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- Style : The Rolling Stones , The Animals , The Yardbirds , The Pretty Things , The J. Geils Band , The J. Geils Band , The Crawdaddys , The Purple Helmets
- Membre : Van Morrison

THEM - Them Again (1966)
Par LE KINGBEE le 11 Janvier 2017          Consultée 135 fois

Alors, première question, s’agit-il ici véritablement du second disque des THEM ? La question peut surprendre mais doit en effet se poser puisqu'entre « The Angry Young Them ! » souvent appelé « Them » et ce « Them Again », il existe un album intitulé « Here Comes The Night » publié en 1965 par le label américain Parrot Records. Alors oui, on a bien affaire ici au second disque des Irlandais, l’album Parrot n’étant qu’une compilation faite de bric et de broc.

Ouf, nous voilà saufs, à part qu’on a encore des doutes sur la date de cet enregistrement. Ne prenons pas de risque inutile et situons ces titres en septembre 1965. De toute façon, le groupe n’existe plus puisque splitté en juin de l’année suivante. Oui, mais quand même, sur FP, on aime bien savoir qui est qui et qui fait quoi, en clair qui joue !

Il faut avouer que les incessants changements de line-up ne rendent pas la chose facile. Il arrivait que certains membres changent d’une semaine à l’autre selon les disponibilités de chacun et l’humeur de Van Morrison. Le manque d’archive et les souvenirs contradictoires des différent membres nous plongeraient pour un peu dans le brouillard, mais quoi de plus normal quand on est en Angleterre !
Allez, ne tournons pas autour du pot, ce « Them Again » est enregistré par Van Morrison, le bassiste Alan Henderson et de nouveaux venus : le guitariste Jim Armstrong en provenance des Melotones, le batteur John Wilson (ex Mistits et futur Taste) et Ray Elliot, un excellent multi instrumentiste (piano, flûte, clarinette, vibraphone) qui sévissait au sein des Golden Eagles et du Broadway Showband (sur la pochette c’est le barbu à côté de Morrison).

Si Van Morrison diversifie son répertoire et essaie d’apporter une touche de sophistication parfois empruntée au Jazz, le disque fait un flop. Decca sort bien un premier single regroupant « Call My Name » couplé à « Bring Em On In » afin de promouvoir l’album. Oh, la firme tente une seconde tentative en éditant un second single regroupant « Call My Name » et l’excellent « Richard Cory », mais rien n’y fait. En fait, le groupe est quasiment mort, la faute aux différents sessionmen peu inspirés. Ce disque ne se résume qu’à la présence du chanteur et de son fidèle bassiste, trop peu pour faire monter une mayonnaise qui va vite tourner en eau. Et pourtant quel groupe ! Curieusement, THEM tourne encore beaucoup, la formation se produit dans toute l’Angleterre et en Irlande et passe même à L’Olympia en octobre.

Sur 16 titres, Morrison a torché cinq chansons. Hormis la ballade « Hey Girl » avec un passage de flûte à la If et « My Lonely Sad Eyes » un mélange folk bluesy, les autres originaux ne tiennent pas la route et n’attirent pas l’oreille, comme si Morrison avait voulu brouiller les pistes. Tommy Scott, le producteur, a bien essayé d’apporter son obole avec quatre titres (dont un sous le pseudo de Gillon) mais ceux-ci se révèlent sans saveur. Comble de l’ironie « I Can Only Give You Everything » qui aurait pu faire un tabac avec un peu d’implication deviendra un hit mineur des Troggs en janvier 1967. Seul « How Long Baby », un slow R&B sur fond d’orgue, parvient à faire illusion.

Alors, il nous reste les reprises, soit la moitié du disque, mais quand ça ne veut pas … Van Morrison essaie bien de mettre le feu sur « Something You Got », une reprise de Chris Kenner, mais hormis la voix rien ne va. Cette reprise est même inférieure à celle des MOODY BLUES enregistrée quelques semaines plus tôt. Ne parlons pas des versions postérieures de Wilson Pickett, Arthur Conley, Barbara George ou du duo Chuck Jackson/ Maxine Brown. Le groupe booste le tempo sur « I Got A Woman », gros succès de Ray Charles, mais si l’énergie est bien là, le groove et le feeling se perdent en route. Idem pour « Out Of Sight », composition de James Brown (sous le pseudonyme Ted Wright), qui allait lancer et révolutionner le Funk. La version nous paraît inférieure à celles des Gants, des Raiders de Paul Revere. L’accélération du rythme fait perdre toute l’essence au titre. On ne compte plus le nombre de versions qu’a suscitées « Hello Josephine », gros standard du tandem Dave Bartholomew/Fats Domino et hymne de la Crescent City. Le titre a été repris à la sauce Rock par une multitude de petits combos blancs (américains et britanniques) durant les sixties. On se souvient bien sûr de la version originale du grand Fats pour Imperial, de celles de Jerry Lee Lewis, des Flamin’ Groovies ou des Destroyers de George Thorogood. Les THEM en délivrent une version quelconque qui n’arrive jamais à se démarquer ni à s’emballer. Le titre semble avoir le cul entre deux chaises, entre R&B et Rock British. Ce tube a depuis connu de superbes interprétations (le pianiste Henry Gray, le guitariste mal voyant Snooks Eaglins ou les Holmes Brothers). Ce gros tube est aussi tombé dans l’escarcelle de nombreux groupes de Zydeco qui lui ont insufflé un groove et une festivité incroyables et il faut bien avouer que la présente version fait pâle figure à côté de celles précitées.

Au rayon des réjouissances, THEM offrent une excellente reprise du « It’s All Over Now, Baby Blue », titre emblématique teinté de pessimisme de Bob DYLAN. Ce standard mis à toutes les sauces a connu au fil des ans de bonnes covers (Joan BAEZ, THE BYRDS, The Chocolate Watch Band jusqu’à la version new wave d’Echo & The Bunnymen) mais nos THEM s’en tirent plutôt bien. L’orgue délicat de Ray Elliott permet de lancer la voix de Morrison sur de bons rails. Une reprise gorgée de feeling qui s’inscrit résolument parmi les meilleures. Autre bon moment avec « I Put A Spell On You » de Screamin’ Jay Hawkins. Repris à moult reprises, ce titre crépusculaire devait être initialement enregistré sous la forme d’une ballade. Le Père Hawkins, probablement bien alcoolisé lors de la session, a dérivé sa ballade vers le voodoo. Les THEM en offrent une version soft et agréable presque du même calibre que celle du Creedence Clearwater Revival, la rythmique en moins. Ce classique a pourtant connu son lot d’horreurs (Nina SIMONE, Bryan FERRY, Bonnie TYLER sans oublier notre Garou presque National (Ah, si nos amis canadiens pouvaient se le garder !). Terminons ce panorama par le coup de canon de l’album : « Turn On Your Love Light », œuvre de Don Robey popularisée dès 1961 par Bobby Blue Bland pour Duke Records. Ce classique a connu d’excellentes reprises (Gene Chandler, Oscar Toney Jr., Pig Pen ancien membre du Dead dans une version hallucinante digne de BLACK PEARL ou J. GEILS BAND, Bob SEEGER) et hélas d’innombrables purges (The High Spirits, The RIGHTEOUS BROTHERS, Tom JONES, Gloria LYNNE, Conway Twitty). Comme maître d’œuvre, Morrison nous assène ici un chant percutant, habité, se rapprochant des prêches d’un prédicateur en transe, remarquablement saupoudré par l’orgue et le farfisa et un tambourin qui ne cesse de relancer la machine.

L’album sort dans les bacs des disquaires en janvier 1966, mais Van Morrison prend ses cliques et ses claques en juin, remplacé par Keith McDowell. Le groupe tente sa chance aux States et en Scandinavie l’année suivante pour une tournée mitigée. Malgré les efforts désespérés d’Alan Henderson pour faire vivre THEM (ou son avatar) et la publication de quatre albums, le groupe disparaît totalement en 1972. En 1979, le guitariste Billy Harrison reforme le groupe avec d’autres membres de la line-up de départ, Alan Henderson et Eric Wrixon (claviers, harmonica), le batteur Billy Bell et un nouveau chanteur Mel Austin. THEM met en boîte l’album « Shut Your Mouth » pour une petite écurie allemande mais disparaît presqu'aussitôt définitivement.

Arrive le délicat moment d’attribuer une note à « Them Again ». Doit-on privilégier les trop rares moments de fulgurance (six ou sept titres au grand max) ou s’orienter sur la tonalité d’ensemble et le parcours de cette formation emblématique du R&B irlandais ? La notation de 2,5 semble la plus appropriée mais sera ramenée à 2, malgré toute la sympathie que nous avons pour le groupe.

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   LE KINGBEE

 
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- Van Morrison (chant, saxophone, harmonica)
- Jim Armstrong (guitare)
- Alan Henderson (basse)
- John Wilson (batterie)
- Ray Elliott (orgue, farfisa, flûte, saxophone, vibraphone)


1. Could You Would You.
2. Something You Got.
3. Call My Name.
4. Turn On Your Love Light.
5. I Put A Spell On You.
6. I Can Only Give You Everything.
7. My Lonely Sad Eyes.
8. I Got A Woman.
9. Out Of Sight.
10. It's All Over Now Baby Blue.
11. Bad Or Good.
12. How Long Baby.
13. Hello Josephine.
14. Don't You Know.
15. Hey Girl.
16. Bring Em On In.



             



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