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OASIS @ Édimbourg
Par K-ZEN le 12 Août 2025
Publié le 10 Septembre 2025 Consulté 181 fois

Avant toute chose, il convient de rétablir une vérité.

Si comme votre serviteur, vous appréciez les épisodes de Columbo labellisés années 70 et en particulier leurs musiques emblématiques sachant naviguer habilement entre ambiances psychédéliques diffusant parfaitement le doute et la tension saupoudrant un meurtre puis les investigations policières s’ensuivant ainsi qu’un lyrisme typiquement californien instillant parfois une certaine nostalgie prégnante, une bande-originale taillée via vents doucement jazzy, cordes exaltées, percussions à gratter et autres orgues inquiétantes, alors vous aimerez les notes agrémentant les enquêtes new-yorkaises du Kojak que campe l’inénarrable Telly Savalas, costume tiré à quatre épingles et feutre élégant dissimulant un crâne indubitablement lisse.


Ceci, je l’appris en zappant distraitement sur les canaux hertziens britanniques pendant mon escapade écossaise, une véritable aventure au sens où l’entendait Bilbo le Hobbit quand il quitta la Comté à cela près que je n’étais personnellement pas accompagné d’une impressionnante armée de nains dans ce qui constituait mon premier voyage en solitaire. Évidemment, l’appréhension était là mais la bienveillance des gens sur place et ce malgré mon niveau plus que douteux dans la langue de Shakespeare la dissipa bien vite en même temps que la beauté architecturale d’une ville objectivement splendide et la présence impromptue de mon cousin en pleines vacances estivales.


Me voilà donc sans veste – un choix qui s’avérera payant au vu des températures presque azuréennes touchant l’Écosse ce 12 août 2025 – et ma bouteille d’eau en plastique quasi vide sous le bras convergeant en compagnie d’autres dizaines de milliers de fans vers Murrayfield alias le Scottish Gas Stadium, le naming n’épargnant malheureusement pas nos amis anglo-saxons, stade où l’équipe écossaise de rugby défie ses adversaires lors de ses rencontres à domicile situé à seulement quelques miles du centre-ville d’Édimbourg rendant facile le pèlerinage pédestre vers son emplacement. Sur le chemin, nous croisons toilettes portatives militairement déployées ainsi que stands relativement sommaires dotés néanmoins d’infrastructures permettant le paiement via carte bancaire, ceci offrant aux imprudents ayant oublié leur bob/casquette à leur hôtel une solution afin de remédier à ce problème, bien que l’attente aux portiques ne dure que très peu proportionnellement au désordre anarchique prenant place autour.

En effet, il était uniquement 17h15, soit un minuscule quart d’heure après l’heure officielle d’ouverture des portes lorsque je pénétrai à l’intérieur de Disneyland ou plutôt Oasisland, impressionnant coin merch6andising déjà pris d’assaut, échoppes de bouffe diverses à profusion ainsi que débits de boisson à des prix finalement assez raisonnables qui me décidèrent, en même temps que de commodes commodités dont je n’aurai en définitive que faire, à franchir le pas d’une nouvelle pinte de Tennent, gloire locale houblonnée cependant moins classieuse qu’un bon verre de whisky celte.


Je comprends complètement les gens qui n’aiment pas OASIS. Après tout, il est possible de juger leur propos foncièrement peu original et s’inscrivant au sein d’un vulgaire revival Rock N’Roll tel qu’il peut se produire tous les dix ans. On pourrait y opposer l’argument qu’à son crédit le gang mancunien réussit à fusionner Punk et amour sincère des BEATLES, obtenant de fait un rendement maximal. Perché sur mon gradin, suivant une prestation de CAST peu excitante – et cela malgré la présence d’un ex-LA’s dans leurs rangs ! – cependant parfaite afin de réaliser son devoir social sur les réseaux sociaux et une plus saisissante d’un Richard ASHCROFT dont le set consistait à 90 % des tubes d’un définitif Urban Hymns, comprenant ainsi logiquement un déchirant "The Drugs Don’t Work" majoritairement acoustique, je devais être le seul à me poser tant de questions existentielles, pris en sandwich entre deux furieuses championnes de karaoké. L’une d’elles, la copine du sympathique James – qui n’était pas petit – pourrait avoir inspiré l’intitulé de la chanson "She’s Electric" figurant sur (What’s the Story) Morning Glory? tant elle se métamorphosa dès les premières notes d’un ravageur "Hello" envoyé en guise d’apéritif. On l’avait pressenti mais l’aspect extraordinaire ne s’était nullement dilué dans une longue attente : que c’est bon d’être de retour.


Quand Liam GALLAGHER entonna le refrain du terrible "D’You Know What I Mean?", au milieu de tous ces gens ici et là, je compris soudain de ce dont il s’agissait en ultime instance. Même si le show avait été mauvais, ça n’aurait pas été si grave. OASIS, comme le titra un jour le Melody Maker (ce que le monde attendait) est l’histoire d’une rencontre avec un public qui s’identifia pleinement aux frères Gallag', deux lads ordinaires qui seront pourtant bien vite capables de choses extraordinaires. Cela fut rendu possible via des compositions imparables irradiées de paroles accessibles employant souvent la première personne (singulier ou pluriel) et traduisant des préoccupations quotidiennes auxquelles les gens purent se retrouver, puis leurs enfants ensuite, ces derniers entonnant sans erreur ces hymnes Rock’n’roll immortels. Malgré tous ces millions brassés et la mégalomanie théâtrale dont cette reformation put se rendre coupable, celle-ci était une bulle d’air nécessaire et bienvenue pour beaucoup, permettant d’oublier les tourments d’une époque morose voire angoissante.


En y repensant a posteriori, le moment le plus émouvant du spectacle fut peut-être ce final de "Whatever" où s’invitèrent quelques notes du "Octopus’s Garden" des BEATLES, Liam abandonnant à l’occasion du fragment de chanson composée par Ringo Starr toute la carapace habituelle dont il s’était paré (morgue, lunettes de soleil, parka, posture en saumon typique derrière le micro) pour redevenir ce kid des années 60 qui vénérait les Fab Four. Bien vite, le naturel reviendrait cependant au galop sur le clou du spectacle agrémenté d’une représentation pyrotechnique. "Champagne Supernova" verrait le chanteur, sa capuche vissée sur la tête, recouverte du fameux tambourin et de maracas, mettre ses bras en croix dans une allure christique. On connaît l’adage via lequel John Lennon fit scandale à l’époque, mais en cet été 2025 OASIS serait indéniablement au-delà des mers et des monts, a fortiori à l’ère de réseaux sociaux jamais avares de noyades savamment orchestrées sous les contenus.

Un concert grandiose malgré un "Wonderwall" que le matraquage a rendu maintenant proprement insupportable. L’impression d’avoir assisté à l’évènement culturel marquant de la décennie, instant laissant vacant une fois terminé et devant lequel même Damon Albarn, autre personnage emblématique d’une rivalité avec BLUR largement montée en épingle, ne pouvait que s’incliner, estimant récemment qu’OASIS avait gagné la bataille.

Pour paraphraser un qualificatif fétiche qu’aime à employer Liam : une soirée BIBLIQUE.


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