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1969 Post Card

Mary HOPKIN - Post Card (1969)
Par MARCO STIVELL le 9 Janvier 2026          Consultée 190 fois

Chère Mary HOPKIN ! Apparemment oubliée aujourd'hui, suivant d'ailleurs ses propres volontés de quitter la scène et la vie de star depuis belle lurette, elle a pourtant si bien marqué son temps, à la fin des années 60, même pas alors âgée de vingt ans. Née un beau 3 mai 1950, la demoiselle n'est d'abord qu'une modeste fille de famille du Pays de Galles – sans que l'on sache dire vraiment si le lieu d'accouchement est à Pontardawe ou sa voisine Ystradgynlais, en plein centre sud de la nation au poireau -, de parents fiers de leur culture non-noyée par l'impérialisme britannique. À la maison, on parle d'abord gallois !

Se découvrant vite une passion pour la musique et détenant un beau registre de soprano, HOPKIN chante à l'église le dimanche, puis intègre à l'adolescence un groupe folk local, The SELBY SET AND MARY. Dans la ville de Pontardawe, un label appelé Cambrian s'est installé et, par son entremise, grâce à une petite notoriété obtenue, la jeune femme enregistre un premier E.P tout dans sa langue maternelle. La même qui à elle seule rattache le Pays de Galles aux identités celtiques plus qu'à l'anglais, à la fois proche du cornouaillais et même du breton (langues britonniques) mais qui, par sa géographie et ses sonorités, reste un pont idéal vers les gaéliques écossais et irlandais.

Avec ses suites alambiquées de consonnes et de voyelles particulières ('w', 'y', 'ff', 'dd' etc) ou parfois sans d'ailleurs ('crwth', prononcé 'crouff', comme l'instrument local ressemblant à une petite viole) ainsi que ses sonorités gutturales rondes, l'écrivain J. R. R. Tolkien s'en serait inspiré plus que des Scandinaves pour ses créations de dialectes elfiques et ses écritures imaginaires. Entendre une voix féminine aussi belle chanter cette langue, même avec simplement une guitare acoustique, est un plaisir divin. Un deuxième E.P, en compagnie du chanteur Edward JONES et toujours en gallois, fait suite au premier solo en 1968 puis tout change très vite, lorsque Mary HOPKIN passe sur la chaîne ITV dans une émission consacrée aux jeunes talents, Opportunity Knocks.

Elle impressionne particulièrement une spectatrice et autre belle blondinette, la mannequin Twiggy, célèbre depuis environ trois ans – elle même inspirée par une certaine Pattie Boyd, femme de George Harrison des BEATLES, plus tard d'Eric CLAPTON -, cette dernière passe le mot à l'un de ses amis, Paul McCartney en personne. C'est exactement au moment où les BEATLES souhaitent faire, par leur label Apple Records, des lancements d'artistes, et Mary HOPKIN, la première à signer, devient vraiment anglaise dès lors. Qu'on se rassure pour la fée des forêts galloises, ses efforts précédents ne seront pas perdus et elle continuera d'en faire en parallèle. Decca corrigera son tir manqué avec les BEATLES en republiant ses premiers enregistrements, puis pour Cambrian, qui déménage à Swansea, l'ensemble du catalogue de HOPKIN sera réédité par leurs confrères de Sain Records sur le CD Y Caneuon Cynnar/The Early Recordings (1996).

Quand on vous dit que tout va très vite, c'est qu'à la rentrée 1968, Mary HOPKIN accède au rang de superstar grâce au single paru en août, "Those Were the Days", que McCARTNEY lui a trouvée, avec pour face B une reprise à tomber de "Turn! Turn! Turn!" de Pete SEEGER et, après les magnifiques BYRDS, re-transformé ici en voix (divine) et guitare seule. Cette intimité manque quelque peu à la face A, véritable tube dont l'aspect folk hivernal – hammered dulcimer joué pour l'ouverture, en prime – tient plus du froid gris de l'Europe de l'Est que des brumes galloises dans sa mélodie au départ. Et pour cause, elle a été écrite par le Russe Boris FOMIN avec des emprunts au poète Konstantin Podrevsky, avant d'être traduite par l'Américain Gene Raskin à une heure où les nations ne se disputaient pas trop, dans les années 1920. En plus de contenir des cuivres à la BEATLES, cette chanson pop mémorable mais aussi aventureuse ajoute un élément différent à chaque couplet : saxophone alto, cordes, chorale.

Tube plus que faramineux (numéro 1 en Angleterre finalement détôné par "Hey Jude" de vous-savez-qui, numéro 2 aux U.S.A.) et résonant un peu partout dans l'hémisphère nord comme un beau pied-de-nez à la guerre froide, elle convient parfaitement à HOPKIN qui n'en est pas la première interprète (contrairement à la Géorgienne Tamara TSERETELI), ainsi qu'à son registre vocal des plus charmants. Pourtant, l'artiste se détache vite de la chanson et pas seulement parce qu'elle et Macca, en pleine saveur du succès, travaillent vite sur un premier disque qui paraît moins de dix mois plus tard, en février 1969. C'est bien simple : "Those Were the Days" ne figure même pas sur l'édition anglaise, mais de fait, les Américains y auront droit, eux ! Sur leur version elle remplace une reprise il est vrai un peu plus convenue des frères GERSHWIN, "Someone to Watch Over Me", mais la ressortie de 2010 en CD réunit heureusement le tout.

Post Card reste le premier album de Mary HOPKIN, avec ses moments moins marquants certes, mais jamais de vraie faiblesse, ce qui est un exploit vu la diversité des influences, des apports en composition et des sonorités voulues. C'est sans doute grâce à la voix de la chanteuse, qui est arrivée tout de même à faire passer un morceau dans son gallois natale, "Y Blodyn Gwyn" ('la fleur blanche'), qu'on lui donnait à interpréter avec ses camarades de classe sur les bancs de l'école primaire, mais sans doute pas avec un tel accompagnement de harpe, aussi délicat. Merveille intime donc avec des harmonies vocales d'elle-même, par rapport à d'autres orchestrations comme celle de "Love is the Sweetest Thing", reprise de Ray NOBLE & Al BOWLLY, hit américain de 1932 aux cuivres swing bien marqués et au saxophone ténor soulignant joliment voix comme mélodie. Une réussite grâce à HOPKIN (elle le chantera au Ed Sullivan Show !) et aux musiciens, mais dont on comprend mal le développement instrumental aussi long pour fausse conclusion.

"Inchworm" et son côté ballade hollywodienne évidente (et pour cause, extraite de la B.O du film Hans Christian Andersen par Samuel Goldwyn en 1952), où la chanteuse se fait un peu plus diva, sont tout aussi pertinents. Autre succès jazz de l'an 32, "Lullaby of the Leaves" aux arrangements automnaux (batterie smooth, flûtes, violoncelle et guitare nylon) nous emporte à son tour, sacrée belle aventure en surprises. Idem de "There's No Business Like Show Business", standard d'Irving BERLIN en plus crossover jazz-BEATLES. "Young Love", pièce rock'n'roll US de la grande époque une décennie plus tôt, sonne comme Macca & co sans aucun musicien concerné ; Paul joue sur d'autres titres mais n'en écrit pas un seul ! Quant à "The Honeymoon Song", elle aussi venue d'un film notoire de 1959 par Michael Powell, elle nous sert une HOPKIN plus adepte de la chaleur méditerranéenne, avec cette empreinte du Grec Mikis THEODORAKIS en compo.

Le programme est riche, et ce n'est pas terminé. Sur les terres britanniques même, si Macca aura du retard avec son "Goodbye" paru un mois après l'album en single et qui devient un autre grand tube pour HOPKIN (même si elle le chantera pour justement s'éloigner du BEATLE trop présent tout le temps dans le contrôle de sa carrière !), il laisse le copain nouveau Harry NILSSON s'exprimer. L'artiste caustique fournit "The Puppy Song", sur le désir enfantin d'un chiot tout mignon qui convient bien à HOPKIN dans un parfum New Orleans. Plus gentil, George MARTIN, le cinquième BEATLES, arrangeur-producteur légendaire, fournit la très jolie valse "The Game".

C'est en revanche un autre ami du groupe, et grande influence (le sitar de George Harrison !), à savoir DONOVAN l'Écossais - autre Celte donc, à part Paul par son nom et bien sûr Mary -, qui se taille la part du lion ici. Parmi ses trois créations pour l'adorable cousine galloise, "Lord of the Reedy River", folk aux touches jazz et enchanteur ('she fell in love with a swan') où il fait des choeurs. Ensuite, songez que sur les deux autres beautés semblant elles aussi sorties des légendes, "The Voyage of the Moon" et "Happiness Run", HOPKIN est, là encore, entourée par deux guitaristes (avec des instrus à vent en plus pour la seconde) qui sont DONOVAN et Paul McCARTNEY !

Pas pour rien donc, il s'agit de ses trois chansons préférées de l'album, alors qu'à côté de cela, elle se renie elle-même – et c'est bien dommage - sur "Prince en Avignon", chanson française qu'elle chante comme il se doit avec son accent britannique, mais dont elle n'a absolument pas à rougir. Ecrite par Jean-Michel Rivat, Frank Thomas et composée par Jean-Pierre Bourtayre (tous auteurs alors plus ou moins en vue oeuvrant pour nos Claude FRANÇOIS et autres), dédiée à l'acteur mythique Gérard Philippe lors de son passage au festival de théâtre le plus célèbre au monde tenu dans la cité des papes, elle a été chantée par Esther OFARIM et a si bien convaincu HOPKIN que celle-ci la voulait vraiment sur son disque.

Il était un prince en Avignon/sans royaume, sans château, ni donjon/là-bas tout au fond de la Provence...' Sans mentir, c'est d'une grande classe, avec les éléments subtils un peu pop psychédélique en vogue. On peut lui rapprocher une des 'chutes' de l'album qui retient aussi le meilleur de la France même si plus en anglais cette fois, "Fields of Saint-Étienne", reprise des folkeux écossais GALLAGHER & LYLE, plus guerrier aussi dans le ton avec un impressionnant boléro, encore désarmant de beauté. Dans n'importe quelle version à l'époque, avec ou sans tube, Post Card a cartonné pour de bonnes raisons, même si ce sera bref pour la jeune HOPKIN qui est loin de tout décider. Et pour qui l'aime, on ne peut que recommander la version la plus complète, en CD, avec les 'chutes'.

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   MARCO STIVELL

 
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- Mary Hopkin (chant, choeurs, guitare)
- Paul Mccartney (guitare, basse)
- Donovan (guitare)
- George Martin (piano)
- Derek Griffiths (guitares)
- Jim Rodford (basse)
- Bernie Higginson (batterie)
- John Beecham (trombone)
- Mike Cotton (trompette)
- Nick Newell (saxophone)
- London Welsh Choir (chorale)


1. Those Were the Days
2. Lord of the Reedy River
3. Happiness Run
4. Love is the Sweetest Thing
5. Y Blodyn Gwyn
6. The Honeymoon Song
7. The Puppy Song
8. Inch Worm
9. Voyage of the Moon
10. Lullaby of the Leaves
11. Young Love
12. Someone to Watch Over Me
13. Prince en Avignon
14. The Game
15. There's No Business Like Show Business


             



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