distribué sur un label rock et mal promu, il en avait vendu deux douzaines. Glenn a donc fait le point : qu'il le veuille ou pas, son imposante carrière le range définitivement dans la case hard-rock. Son nouvel album sera distribué par Frontiers, un label de hard-rock. Il va donc livrer un disque de hard-rock. Et comme le vieux baroudeur ne fait pas dans la demi-mesure, il va frapper fort.

« Heavy » ouvre le bal de la meilleure des façons et donne le ton dominant de l'album. Il n'y a pas tromperie sur la marchandise, c'est effectivement heavy à souhait avec le fidèle pote Chad Smith des RED HOT CHILI PEPPERS qui frappe sur ses peaux comme si sa vie en dépendait. On poursuit sur un tempo plus trépidant avec « My Town » au refrain super catchy. On est déjà un peu groggy et Bim !, on se prend « Flow » sur les cervicales, un morceau en Drop D tuning à son âge, on n'en croit pas ses oreilles. On résume : les riffs sont heavy à mort, pachydermiques mais l'ensemble reste diablement groovy grâce à cette basse exquise jouée par le maître (il faut rappeler chronique après chronique à quel point Hughes est un grand bassiste). Et puis, il y a cette voix. Alors OK, ce n'est pas nouveau et ce n'est pas pour rien qu'on surnomme Papy Glenn « The Voice of Rock » mais j'ai toujours trouvé qu'il avait une fâcheuse tendance à en faire des caisses et à trop pousser dès le début des morceaux. Déjà chez Purple, il essayait d'éclipser Coverdale. Chez BCC que j'aime bien par ailleurs, il envoyait la sauce dès le premier couplet et ça finissait par lasser. Rien de tel sur cet album où il emploie les trésors de sa palette vocale à bon escient en dosant parfaitement douceur et puissance, feeling et agressivité. À ce niveau-là et à cet âge-là, c'est juste une leçon.

Déjà présent sur les trois morceaux inauguraux, le clavier se fait davantage entendre sur « Let It Shine » et surtout sur « Steady ». Et là, on se dit que ce n'est pas la permanente de Hughes qu'il fallait remarquer en jetant un coup d'œil à la pochette. C'est la couleur du lettrage, un beau violet bien profond. Glenn Hughes récemment intronisé avec DEEP PURPLE au Rock and Roll Hall of Shame pour sa participation au Mark III a donné à Lachy Doley une feuille de route sans ambiguïté : hommage à l'immense Jon Lord. Et le jeunot s'acquitte très bien de sa mission en occupant un vrai rôle dans le groupe au contraire de Sherinian chez BCC, écrasé par Bonamassa.

« God of Money » est une chanson sombre et écrasante dans laquelle Hughes condamne les dérives de notre monde obsédé par l'argent. C'est beau. Et la suite de l'album est encore plus intéressante grâce à davantage de diversité. Soren Andersen nous la joue funky à l'instar d'un Stevie SALAS sur le jouissif « Landmines », contraste entre intro sereine et montée en puissance sur la ballade « When I Fall », simplicité et efficacité avec « Stumble and Go » et sa progression d'accords réminiscente du « Rockin' In The Free World » de Neil YOUNG. On cherche le défaut, on guette la baisse de régime. Je cherche encore. Et ce n'est pas le titanesque « Long Time Gone » qui termine la galette* avec le retour de Chad Smith aux baguettes qui changera la donne. Et la gageure, c'est que cette alliance de riffs surpuissants, de claviers vintage et de soul sonne relativement moderne.

Si comme moi, vous rêviez d'un opus de Glenn Hughes sans déchets dans lequel celui-ci dose intelligemment sa sublime et puissante voix, ne cherchez pas plus longtemps. Il l'a fait et il s'appelle Resonate et a des allures d'album de l'année du mois de la semaine. Heu... ?

*Une édition Deluxe propose « Nothing's the Same » en bonus track, une superbe ballade en guitare acoustique avec un final vocal ahurissant du père Glenn.

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   JASPER LEE POP

 
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- Glenn Hughes (basse, chant)
- Soren Andersen (guitare)
- Lachy Doley (claviers)
- Pontus Engborg (batterie)
- Chad Smith (batterie)


1. Heavy
2. My Town
3. Flow
4. Let It Shine
5. Steady
6. God Of Money
7. How Long
8. Landmines
9. When I Fall
10. Stumble And Go
11. Long Time Gone
12. +
13. Nothing's The Same



             



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