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2006 ★★★★  3121
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PRINCE - 3121 (2006) ★★★★ 
Par ARNO le 13 Décembre 2025          Consultée 290 fois

Vous vous souvenez de Rocky 3 : l'oeil du tigre? C'est cet épisode où Rocky a déjà tout gagné. Il est champion du monde depuis qu'il a battu Apollo Creed, et cela lui a apporté célébrité et argent. Il s'est totalement embourgeoisé. La nouvelle génération (via le personnage du challenger James Lang), elle, a sacrément les crocs et entend bien prendre la place de notre bon vieux tenant du titre, et le reléguer sur l'étagère réservée aux vieilles reliques et autres pièces d'antiquités. Si l'on peut débattre de la qualité du film (je ne me battrai pas, cette guerre n'est pas ma guerre...), sa symbolique résonne certainement chez beaucoup de sportifs et d'artistes une fois accomplis et installés.

Avec Musicology(2004) et 3121(2006), sans parler de son intronisation entre-temps au Rock'n'roll Hall of Fame (2004), PRINCE semble embrasser enfin pleinement son statut, sa figure d'autorité pour la musique, mais donc aussi accepter qu'une bonne partie de sa légende est déjà établie derrière lui. Il opère alors, avec ces deux albums, un retour en grande pompe, fort de sa stature, renouant avec le succès public et critique.
Sur Musicology, le doyen PRINCE portait un regard sur la musique contemporaine du début des années 2000, et concluait qu'un retour à de vrais instruments et à un songwriting plus classique (Real music by real musicians était sa maxime) serait beaucoup plus salutaire que l'hégémonie alors en cours chez les djeun's des tous puissants producteurs, qui usaient à foison d'effets de studio digitaux, et d'émulations plastoc d'instruments, qui finiraient de toute façon par sonner datés. Pari et retour gagnant, l'album et la tournée sont un véritable succès.
Dit comme ça, la réflexion initiale peut sonner un poil réac', elle sera beaucoup plus nuancée sur 3121, puisque PRINCE s'emploiera à sonner bien plus en phase avec son temps, en associant (là où il opposait sur l'album précédent) un songwriting entre classicisme et modernité, avec une production bien plus contemporaine. Le tout étant donc joué par de vrais musiciens, sur de vrais instruments. Se faisant, PRINCE le pédagogue, entend bien montrer le champ des possibles à la nouvelle génération.

Ainsi, « Lolita », « Black Sweat », « The Word », « Love », sont autant d'actualisations réussies du son de PRINCE ; clins d'oeil au passage aux producteurs en vogue du moment comme les NEPTUNES, TIMBALAND, ANDRE 3000, WILL.I.AM et autres (et de leur rappeler qu'ils n'existeraient pas sans le Minneapolis sound), et adresses à certains de ses détracteurs qui voulaient qu'il s'entoure de cette dite jeunesse pour se mettre à jour (façon Dangerous, 1991, de MICHAEL JACKSON). Sauf qu'on parle de PRINCE. Il va donc vouloir prouver qu'il n'a non seulement pas besoin d'eux, mais qu'en plus il peut faire mieux. À ces productions pouvant sonner comme un produit de leur temps, PRINCE y apporte des ruptures rythmiques, des arrangements organiques, des développements instrumentaux qu'on ne retrouve pas ailleurs dans ce paysage musical mainstream Pop / R'n'B / Soul / Funk du début des années 2000. «Lolita» est un bon exemple de cette actualisation : on y retrouve le genre de groove qu'expérimente Prince depuis toujours (dès son premier album, voir «Soft and Wet»), des questions-réponses avec les choristes ou le groupe comme cela se faisait de son temps avec THE TIME, et ses gimmicks funky signatures à la guitare. Du pur PRINCE donc, auquel se greffe une sauce contemporaine amenée par des synthés modernes. Enfin... modernes pour 2006, car ils sonnent pas mal datés aujourd'hui... Mais il est très simple de passer outre, car le groove contagieux du titre est irrésistible ! À contrario, certains titres comme «Beautiful, Loved and Blessed» ou «Love» (alerte synthés douloureux) passent un peu moins bien le test du temps, mais plus parce que sonnant trop dans leur jus, que par un manquement dans l'écriture. Sur la R'nB «Incense and Candles», PRINCE a même le flair de s'essayer à l'auto-tune (qui commence timidement à pointer son nez dans ces genres musicaux) pour un résultat plutôt réussi, bien que pas un sommet de l'album.

Le 3121 correspond à l'adresse de la villa qu'il loue alors sur les hauteurs d'Hollywood. Nous y sommes conviés à venir danser. Dans cet esprit de fête et de luxure, les paroles restent légères comme les mœurs qu'elles prônent. On peut tout de même y lire ça-et-là des sous-textes à la vie de PRINCE, ou sa relation avec son public. Les paroles de «Love» pouvant se lire comme une défiance aux injonctions portées à son égard par l'amour d'une femme, ou bien celui de son public. «Stop giving me your wish list» lance PRINCE. À bon entendeur...
Pour autant 3121 propose largement de quoi sustenter même les fans de la première heure, et possède des éléments réconfortants, sachant tirer les meilleurs leviers nostalgiques. Déjà, on peut à nouveau l'associer à une couleur. Et puis, un morceau d'ouverture dont le titre est une série de chiffres et les paroles une invitation à faire la fête ? (Coucou «1999» !) Mais le dosage entre auto-citation et modernité est trop bien géré pour que 3121 tombe dans le best-of feignant, et les compositions les plus «pastiches» (dirons-nous) de lui-même sont parmi les plus contagieuses et les mieux écrites de ses dernières sorties d'albums. En témoignent la groovie «3121» dont les expérimentations vocales rappellent le projet avorté Camille, la très Black Album (1994, avorté aussi) «Black Sweat», la spéciale Soul Motown sauce PRINCE « Satisfied », le morceau Rock d'éclate à la guitare «Fury», ou encore la funk imparable de «Get on the boat», fusion géniale entre le « It's your world » de GIL SCOTT HERON et BRIAN JACKSON, le Jazz-Funk d'HERBIE HANCOCK, et le son propre au NPG. PRINCE nous donne un peu ce qu'on veut entendre, mais qu'est-ce que les morceaux sont bons, et que c'est agréable de le retrouver en aussi grande forme !

Rappelez-vous ce début des années 2000. La musique, elle aussi se mondialisait. Des artistes du monde entier (ou presque...) pouvaient tirer leur épingle du jeu et entrer dans les charts grâce à un tube bien senti, et la Pop occidentale elle-même se jouait d'appropriations. Il n'était pas rare (voir carrément à la mode) de trouver des samples ou des mélodies empruntées au Moyen-Orient, ou des sonorités hispaniques chez des artistes majeures de la musique populaires de ces années là, comme BRITNEY SPEARS, JENNIFER LOPEZ, JUSTIN TIMBERLAKE, BEYONCE, 50 CENT ou autres...
Dans ce contexte PrRINCE choisi d'infuser 3121 d'inspirations Latino-americaines, via des interventions carrément en espagnol (« Lolita », « Te amo Corazon ») ou des sonorités identifiables : Salsa dans «Get on the boat», Tango dans «The Dance», Bossa nova dans « Te amo Corazon ». Le mélange tombe sous le sens, car l'exacerbation du sentiment amoureux, l'importance de la danse, la langueur et la sexualité pouvant découler des musiques latines, sont autant d'éléments qui ont toujours été présents dans la musique Princière, qui en tire ici tous les atouts à son avantage. Beaucoup pourraient être hermétiques à l'aspect dégoulinant, presque cheesy (avec lequel PRINCE a volontiers toujours flirté), d'un « Te amo Corazon », qui aurait pu tomber du mauvais côté de la barrière du bon goût s'il n'avait pas été composé avec autant de sincérité. PRINCE prend le soin d'aller au bout des choses, et nous offre dans ses arrangements (et ceux de Clare Fischer) une beauté et une richesse de tous les instants, sans tomber dans la boursouflure malvenue. Et l'émotion traverse jusqu'à nous. Même son de cloche pour la maximaliste « The Dance », qui pourrait s'effondrer sur elle-même si elle ne réactivait pas sans cesse notre attention d'écoute, par des arrangements toujours plus riches et somptueux. Cinématographique à souhait (voyez un film d'espionnage sulfureux), elle se construit sur une ligne de basse tout en tension (rappelant un peu celle du « I'm deranged » de BOWIE), par-dessus laquelle se construisent toutes sortes de couches sonores, d'étonnantes ruptures de tons, de surcouches encore, menant à un époustouflant climax. Un grand moment passionnel et passionné. Alors on s'empresse de sortir les crédits pour voir qui joue dessus... Bah PRINCE bien-sûr. Accompagné... de lui, lui-même, et que lui !

3121 va faire mieux encore que Musicology puisqu'il va devenir son premier album numéro un des ventes depuis la Bande Originale qu'il avait composé pour Batman en 1989, ainsi que son premier à avoir débuté au sommet du Billboard 200 de son vivant. C'est donc que PRINCE, à ce moment là, a su parfaitement s'aligner : avec sa propre stature, avec l'époque, avec son public. Son « third eye » s'est activé, et c'est l'oeil du tigre !

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ ARNO


LINE-UP
- Prince (chant, tous les instruments)
- Sonny T. (basse)
- Maceo Parker (saxophone)
- Candy Dulfer (saxophone)
- Greg Boyer (trombone)
- Ray Monteiro (trompette)
- New Power Generation (choeur)
- Joshua Dunham (basse)
- Cora Coleman-Dunham (batterie)
- Ricky Salas (timbales, congas, bongo, percussions)
- Támar (chant)
- Sheila E. (percussions)
- Liza Lena

TRACKLIST
1. 3121
2. Lolita
3. Te Amo Coraz?n
4. Black Sweat
5. Incense And Candles
6. Love
7. Satisfied
8. Fury
9. The Word
10. Beautiful, Loved And Blessed
11. The Dance
12. Get On The Boat


             



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