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PUNK INDUS HARDCORE  |  E.P

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- Membre : MINISTRY, DEAD KENNEDYS

LARD - The Power Of Lard (1989)
Par PSYCHODIVER le 9 Janvier 2026          Consultée 212 fois

Quelle horreur, cette bestiole ! Cher lecteur : vous avez devant vous un bien abject spécimen de lamproie. À la lecture du line up composant le groupe responsable d'un tel attentat visuel, on ne sera pas étonné du résultat. LARD, c'est la rencontre de ce que l'underground US a généré de plus indomptable : le seul et unique Jello Biafra unissant son charisme enrichi à la soude caustique avec la férocité biomécanique de MINISTRY, le duo Al Jourgensen / Paul Barker. Les trois freaks sont rejoints par le batteur Jeff Ward, jeune recrue du label Wax Trax repérée par Al à l'époque de 𝘛𝘩𝘦 𝘓𝘢𝘯𝘥 𝘖𝘧 𝘙𝘢𝘱𝘦 𝘈𝘯𝘥 𝘏𝘰𝘯𝘦𝘺. Ce n'est toutefois pas à Chicago que le projet prendra racines mais à San Francisco, dans le terreau fertile mais ô combien malmené par le pouvoir qu'est Alternative Tentacles.

Trois morceaux seulement pour 44 minutes et des poussières de punk industrialisé ou d'indus punkysant. L'ensemble s'annonce néanmoins plus consistant et diversifié que le sympathique mais trop expédié unique E.P du projet PAILHEAD que les ministres de Chicago avaient mijoté avec Ian MacKaye l'année précédente. Les mauvaises langues prétendront que LARD n'est d'ailleurs qu'un prolongement de PAILHEAD en moins MINOR THREAT (because of Jello). Mais passons à la tracklist. Érigé en standard absolu par toute une génération de skaters, le morceau éponyme, aussi efficace soit-il, n'est jamais parvenu à s'imprimer dans mon esprit. Ses accents funky se heurtant à des accélérations punk plutôt quelconques ainsi que ses coupures éparses destinées à créer de la tension ne fonctionnent pas des masses. Et question textes : ça relève plus de la cuite du samedi soir que d'un excès d'audace. Pas déplaisant, mais très éloigné de l'idée que votre serviteur se fait d'un hit magistral. "Hellfudge" en revanche est beaucoup plus satisfaisante, bien qu'évoluant à des kilomètres de toutes contrées punk. Pastiche de rock à papa aux paroles incendiaires à l'encontre des télévangélistes : le pitoyable Jimmy Swaggart, déjà égratigné par le Ozzy inspiré de "Miracle Man" en prend à nouveau pour son grade. Le mantra minimaliste et crétinoïde (je me suis d'ailleurs demandé s'il n'était pas assuré par Dee Dee Ramone) risque lui de s'insinuer pour un petit moment dans votre cerveau. Un très bon point.

Mais la vraie question que pose ce trois titres est la suivante : êtes-vous prêt pour "Time To Melt" ? Je suis convaincu que non. Et pour être honnête, il m'aura fallu du temps avant de parvenir à arriver au bout de ce ... de ce ... Enfin. Dites-vous que ça vaut la peine d'insister. Mais avant toute chose : arrivez-vous à concevoir la possibilité d'un morceau d'une demi-heure qui allie la lourdeur de BLACK SABBATH voire des SWANS avec un soupçon de krautrock, de post punk à la PIL (pensez "Albatross" et "Theme") et de psychédélisme que l'on aurait jeté vivant dans du béton et qui gémirait encore une fois figé ? Pas simple. Pourtant ça existe. Et y survivre n'est pas garanti. Surtout lorsque les textes (naturellement burroughsiens) portent sur un trip à la "Enter The Void" dépourvu de ses néons et flashbacks oniriques. Seule la nuit éternelle, poisseuse, suffocante, demeure. Mourir. Traverser le néant. Délirer face à la solitude de sa propre extinction. Apercevoir Captain Beefheart au détour d'une limbe sinistrée. Voir la fameuse petite lueur chatoyante dans le fond de la cuve à mazout. Renaître. Et la boucle continue. Avec les râles d'agonie d'un Jello glaçant et les interventions de Al à la six cordes stridente, prédatrice, salace (depuis le "Permafrost" de MAGAZINE dix ans auparavant, on n'avait pas entendu guitare aussi vicieuse, même chez les DEAD KENNEDYS de 𝘗𝘭𝘢𝘴𝘵𝘪𝘤 𝘚𝘶𝘳𝘨𝘦𝘳𝘺 𝘋𝘪𝘴𝘢𝘴𝘵𝘦𝘳𝘴 ou les premiers efforts infernaux de BAUHAUS, 𝘐𝘯 𝘛𝘩𝘦 𝘍𝘭𝘢𝘵 𝘍𝘪𝘦𝘭𝘥 en tête). Un effroyable mastodonte de noirceur qui ne fait que préparer la venue d'autres congénères estampillés 'saindoux' qui iront puiser leurs inspirations et leurs forces de frappe dans tout ce que les cruelles 90's engendreront de plus abominable.

Alors ? Ce pouvoir du saindoux ? Objet de culte pour certains, très bon début pas vraiment représentatif du plein potentiel d'un supergroupe impressionnant pour d'autres : à chacun son camp. Le mien correspond au deuxième mentionné. À l'année prochaine donc. Et j'espère que vous n'avez peur ni des engins de chantiers ni des fourmis. Si ce n'est pas le cas, vous êtes mal barré.

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   PSYCHODIVER

 
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- Jello Biafra (chant)
- Al Jourgensen  (guitare)
- Paul Barker  (basse)
- Jeff Ward  (batterie)


1. The Power Of Lard
2. Hellfudge
3. Time To Melt


             



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