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DON COVAY & THE JEFFERSON LEMO - The House Of Blue Lights (1969)
Par LE KINGBEE le 14 Mars 2017          Consultée 165 fois

Songwriter prolifique et inventif, excellent chanteur au timbre aisément identifiable, Don COVAY constitue le parfait trait d’union entre Soul, Gospel, Blues et Rock'n'Roll. Originaire de Caroline du Sud, Covay a connu une carrière d’un demi-siècle mais contrairement à Joe Tex, Wilson Pickett ou Solomon Burke, son esprit d’indépendance, son éclectisme et un intérêt marqué pour l’écriture au détriment des sunlights de la scène ne contribuent jamais à placer son nom en gros sur la carte de la musique afro-américaine. S’il a connu quelques succès sous son nom ou sous celui du pseudonyme PRETTY BOY, le nom de Don COVAY reste immanquablement associé aux nombreux hits composés pour les autres : « Chain Of Fools », « See Saw » (Aretha Franklin), « Watch Dog » (Etta James), « Three Time Loser » (Wilson Pickett), « Pony Time » (Chubby Checker) ou « Mercy Mercy » (Rolling Stones).

Don Covay débute, comme la grande majorité des chanteurs noirs, sur les bancs de la paroisse, en l’occurrence celle dirigée par son père, un pasteur baptiste. Suite au décès du paternel, sa mère quitte la Caroline pour s’établir à Washington, emmenant avec elle ses huit marmots. Là, Don Covay chante au sein des Cherry Keys, un quartet familial. Il enchaîne chez les Rainbows, un ensemble de doo-wop, gravant une poignée de singles sous l’égide de Bobby Robinson. En 1957, il devient chauffeur pour Little Richard et assure ses premières parties, parfois épaulé par les Upsetters. Covay va alors multiplier les enregistrements et développer son don d’auteur compositeur pour des artistes aussi variés qu’Hank Ballard, Gladys Knight, Solomon Burke ou Jerry Butler. Don est embauché par Nathan Montague, célèbre disc-jockey de la radio WWRL ; il grave quelques faces pour le label Rosemart dont « Mercy Mercy », titre repris quelques mois plus tard par les Stones et qui contribuera à le faire connaître au public anglais. En 1965, la firme Atlantic rachète son contrat, le cantonnant principalement à un travail d’écriture. En novembre 65, « See Saw » est édité en single et grimpe sur la 5ème marche des charts R&B. Covay enchaine les sessions à la fois dans les studios de la Stax à Memphis, à Muscle Shoals et à New York mais reste dans l’ombre d’Otis Redding, de Sam & Dave et des stars du label Atlantic. Il enregistre deux albums pour Atlantic : « Mercy ! Don Covay » édité en 1965 suivi de « See Saw » un an plus tard. En 1968, il est l instigateur de Soul Clan, formation comprenant Ben E King, Arthur Conley, Joe Tex et Solomon Burke, mais cette création originale ne bénéficie guère de la puissance promotionnelle d’Atlantic. C’est en 1969 qu’il enregistre « House Of Blue Light », album qui vient mettre un terme à son contrat avec la firme de Jerry Wexler.

Nous sommes en 1969 et les jours de Don Covay chez Atlantic sont comptés. N’ayant jamais voulu s’enfermer dans un registre unique, il décide d’orienter son nouveau disque vers le Country Blues électrique. Il fait appel à Joe Richardson, ancien guitariste des Coasters, des Shirelles et de Lavern Baker et à John Hammond Jr. harmoniciste guitariste et fils du célèbre ethnomusicologue. Les deux lui suggèrent les musiciens de leur petit groupe le Jefferson Lemon Blues Bland. Covay, jugeant qu’on n'est jamais mieux servi que par soi-même, décide de prendre en charge la production et les arrangements, l’enregistrement étant confié à Herb Abramson, l’un des premiers fondateurs d’Atlantic. Covay n’est pas venu les mains vides, il a apporté quatre chansons, deux autres titres sont coécrits avec Richardson et un dernier avec Hammond qui a tenu à mettre la main à la patte.
Si le répertoire est volontairement axé sur un Country Blues électrifié, les influences Folk Blues du Jefferson Lemon Blues Band sont nettement palpables. Orienté vers un curieux mélange de Blues underground, Covay débute toutefois son album avec un grand classique de Big Bill Bronzy « Key To The Highway ». Le morceau a connu de multiples reprises (John Lee Hooker, Little Walter jusqu’au Steve Miller Band) mais la présente version englobe une combinaison s’emboîtant entre Greenwich et Chicago Blues. Le combo géométriquement resserré (une batterie, une basse, une guitare et trois guitares rythmiques) fait preuve de fantaisie et de décontraction sur « Mad Dog Blues », plus ou moins inspiré du « Salty Dog Blues » de Papa Charlie Jackson, avec l’incorporation d’aboiements. On croirait presque entendre un morceau du début de carrière des Stones. L’ambivalence qui a jalonné toute la discographie du chanteur est évidente sur « The Blues Don’t Knock », titre flirtant entre R&B Jazzy et les tavernes de Chicago. Le passage de piano évoque Otis Spann, tandis que la flûte apporte une coloration Psy rappelant Johnny Heartsman. « Steady Roller » représente le parfait prototype de Country Blues acoustique, le chant apportant une connotation marquée par les work songs. Le rythme s’accélère avec « Shut Your Mouth » avec l’harmonica d’Hammond pour redescendre aussi sec avec « Homenade Love » où se cotoient R&B, Blues et Soul, titre marqué par la voix tranchante de Margaret Williams. « The House Of Blue Lights », titre donnant son nom à l’album, fait l’objet de deux parties distinctes, la première nous assène une longue plainte lugubre avec harmonica pleurnichard, basse groovy et un chant rappelant par ses cris Screamin’ Jay Hawkins. La seconde s’avère plus déclamatoire avec un passage d’orgue et de sitar. Si ce disque reste un échec commercial pour Covay et Atlantic, il permet de faire le pont entre différents mouvements. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec « Let It Bleed », dernier album Decca des Stones, sorti quelques mois plus tard. Un disque gorgé d’ambigüité qu’il convient d’écouter attentivement pour mieux l’appréhender.

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- Don Covay (chant, guitare)
- Joe 'groundog' Richardson (guitare)
- John Hammond (harmonica, guitare)
- Margaret Williams (guitare, chœurs, chant 4)
- Dany Jones (batterie)
- Charles 'honeyman' Otis (batterie 8)
- Butch Valentine (basse)
- Gerald Jemmott (basse 5-11)


1. Key To The Highway.
2. Mad Dog Blues.
3. The Blues Don't Knock.
4. Blues Ain't Nothin' But A Good Woman On Your Mind.
5. The House Of Blue Lights- Part 1.
6. Four Women.
7. Steady Roller.
8. Homenade Love.
9. But I Forgive You Blues.
10. Shut Your Mouth.
11. The House Of Blue Lights- Part 2.



             



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