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2025 Some Like It Hot

BAR ITALIA - Some Like It Hot (2025)
Par ARNO le 3 Décembre 2025          Consultée 185 fois

Cinquième album (en cinq ans) du trio anglais BAR ITALIA, Some like it hot emprunte son nom au film de Billy Wilder (1959) porté par le trio d'acteurs Marilyn Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon. Sûrement que les trois membres du groupe (Nina Cristante, Jezmi Tarik Fehmi et Sam Fenton) auront trouvé quelques parallèles entre ces trois personnages du film (musiciens qui plus est) et eux-mêmes pour justifier le clin d'œil. En cinq ans, beaucoup de choses ont changé pour eux. Là où le groupe était un mystère médiatique à ses débuts, et ne jouait pas les jeux habituels de la promotion musicale, BAR ITALIA est une toute autre affaire aujourd'hui, que les plus grands festivals du monde s'arrachent. Forte de ce nouveau statut, il allait être intéressant de découvrir où la formation allait bien vouloir nous emmener musicalement avec son nouvel album.

Et passé le design pas très inspiré de la pochette… dès le titre d'ouverture, c'est la surprise. Le son a changé. Plus poli, plus enjoué, mais aussi très connoté. On se croirait projeté en arrière, aux débuts des années 2000 ! Un pied encore dans le rock alternatif de la fin des années 90, et l'autre plongé dans l’indie rock juvénile et fringuant de cette période… Dès ce « Fundraiser », avec ses entrelacements de guitares sautillantes et sa mélodie pop, votre cerveau devrait vous crier des noms de groupes de cette époque comme BLOC PARTY ou HOT HOT HEAT. Ailleurs, on peut entendre une balade anglaise titubante sonnant très PETER DOHERTY (« Marble Arch »), des éléments de jeu rappelant les KOOKS ou les ARCTIC MONKEYS des débuts (« Eyepatch »), ou bien les YEAH YEAH YEAHS ou les KILLS (« Cowbella »), ou encore PLACEBO ou les SMASHING PUMPKINS lorsque les guitares se font plus « grunge » (« Rooster »). La liste des influences évidentes pourrait continuer, mais le principe de citer ces groupes n'est pas de faire étalage de confiture, mais bien de faire comprendre que cette nouvelle fournée de morceaux sent bon le formol. Et que si certains la préfèrent chaude, précisons que celle-ci est en fait réchauffée.

Qui sait ? Comme la musique est cyclique et qu'on sort d'un revival shoegaze, peut-être BAR ITALIA a-t-il voulu devancer tout le monde et lancer le revival de l’indie rock du début des années 2000… Et, entre nous, ce serait ok ! Rares sont les propositions totalement originales, mais qu'est-ce que le groupe apporte ?
La face A de l'album, particulièrement, croule sous le poids d'influences mal digérées et bien trop évidentes. Un groupe qui, pour éviter de se répéter, répète les autres, et y perd son identité. De plus, BAR ITALIA a maintenant accès à des studios bien plus hi-fi qu'à ses débuts, et cette manucure sonore participe à lui sabrer les griffes d'antan. On est loin des dissonances et des surprises que pouvait offrir leur album Tracey Denim (2023, leur meilleure offrande à ce jour).

Est-ce que les morceaux sont réussis ? Quand ils ne sonnent pas totalement impersonnels (« Fundraiser » en tête, et bien d'autres morceaux déjà cités), ou carrément pénibles (la valse sous Xanax « Bad reputation », les insipides et répétitifs « I make my own dust » et « Lioness »), on peut trouver quelques éclaircies plus heureuses. Notamment via des incursions réussies, et plutôt nouvelles pour le groupe, dans le registre de la ballade rêveuse, comme avec la jolie « Plastered », dont la langueur suspendue rappelle les savoir-faire des groupes YO LA TENGO ou COWBOY JUNKIES. « The lady vanishes » est une autre ballade sympathique se voulant plus torturée, de même que le morceau éponyme, qui clôture l'album sur une note plus agréable que son démarrage.
C'est également quand BAR ITALIA accélère le tempo et semble jouer avec moins de calcul et de façon plus instinctive que les morceaux se retrouvent plus engageants. La face B bénéficie de quelques bons titres entraînants comme les fougueux « Eyepatch », « Omni shambles » ou « Rooster », qui nous font volontiers bouger la tête en rythme (et donc enfin pour autre chose que vouloir se la taper contre un mur).

L'album n'est pas raté, mais peine à nous indiquer une direction claire (ce qui était déjà un défaut de l'album précédent, The Twits, 2023), et brouille encore notre discernement quant à une identité propre au groupe. Some like it hot, s'il diversifie la palette sonore de la formation, n'en demeure pas moins un chapitre plutôt oubliable de sa discographie. L'affaire d'un groupe qui mue et cherche encore à quoi il souhaite ressembler.

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1. Fundraiser
2. Marble Arch
3. Bad Reputation
4. Cowbella
5. I Make My Own Dust
6. Plastered
7. Rooster
8. The Lady Vanishes
9. Lioness
10. Omni Shambles
11. Eyepatch
12. Some Like It Hot


             



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