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HARD BOP  |  STUDIO

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- Style + Membre : Ornette Coleman , Dexter Gordon

Herbie HANCOCK - Takin' Off (1962)
Par TEEMO le 16 Décembre 2016          Consultée 658 fois

Du haut de ses 22 ans, le jeune prodige Herbert Jeffrey Hancock amorce son « envol » au début des années 60 avec le bien nommé album « Takin' Off ». Auparavant soliste du Chicago Symphony Orchestra et interprète des concertos de Mozart et Bach, comme de nombreux pianistes de jazz (citons son contemporain Chick Corea) tout le prédestinait à une carrière de pianiste classique. Or, il se retrouve vite happé par le monde du swing et de l'improvisation notamment grâce à l'écoute d'Oscar Peterson, de George Shearing et de Chris Anderson. Son talent lui vaut d'attirer rapidement l'attention de quelques pointures du genre tels que Coleman Hawkins et Donald Byrd. Après avoir pris ses marques au sein du prestigieux label new-yorkais Blue Note, convié par Byrd au cours de l'année 1961, Hancock grave enfin son premier disque.

Le succès de « Takin' Off » a été si immédiat que la presse a qualifié ce début de carrière comme étant l'un des plus stupéfiants et fulgurants de l'histoire du jazz. Le thème de « Watermelon Man » est évidement le principal responsable de cette ascension en flèche des charts ; Herbie le confesse volontiers, ce morceau a été écrit dans le but de toucher un public large afin de braquer d'ores et déjà les projecteurs sur lui (Cette démarche reste néanmoins très marginale au sein de la discographie du pianiste.). Et il faut avouer que la composition en jette avec sa chaleureuse progression d'accords bluesy se mouvant au gré d'une rythmique dansante* empruntée à la habanera et distillant une mélodie nonchalante teintée de gospel. Ce « tube » a tout pour plaire, et pas seulement aux néophytes du genre ! Le morceau a connu son succès planétaire grâce à la reprise du percussionniste cubain Mongo Santamaría (compositeur du fameux standard du jazz « Afro Blue » que John Coltrane a rendu célèbre avec ses propres arrangements).

« Takin' Off » évolue dans la plus pure lignée des albums de hard bop, style de jazz apparu dans les années 50 avec Art Blackey, Miles Davis, John Coltrane, Horace Silver et bien d'autres. Hancock semble au passage adresser un clin d’œil à ce dernier avec le morceau « Driftin' » dont le thème percussif et franc rappelle la manière qu'avaient Silver et ses fidèles souffleurs de scander des mélodies imprégnées de musique afro-américaine. D'ailleurs, l'un des éléments clés de cette mouvance « hard » directement opposée au cool jazz, est la présence de cuivres et de saxophone particulièrement mis en avant. Les deux solistes que Hancock a engagés pour l'accompagner lors de ses premiers pas ne sont autres que le saxophoniste ténor Dexter Gordon et le trompettiste Freddie Hubbard alors âgé d'une vingtaine d'années seulement.

Si « Watermelon Man » vous empoigne avec son caractère percutant, on constate que la suite de l'album se veut bien plus profonde et sombre. Les arrangements et l'harmonie se veulent déjà complexes et riches et l'improvisation trouve toujours le moyen de nous captiver, tant par la justesse de son exécution que par son aspect accessible. Herbie Hancock et son phrasé raffiné et sobre mène la danse avec élégance tandis que les chorus de Gordon et Hubbard cisèlent les mélodies avec précision et netteté. Ainsi, « The Maze » dévoile quelque chose de magique avec son approche mélodique très mineure et sa section rythmique au swing dru. Tandis que « Alone and I », soutenu par un tempo berçant tout en retenu, emporte la mélancolie à son paroxysme. Les soli pétillent comme des flammes ardentes sur « Three Bags Full » alors que gronde la contrebasse de Butch Warren et que les roulements de batterie de Billy Higgins s’abattent telles les vagues d'une mer houleuse.

« Takin' Off » évolue tout en souplesse et finesse, et, en ce sens, constitue l'un des opus les plus conventionnels de Hancock. Il n'en reste pas moins un moment de hard bop fort séduisant que l'aspect commercial ne vient en aucun cas entacher. Et pour cause, ce premier effort solo lui vaudra d'attiser la curiosité de Miles Davis en personne qui, en 1962, l'invita à le rejoindre aux côtés de Ron Carter, Tony Williams et George Coleman. Parallèlement à sa carrière solo, Herbie Hancock participe donc à la genèse du jazz fusion sous la houlette du grand Miles Davis, alors lui aussi en plein élan créatif. Mais ça, c'est une autre histoire !

* Rythmique inspirée du claquement que produisait la carriole du « vendeur de pastèque » sur les pavés des rues de Chicago et thème reprenant les cris de ce dernier !

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   TEEMO

 
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- Herbie Hancock (piano)
- Freddie Hubbard (trompette)
- Dexter Gordon (saxophone)
- Butch Warren (contrebasse)
- Billy Higgins (batterie)


1. Watermelon Man
2. Three Bags Full
3. Empty Pockets
4. The Maze
5. Driftin'
6. Alone And I



             



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