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1993 1 Suede
1994 1 Dog Man Star
1996 1 Coming Up
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2013 Bloodsports
2016 Night Thoughts
2025 Antidepressants

COMPILATIONS

1997 Sci-Fi Lullabies
 

- Style : Morrissey

SUEDE - Antidepressants (2025)
Par MASTERFAN le 22 Novembre 2025          Consultée 413 fois

Douze ans déjà que les membres de SUEDE se sont retrouvés. Leur seconde vie, mine de rien, égale désormais la durée de leur première puisqu'un équilibre s'est instauré dans leur œuvre : cinq albums entre 1993 et 2002 (ainsi qu'une double compilation de faces B), puis cinq autres entre 2013 et 2025. Au moment de la reformation, notre site se posait la question de son intérêt, et l'un de nos lecteurs avait répondu de manière plutôt caustique : « À manger. » Certes. Mais s'il y a un groupe qui n'a jamais déçu depuis son retour, c'est bien SUEDE. Après un Bloodsports qui servait de remise en route, les classieux et raffinés concept-albums Night Thoughts et The Blue Hour sont passés par là, tandis qu'Autofiction, dans un genre plus frontal, avait carrément rallié tous les suffrages. Autrement dit, l'arrivée d'Antidepressants à la rentrée 2025 était attendue avec un empressement tout autre que The Night the Zombies Came des PIXIES un an plus tôt, alors que les deux groupes connaissent une histoire relativement similaire.

Dans le cycle créatif, SUEDE semble fonctionner par paires. Esthétiquement et dans la substance, ce nouvel album fait de toute évidence écho au précédent, de la même façon que The Blue Hour avait répondu à Night Thoughts. Après la période « bleue » (bleu nuit plus exactement) marquée par des arrangements ou orchestrations souvent grandioses, suite de la période « noire » : Brett ANDERSON pose cette fois tel un ange, avec des carcasses de boucherie en guise d'ailes célestes, comme l'avait fait Francis Bacon pour le photographe John Deakin en 1962. La méthode de reproduction d'une œuvre graphique n'est pas sans rappeler celle utilisée par David BOWIE sur les pochettes de Hunky Dory, Heroes ou Lodger.

Le chanteur de SUEDE, toujours prêt à prendre les devants avec les journalistes, avait évoqué « le post-punk après le punk », le poids des mots après le choc de la photo. À la réflexion, je ne suis pas sûr qu'Autofiction était véritablement punk, il me rappelait plutôt les débuts du groupe et l'envie de revenir à quelque chose de plus énergique et moins compliqué à reproduire en concert, de plus direct pour mieux communier avec le public. De la même façon, coller l'étiquette « post-punk » à la nouvelle livraison ne relève pas d'une évidence.

Antidepressants ne me paraît, au bout du compte, que le petit frère d'Autofiction, un peu moins propre sur lui (Alan Moulder n'a pas été convoqué cette fois mais Dog Man Star Ed Buller reste bien présent à la production), un peu moins SUEDE aussi. Lorsque s'annoncent les premières notes de "Trance State", l'impression d'être victime d'une farce, et que NEW ORDER a pris le pouvoir sur un album de SUEDE, prédomine. "The Overload", à la fin de Remain In Light des TALKING HEADS, avait fait de même lorsque le nouvel ordre s'appelait encore JOY DIVISION. Des farceurs récidivistes ? Non. Ian Curtis n'avait pas vraiment le profil et son pote bassiste Peter Hook n'y est pour rien non plus là-dessus. "Trance State" restera donc un magnifique alliage qui ravira les fans des deux groupes avec son refrain bien armé pour durer, qui ne vous lâche plus une fois imposé dans vos neurones.

Le taux de pureté 100 % SUEDE de l'album apparaît ainsi un poil moins garanti qu'à l'habitude. Le final "Life Is Endless, Life Is a Moment" voit le groupe s'aventurer sur des terres où l'on attendrait plutôt un groupe comme MARILLION, l'ombre de Steve Hogarth surgit ponctuellement sur certaines intonations aiguës de Brett ANDERSON. Quant au post-punk, on ne se sent pas spécialement réexpédié en l'an de grâce 1980, en dehors peut-être de quelques effluves de Boy, avec la guitare « edgienne » de Richard Oakes ou le chant à l'occasion « bonoesque » de Brett sur "Criminal Ways".

Pas d'autre ressemblance à signaler, excepté évidemment celle avec Autofiction, en témoigne cette manière pour "Disintegrate" de commencer pareillement cet album sur un motif très simple de deux ou trois notes, mais ô combien efficace, façon « Apprenez la guitare avec Richard Oakes, premiers cours pour débutants ». Le son et le feeling de "Dancing With The Europeans" me renvoient davantage à l'album de faces B Sci-Fi Lullabies, sur lequel figurent des titres de ce style, ce qui n'empêche pas le single d'être impeccable, comme l'étaient en 1997 toutes ces faces B. Curieusement, le thème de la chanson n'est ni Donald Trump ni le Brexit, mais juste la simple envie de se sentir connecté et de s'éclater avec les Européens : pas de double lecture, Brett ne se mouille pas.

Dans la même veine suit l'éponyme et brillant "Antidepressants", autre titre taillé sur mesure pour la scène. "Sweet Kid" (j'ai fait mon boulot désormais, bon courage mon garçon pour vivre dans l'époque qui s'annonce) s'impose fièrement à la réécoute, permettant à SUEDE de réaliser pour son entame un « quatre sur quatre » digne de Questions pour un Champion. À ce stade, ceux — dont je suis — qui avaient adoré la sophistication et le lyrisme de la période bleue 2016-2019, encore présents sur la toute fin d'Autofiction, ont compris que la portion serait ici congrue : tout juste devront-ils se contenter, au cœur de l'œuvre, d'une jolie envolée sur le refrain de "Somewhere Between An Atom And A Star".

Point d'énormes tueries sur ce cru 2025, probablement inférieur à son faux-jumeau Autofiction, mais un ensemble équilibré et sans faille ne pouvant décevoir (à part Robert Smith, qui doit se demander comment un titre comme "Broken Music For Broken People" a pu lui échapper). Juste du SUEDE toujours aussi inspiré, de bons riffs percutants et un disque qui, au bout de quelques semaines, résiste toujours à réintégrer les étagères.

Bilan : TRIPPANT (5) : Néant. DELECTABLE (4,5) : "Trance State". SÉDUISANT (4) : "Disintegrate", "Dancing With The Europeans", "Antidepressants", "Sweet Kid", "Somewhere Between An Atom And A Star", "Life Is Endless, Life Is A Moment". PLAISANT (3,5) : "The Sound And The Summer", "Broken Music For Broken People", "Criminal Ways", "June Rain". Ressenti : 15,92 / 20.

On ne peut être qu'admiratif aujourd'hui devant le parcours d'un groupe comme SUEDE, car il est très difficile de rester au top et de maintenir ce niveau de qualité de compositions après plus de trente ans de carrière ; peu de groupes y parviennent. Il serait donc mesquin, au sujet d'Antidepressants, d'évoquer une perte de vitesse par rapport aux productions précédentes, puisque SUEDE est encore bien loin ici de faire dans l'alimentaire, pour ceux qui en douteraient encore. Pourvu que ça dure...

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- Brett Anderson (chant)
- Richard Oakes (guitare)
- Mat Osman (basse)
- Neil Codling (piano,synth?tiseurs)
- Simon Gilbert (batterie)


1. Disintegrate
2. Dancing With The Europeans
3. Antidepressants
4. Sweet Kid
5. The Sound And The Summer
6. Somewhere Between An Atom And A Star
7. Broken Music For Broken People
8. Criminal Ways
9. Trance State
10. June Rain
11. Life Is Endless, Life Is A Moment


             



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