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KRAUTPUNK/NEW-WAVE  |  STUDIO

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- Membre : Kraftwerk
- Style + Membre : Neu!, La Düsseldorf, Thomas Dinger

Klaus DINGER - Néondian (la Düsseldorf) (1985)
Par WALTERSMOKE le 18 Janvier 2017          Consultée 174 fois

Malgré l'échec retentissant de Individuellos en 1980, La Düsseldorf, trio de choc constitué des frères Dinger et de Hans Lampe, est bien destiné à poursuivre sa carrière. Le groupe de krautrock/punk connu et reconnu (même par Bowie !) commence donc à composer et enregistrer un quatrième opus, juste après les premières aventures solo de Thomas Dinger. Si les choses se passent bien au début (le groupe sort même en 1983 le single Ich Liebe Dich), les choses dégénèrent vite en studio. Le batteur Hans Lampe finit par quitter progressivement le groupe, laissant La Düsseldorf réduit à un duo fraternel. Duo qui ne finit même pas l'année, puisque Thomas Dinger s'en va à son tour. Klaus Dinger reste donc le seul maître à bord, pour le quatrième album du groupe.
Sauf que ! Alors que Dinger, finalement aidé par Conny Plank lui-même à la production, finalise l'album, son frère et Lampe lui interdisent d'utiliser le nom La Düsseldorf, sous peine de poursuite judiciaire et tout le toutim. Quels ingrats, ceux-là ! Néondian, l'album qui devait être le quatrième de La Düsseldorf, est finalement publié en 1985 sous le nom Klaus Dinger + Rheinita Bella Düsseldorf, et d'aucuns le considèrent de nos jours comme un album solo de Klaus Dinger. Vous suivez ?

Et tout ça pour parler d'un album médiocre, en plus. Et bien oui, quitte à pourrir la vie de Klaus Dinger, autant le faire jusqu'au bout ! Néondian, donc, est un album de krautpunk qui pourrait en intéresser plus d'un à première vue. Déjà, on parle d'un disque dont l'auteur a fait partie d'au moins trois groupes de légende (KRAFTWERK, NEU! et La DüSSELDORF), et qui fait appel à de nombreux musiciens pour jouer sa musique qu'on espère riche. Il y a même Jaki Liebezeit, le batteur de CAN, qui vient faire coucou aux percussions sur Mon Amour. Tiens, parlons-en, puisqu'il ouvre l'album. Il s'agit d'une version remixée de Ich Liebe Dich, le morceau écrit avec Thomas Dinger et sorti en 1983. Ici, il est plus dynamique, avec une vraie batterie plutôt qu'une boîte à rythmes. Le morceau se tient bien sur ses 4 premières minutes, et quiconque aime La Düsseldorf ne sera pas dépaysé, malgré les synthés « modernes » qui vrillent les oreilles. Le morceau s'éternise un peu trop en longueur ensuite, mais bon, on a vu pire comme défauts.

… notamment sur Néondian lui-même. Les problèmes déboulent dès Pipi AA. Pas seulement à cause de son titre débile, mais aussi et surtout parce que c'est une chanson ridicule. Pas trop mal produite because Conny Plank, mais ridicule quand même. Et ces instruments, bordel ! A titre comparatif, il suffit d'écouter P-Machinery de Propaganda, sorti la même année, pour comprendre le désastre. Certes, la production de l'album a été laborieuse, et quelque part gâchée par les deux zigotos interdisant bien des choses à Dinger, mais il y a une différence entre rater sa production et rater son choix de claviers. Ceci étant, Pipi AA n'est pas le pire morceau de Néondian. Oh non, il y a Cha Cha 2000|85. Un remix du fameux morceau de La Düsseldorf ? Oui, mais avec des arrangements 80s transformant cette pépite krautrock en machin tout juste bon à caler lors des soirées barbeuque et tuning chez Jacky. Par respect pour Klaus Dinger, on ne va pas chercher à en dire plus.

Allez, en dehors de Mon Amour, il doit bien y avoir quelque chose de potable, non ? America, peut-être. Le son est un peu meilleur, mais ce qui est le plus intéressant ici est le propos clairement anti-américaniste, où Dinger expose clairement son indignation contre le traitement infligé aux Amérindiens. Un bon point, pas trop malmené par la musique mêlant passages cyberpunk et motorik gemacht in Düsseldorf.

À sa sortie, Néondian fut un four. Personne n'a acheté cet album et les critiques ont plutôt été assassines. Était-ce mérité ? Pas vraiment, ne serait-ce que pour Néondian et America ainsi que le manque de pot. Du reste, on a droit à une musique déjà datée pour son époque et qui est loin de tutoyer les sommets atteints quelques années plus tôt.

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   WALTERSMOKE

 
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- Klaus Dinger (chant, guitare, piano, synthétiseurs)
- Rudige 'spinello' Elze (guitare sur 1, 3 et 4)
- Charly T. Charly (guitare sur 1,3, 4 et 6)
- Raoul Walton (basse sur 1,3, 4 et 6)
- Jak Liebezeit (percussions sur 1)


1. Mon Amour
2. Pipi Aa
3. Néondian
4. America
5. Cha Cha 2000|85
6. Jag Äskar Dig



             



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