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1959 Blind Joe Death

John FAHEY - Blind Joe Death (1959)
Par ERWIN le 28 Novembre 2025          Consultée 175 fois

John FAHEY était un rebelle, un vrai, une sorte de Jack Kerouac de la musique qui ne vivait que pour sa musique et son cher instrument, la guitare folk. L’idée de John est de positionner la gratte au centre des débats, ce qui en 1959 est fort rare. Bien sûr, Herb ELLIS et Barney KESSEL ont ouvert la voie au niveau jazz, et Chet ATKINS s’apprête à embrayer sur son statut de dieu vivant des guitar pickers, préfigurant ainsi Tommy EMMANUEL et Leo KOTTKE. Alors ce premier album autoproduit – un des tout premiers, oui messieurs dames – présente une vision toute personnelle du blues, joué par une fruste guitare folk par John FAHEY, qui, à l’occasion, ouvre un pan entier de musique instrumentale à venir. Le disque est divisé en 2 parties : des traditionnels et des compositions personnelles.

La première partie, vestiges du traditionnel, est donc attribuée à BLIND JOE FAITH, un bluesman imaginaire créé pour le besoin du disque. C’est avec une ritournelle fort simple qu’il s’ouvre : la rythmique en picking de "West Coast Blues" de BLIND BLAKE préfigure les prodiges que va bientôt accomplir Chet ATKINS avec les guitares folks. C’est un retour aux sources du blues rural des années 20 et 30, qui plus est joué sur une folk et non une National. Le calme émanant de "St Louis Blues" de HANDY nous plonge dans les grands espaces américains malgré la simplicité du thème, réalisé avec brio par John. Probablement le titre le plus esthétique du lot. Il y a d’ailleurs quelques réminiscences de "Summertime" par Ella FITZGERALD et Louis ARMSTRONG, paru cette même année.

Il se la joue Lucky Luke sur "I’m A Poor Boy A Long Way From Home". Bien sûr, le titre sonne raw à mort et la production minimaliste ne va pas ravir les amateurs de son rutilant, mais l’importance de ces blues folk songs est énorme pour les années à venir, qui vont voir arriver la résurgence du blues ainsi que de la folk music. On se rapproche plus de certains thèmes gospel liturgiques ou carrément folk sur "In Christ There Is No East Or West", le résultat est notable. Les grands bluesmen sont à l’honneur en permanence, et leurs esprits flottent sur les compositions de cette livraison, qui les ravive avec une pointe de poussière et une autre de boue : cela nous donne "Uncloudy Day", puis les sonorités de "John Henry".

Puis viennent les compos signées par John : les plus de 6 minutes de "The Transcendental Waterfall" en font le titre de bravoure de cet opus tout blanc. On y observe déjà certaines libertés que le guitariste prend avec le blues de son enfance, en lui adjoignant certaines allitérations et variations, lui donnant ainsi un premier look moderne. La simplicité des thèmes ne doit pas faire oublier que, pour le moment, la guitare n’est qu’un instrument d’accompagnement. Les premiers guitar heroes viennent certes de voir le jour avec Chuck BERRY et Eddie COCHRAN, mais un titre tel que "Sligo River Blues" n’existait alors sous aucune autre forme, de près ou de loin.

"Desperate Man Blues" préfigure l’arrivée des premiers groupes de southern rock, avec plus de dix ans d’avance toutefois. Mais c’est là aussi que réside la richesse de cet album important pour tant de genres musicaux. Nous nageons dans la dissonance avec "Sun Gonna Shine In My Back Door Someday Blues", gageons que certains jeunes artistes comme Frank ZAPPA ou d’autres expérimentalistes en ont fait leurs choux gras. Et puisqu’on évoque les mânes des grands bluesmen, voyez donc "On Doing An Evil Deed Blues", qui semble comme le pendant d’un "Crossroad" de Robert JOHNSON. Et comme John a pris pour pseudo BLIND, il aime à se souvenir de BLIND LEMON JEFFERSON ou de BLIND WILLIE JOHNSON : la filiation est revendiquée et assumée.

Ah oui, c’est fruste… Mais cherchez, vous ne trouverez pas de disques annonciateurs de ce Blind Joe Death, qui sonne donc complètement hors cadre et va à ce titre révolutionner le monde de la guitare. Les 100 copies éditées par John FAHEY en font un des disques les plus recherchés de la planète musique tout court. D’un strict point de vue musical, nous tournons autour des 3,5, et encore ce disque s’adresse-t-il en premier lieu aux guitaristes de tous poils, mais je dois à l’histoire de la musique populaire de positionner le 4 pour cet important opus.

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   ERWIN

 
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1. West Coast Blues
2. St Louis Blues
3. Im A Poor Biy A Long Way From Home
4. Uncloudy Day
5. John Henry
6. In Chris There Is No East Or Wesrt
7. The Trasncendental Waterfall
8. Desperate Man Blues
9. Sun Gonna Shine In My Back Door Someday Blues
10. Sligo River Blues
11. On Doing An Evil Deeed Blues


             



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