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- Membre : Deep Purple, Dixie Dregs

STEVE MORSE BAND - Coast To Coast (1992)
Par BRADFLOYD le 10 Novembre 2025          Consultée 163 fois

La même année où les DIXIE DREGS, son groupe de toujours, sortait un album live particulièrement bien accueilli, Steve MORSE réactivait le STEVE MORSE BAND et sortait le quatrième album du trio ou cinquième de sa carrière "solo". Affublé du joli titre Coast to Coast, cet album bénéficiait d'une pochette mettant en avant les hélices d'un avion* sur une roue crantée, le tout intégrant le volant fin d'une vieille automobile. Est-ce à dire que nous allions changer pour un style plus contemplatif fait pour les escapades après un Southern Steel et sa pochette de fonderie pour guitares (qui me faisait penser un peu à la pochette de Guitar Shop de Jeff BECK) pour le disque le plus heavy de son auteur ?

En fait, oui et non. Car dès le premier titre, Steve MORSE balance un riff joyeux dans un mélange de musique accessible, orientée hard-rock, et de virtuosité technique. On reste donc en pays de connaissance et le petit passage de basse au milieu de "User Friendly" contribue à cette envie de poursuivre le voyage en sa compagnie. Et ce dès "Collateral Damage" où l'entrée en matière nous emmène même du côté du heavy metal. Mais en l'espèce, c'est beaucoup plus fin que cela : sur une basse tissant ses motifs et une batterie survitaminée, le guitariste fait montre d'une technicité remarquable. Surtout, il laisse de la place à ses compères, notamment Dave LaRue qui nous épate une fois de plus. Ce qui est très étonnant, c'est la capacité de MORSE de composer des titres finalement aisément mémorisables malgré le déluge de notes proposées. On est très loin des shredders des 80's qui, en comparaison, paraissent manquer d'âme dans leur jeu.

"Morning Rush Hour" démarre comme un titre lourd et lent pour, ensuite se transformer en une espèce de boogie idéal pour la route. Même si, d'après le titre, il s'agirait plutôt d'une tension due au stress des bouchons de début de journée. La technique de MORSE dans une alternance de picking ultra précise en utilisant des phrases ascendantes et descendantes avec double-croches sur ce rythme enlevé est redoutable. Je ne connais pas d'autres guitaristes possédant ce type de technique qui en fait sa particularité. "The Oz" emprunte autant au jazz-rock qu'à la musique progressive avec des gammes qui peuvent être autant pentatoniques mineure que mixolydienne avec passages chromatiques d'inspiration jazz bebop et, par moments, usage de la gamme mineure naturelle dite éolienne. Par ce biais, Steve MORSE montre toute l'étendue de sa connaissance musicale pour construire des morceaux complexes qui se tiennent harmoniquement tout en étant écoutables pour le profane. Les musiciens apprécieront. Enfin, "Cabin Fever" est du même acabit avec rythme lourd, même s'il est plus expérimental que les autres titres avec pourtant une section centrale plus aérienne. MORSE utilise en effet des dissonances sur des motifs répétitifs visant à exprimer une certaine nervosité, appuyé en l'espèce par des ruptures de rythmes qui mettent en avant, là encore, la complémentarité de sa section rythmique.

A son habitude, Steve MORSE nous propose des titres totalement différents dans leurs constructions et leurs styles durant son opus, fidèle à son mantra de ne pas ennuyer son auditeur. "Get It in Writing", par exemple est une histoire à elle seule, passant de l'atmosphérique au heavy avec un groove de la paire batterie/basse qui peut laisser pantois. "Long Lost" voit son tempo ralenti sur une mélodie avec inspiration celtique. On se rappelle que Mike OLDFIELD est un des artistes qu'il admire. Non pas qu'il y ait un quelconque cousinage, la technique des deux guitaristes n'étant pas la même, mais l'ambiance de ce titre peut se rapprocher de l'univers de l'homme de Reading. "Over Easy" pourrait s'intégrer dans le répertoire des DREGS, le violon en moins. C'est le titre se rapprochant le plus du jazz-rock sur un groove assez cool, la basse de LaRue étant, là encore, d'un soutien sans faille quand ce dernier ne produit pas un de ses soli écœurants de virtuosité. "Runaway Train" est la contribution habituelle de MORSE au bluegrass dans ses disques. Ce titre déboule à toute vitesse et est un des moments forts de la galette. Irrésistible, le tout en lead clair. Aucune note parasite, une véritable prouesse de la part du six-cordiste et de son bassiste. On sent que ses rencontres avec Marcel DADI et Chet ATKINS en ce début des 90's a quelque peu fait évoluer son écriture et son jeu en finger-picking. Enfin, se termine le disque avec un titre joué à la guitare classique. Mais là, il y a autant d'emprunt au style classique qu'à celui d'Al DI MEOLA et "Flat Baroque" clôt aussi joyeusement ce disque que "User Friendly" l'avait débuté.

Je me rends compte que, depuis que je commente les disques de ce guitariste extraordinaire, j'ai du mal à lui trouver des défauts. Cela en devient même frustrant car j'ai presque l'impression de me répéter à l'envi. Pas cool pour le chroniqueur, surtout s'il est fan car il manquera peut-être d'objectivité, mais pour l'auditeur, c'est vraiment le pied. Après, donc, avoir sorti un album qui atteint quand même la 30ème place du classement Billboard Heatseekers*, Steve MORSE poursuivit son histoire avec ses potes des DREGS pour un nouvel album qui sortit deux ans plus tard avant de succéder au pigiste Joe SATRIANI au sein DEEP PURPLE qui refusa d'intégrer le groupe après leurs tournées au Japon fin 1993 et en Europe à l'été 1994. Mais ceci est une autre histoire.

*Rappelons que Steve MORSE a son brevet pour piloter sur des lignes commerciales et possède plusieurs avions ainsi qu'un terrain d'aviation privé en Floride.
** Le classement Billboard Heatseekers est un classement hebdomadaire édité par le magazine américain Billboard depuis 1991. Il vise à mettre en lumière les ventes d’albums ou de chansons par des artistes dits "nouveaux ou en développement" qui n’ont pas encore atteint un niveau élevé dans les classements principaux. Plus précisément, le Heatseekers Albums classe les meilleurs vendeurs parmi les albums d’artistes qui ne sont jamais apparus dans le top 100 du Billboard 200 (le classement principal des albums) ou dans le top 10 de certains classements de genres spécifiques (R&B, country, latin, etc.). Cela permet de révéler des talents émergents avant qu'ils ne percent dans les charts majeurs.

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   BRADFLOYD

 
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- Steve Morse (guitares)
- Dave Larue (basse)
- Van Romaine (batterie)


1. User Friendly
2. Collateral Damage
3. Get It In Writing
4. Morning Rush Hour
5. Runaway Train
6. Long Lost
7. The Oz
8. Over Easy
9. Cabin Fever
10. Flat Baroque


             



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