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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1976 ★★★★  Jeunes Années
1978 ★★★★★  Sur Un Air De Gymnastique
1980 ★★★★  Drones
1981 ★★★★★  Meli-Mélodies
ÉQUIVALENCES
Style + Membre : WEIDORJE

Jean Philippe GOUDE - Drones (1980) ★★★★ 
Par NANAR le 11 Janvier 2026          Consultée 172 fois

Il y a des albums comme ça qui éclipsent une discographie entière. Seul album vinyle de Jean-Philippe GOUDE à avoir été réédité, Drones est surtout celui qui l'a consacré en tant que membre du cercle Zeuhl, formé autour de groupes tels que WEIDORJE et ZAO, eux-mêmes fondés par d'anciens membres de MAGMA. Les deux premiers groupes furent directement mis en jeu puisque c'est Jean-My TRUONG, batteur de ZAO, qui recommanda Jean-Philippe GOUDE auprès de Bernard PAGANOTTI pour intégrer WEIDORJE en 1977. Deux ans plus tard, le groupe se dissout avant d'avoir achevé son deuxième album, et Jean-Philippe GOUDE met en boîte son troisième album solo aux studios Ramsès de Paris. Certaines compositions de cet album (y compris "Trio de Mini-Moogs) ont été ébauchés dès 1978 sur l'album Sur un Air de Gymnastique, mais les premières versions n'ont pas grand-chose à voir avec les définitives qui ont fait l'objet d'un travail d'arrangement et même de composition bien plus approfondi.

Sur cet album, s'entrecroisent de nombreuses formations différentes. Je parlais de cour des miracles au sujet de Bébé Godzilla (1981), album solo de Patrick GAUTHIER, autre membre de WEIDORJE, et ici on n'en est pas loin. La section rythmique de WEIDORJE intervient sur "Les Saturnales" et "Dies Irae", qui sont par voie de conséquence les morceaux de l'album sonnant le plus Zeuhl, vindicatifs et rythmiquement complexes. Sur "Dies Irae" se cotoient également le violoniste Patrick Tilleman (GWENDAL, ZAO, TERPANDRE) et les guitaristes Michel Ettori (WEIDORJE), Alain Ranval (ODEURS), François OVIDE (PLAT DU JOUR) et Jean-Michel KADJAN (auteur d'un album solo de style jazz-fusion), qui participent de l'impitoyable mur de son qui conclut le morceau. "Drôle d'Ère" présente encore l'instrumentation la plus bigarrée, entre la basse de Gérard Prévost (ZAO, RAHMANN), le violon de David Rose (TRANSIT EXPRESS), les vents des frères GUILLARD (MAGMA) et bien entendu les claviers éclectiques de Jean-Philippe, pour un résultat oscillant entre jazz et classicisme.

"Tintinnabulum", de loin le plus long morceau du disque, est enregistré avec Didier Bâtard à la basse et François Auger à la batterie, soit la section rythmique de HELDON. Et, malgré l'absence de Patrick GAUTHIER de ce morceau, on y retrouve la facette la plus mélodique de HELDON – on pense à "Bal-à-Fou" (1977) ou "Une Drôle de Journée" (1979). La plus grande surprise nous vient pourtant du QUATUOR MARGAND, ayant participé à Shekina (1975), troisième album de ZAO, puis à plusieurs projets du souffleur Yochk'o SEFFER, co-fondateur de ZAO avec le pianiste François 'Faton' CAHEN. Ce quatuor à cordes classique interprète "Machine" avec le concours de Richard PINHAS qui apporte des rythmiques électroniques tout droit tirées de son très expérimental Iceland (1979), et de l'ingénieur du son Jean-Louis RIZET qui apporte des effets sonores supplémentaires, ce qui n'est pas fortuit puisqu'il a collaboré avec Philippe BESOMBES sur l'électronique album Pôle (1975).

Quelques morceaux enregistrés (presque) en solo viennent compléter le tableau. "Sicilienne" est une portion de néo-classicisme aux synthétiseurs, c'est anecdotique mais ça passe en tant que transition. On préfère "Duo", presque aussi court mais musicalement plus intéressant, plus personnel. "Coma" est sans doute le morceau le plus expérimental du lot; le bruit de goutte d'eau qui clot le morceau déborde sur le sillon infini de la première face du vinyle. "Cantilène" est basé sur le même motif de piano à cinq temps que "Les Saturnales", mais avec un développement complètement différent, résolument impressionniste, qui à la fin se fond dans l'électronique, de manière moins brutale cependant que sur "Machine" où les cordes étaient pour ainsi dire hachées menues.

"Trio de Mini-Moogs" est un morceau qui était prévu pour figurer sur l'album mais qui en a été écarté et a resurgi sur la réédition de 1993. Cette composition, en plus d'être mélodiquement très qualitative, offre l'occasion exceptionnelle de juxtaposer des soli de Jean-Philippe GOUDE, Benoît WIDEMANN et Patrick GAUTHIER, sur un simple riff de basse. On retrouve le goût de Patrick GAUTHIER (lequel fait d'ailleurs deux soli) pour les arpèges pentatoniques, le jeu orné et délié de Benoît WIDEMANN et le style très discursif de Jean-Philippe GOUDE (dans son propre solo comme dans la mélodie principale). "Benoît et les Riverboppers", sur Bébé Godzilla (1981) de Patrick GAUTHIER, réunira à nouveau les trois musiciens (en plus de Jean-Pierre FOUQUEY au Minimoog, entre autres), mais valorise leurs singularités musicales d'une manière différente, moins directe.

On prend alors la pleine mesure de ce qu'a apporté Jean-Philippe GOUDE au groupe de Bernard PAGANOTTI. Bien qu'il n'ait signé aucune composition de l'album de 1978, les deux faces du vinyle étant partagées entre Bernard PAGANOTTI ("Elohims Voyage") et Patrick GAUTHIER ("Vilna" et "Booldemug"). "Elohims Voyage" voit les claviers consolider la rythmique et installer une ambiance de science-fiction. On distingue isolément quelques brefs riffs de Minimoog par Jean-Philippe GOUDE, préfigurant ceux de "Dies Irae", dans un autre contexte. Sur "Vilna", les jeux de Jean-Philippe GOUDE et Patrick GAUTHIER aux pianos Fender fonctionnent de concert, presque en symétrie, et sur "Booldemug", on distingue davantage les deux claviéristes, leurs sonorités, leur musicalité distinctives. "Trépidanse", leur nouvelle collaboration, est une véritable synthèse de ces deux démarches.

Jean-Philippe GOUDE avait pourtant composé un "Rondeau" pour WEIDORJE, joué en concert mais non enregistré en studio – on le trouve en bonus des rééditions CD de Weidorje (l'album). Sur cette composition, il exploitait abondamment les polyrythmies, ainsi que Patrick GAUTHIER sur "Vilna". Cette composition à l'ambiance très particulière, assez mélancolique, n'a pas vraiment donné suite sur Drones, tant pis. Toujours est-il que, malgré la multiplicité des intervenants extérieurs, cet album reste d'une force et d'une cohérence remarquables.

4 ½ sur 5

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ NANAR


LINE-UP
- Jean-Philippe Goude (piano, synthétiseurs dont minimoog)
- Alain Ranval (guitare sur 8)
- François Ovide (guitare sur 8)
- Jean-Michel Kadjan (guitare sur 8)
- Michel Ettori (guitare sur 8)
- Pierre Chérèze (guitare sur 9)
- Bernard Paganotti (basse sur 1 et 8)
- Gérard Prévost (basse et contrebasse sur 4)
- Sylvin Marc (basse sur 6)
- Didier Bâtard (basse sur 9)
- Kirt Rust (batterue sur 1 et 8)
- Dominique Esnault (batterie sur 4)
- Manu Katché (batterie sur 6)
- François Auger (batterie sur 9)
- Klaus Blasquiz (chant sur 1, 2 et 9)
- Richard Pinhas (synthétiseur sur 3)
- Jean-Louis Rizet (effets sonores sur 3)
- Patrick Gauthier (piano et minimoog sur 6, 8, 10 et 11)
- Benoît Widemann (minimoog sur 11)
- Michèle Margand (premier violon sur 3)
- Anne Méhat (second violon sur 3)
- François Douchet (alto sur 3)
- Claudine Lasserre (violoncelle sur 3)
- David Rose (violon sur 4)
- Alain Guillard (saxophone alto sur 4)
- Yvon Guillard (bugle sur 4)
- Patrick Tilleman (violon sur 8)

TRACKLIST
1. Les Saturnales
2. Sicilienne
3. Machine
4. Drôle d’Ère
5. Coma
6. Trépidanse
7. Duo
8. Dies Irae
9. Tintinnabulum
10. Cantilène
Bonus
11. Trio de Mini-Moogs


             



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