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JAZZ  |  LIVE

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1976 ★★★★★  The Romantic Warrior

ALBUMS LIVE

2008 ★★★★★  Returns

RETURN TO FOREVER - Returns (2008) ★★★★★ 
Par ELK le 4 Février 2026          Consultée 266 fois

Mais quelle fabuleuse idée que celle de Chick Corea de réunir, plus de trente ans après sa dissolution, le Line Up "classique" et iconique de cette formation, celui qui en 1975 et 76 avait sorti deux immenses classiques du genre, le superbe No Mistery et surtout le légendaire Romantic Warrior, disque dont tout amateur de Jazz Fusion, ou Jazz Rock comme on disait alors, doit connaître le moindre détail et la moindre note.

Le genre ? Eh bien rappelons-nous que RETURN TO FOREVER fut fondé à l'époque en réponse à l'essor du Rock Progressif. Chick, en digne émule de son mentor Miles Davis, ayant souhaité apporter une réponse Jazz au succès croissant des groupes de prog, et faire bénéficier à son genre de prédilection de la possibilité de créer à son tour des oeuvres à la fois fortes et épiques. Le tout était destiné à séduire de larges foules en alliant la liberté et la complexité des structures Jazz, et l'impact direct dans un registre plus rentre-dedans et rock de musiciens virtuoses.

Aux côtés de Chick, on retrouve donc dans cette tournée de reformation les prodigieux Stanley Clarke, bassiste et contrebassiste de légende, le fabuleux batteur Lenny White et le flamboyant et incandescent guitariste Al Di Meola. On sait que le split de 1976, officiellement imputé à la volonté de Chick Corea de repenser sa formule d'origine, était largement issu des volontés d'émancipation du guitariste américain qui allait d'ailleurs dans la foulée superbement lancer une carrière solo ponctuée de nombreux succès et qui dure encore aujourd'hui.

Ces retrouvailles furent célébrées par quelques concerts triés sur le volet, notamment aux USA, au Canada et en Europe, dont furent extraits les enregistrements et films constituant cet imposant "Returns" double CD et DVD retraçant parfaitement ces quelques mois d'une tournée de plus de 50 dates. Il semble que la fin de ces retrouvailles, somme toute éphémères, soit une nouvelle fois imputable à Al dont la carrière solo avait à l'époque pris un tour beaucoup moins démonstratif que la musique du quartet, et qu'il ait manifesté assez rapidement sa lassitude d'interpréter des titres à rallonge ponctués de très longs espaces d'improvisations comme à la grande époque.

Quelle que soit la raison de cette nouvelle séparation, qui sera d'ailleurs suivie quelques années plus tard d'une nouvelle tournée, comprenant cette fois Franck Gambale à la guitare et Jean-Luc Ponty au violon, l'enthousiasme manifesté par les musiciens lors de ces concerts transpire de chaque image du Blu-Ray et de chaque note de l'enregistrement.
Stanley Clarke s'affiche comme la véritable colonne vertébrale du groupe, véritable roc prompt à transformer les structures musicales les plus alambiquées en figures cohérentes. Et quelle virtuosité en solo... Lenny White semble avec les années avoir acquis encore plus de sagesse, de fluidité et de subtilité dans son jeu, il drive l'ensemble avec une classe inégalable. Quant à Al, si un doute pouvait subsister quant à sa volonté de revenir aux folles descentes de manche de sa jeunesse, rien de tout cela ne transparaît dans le jeu flamboyant et inspiré qu'il affiche tout au long du disque. Qu'est-il besoin de rajouter sur Chick Corea ? Il reste le parfait architecte des structures complexes et des folles arabesques, un improvisateur de génie, et un parfait maître de cérémonie aux commandes de sa créature artistique.

Rayon setlist, on retrouve avec plaisir une prédominance de l'âge d'or susmentionné, avec trois morceaux tirés de Romantic Warrior. Tout d'abord le titre éponyme qui continue à nous charmer et nous surprendre par sa finesse mélodique, et sa dimension épique quoique interprété par des instruments acoustiques. Il est cette fois interrompu par "Bayo Del Negro", passionnant solo à la contrebasse de plus de 11' de Stanley Clarke, et par "Lineage", solo de batterie cette fois au cours duquel Lenny White nous fait visiter l'évolution de la technique de la batterie Jazz à travers les âges. "Sorceress" conserve son irrésistible groove servi par un riff de basse inoubliable. Al se fend d'un long et formidable solo aux traits furieusement rock, une rareté dans son répertoire, avant que les échanges entre Chick et Stanley notamment fassent totalement décoller le titre. "Duel Of The Jester And The Tyrant" enfin est mon préféré du lot, avec son thème enveloppant et intriguant, le solo dantesque (je pèse mes mots) de Al et celui non moins splendide de Chick, ainsi que les prodigieux développements harmoniques dont fourmille ce titre exceptionnel.

Autre morceau épique, "Song To The Pharaoh King" s'étire ici sur plus de 27'. La longue et planante intro de Chick est suivie du célèbre thème, toujours aussi profond et original, avant que de délicieux développements viennent mettre à l'honneur le talent et l'inspiration de chacun des protagonistes. "No Mistery" nous entraîne avec brio dans un registre beaucoup plus latin et acoustique, souvent proche du grand classique "Spain". "Hymn Of The Seventh Galaxy" est un titre court livré ici dans une version très dynamique et impactante mettant notamment à l'honneur la fougue de Al Di Meola. "Vulcan Worlds" est un titre rythmiquement brillant, gorgé de rebondissements et de fausses pistes parfaitement orchestrés par une section rythmique infaillible. "500 Miles High" enfin est un titre bonus tiré de l'album Light As A Feather, un peu moins intense que ses prédécesseurs mais qui s'étire gentiment et en souplesse sur plus de 11' dans un agréable feeling latin.

Sur "Al's Solo", on retrouve comme son nom l'indique Al à la manoeuvre pour un medley drivé par sa guitare acoustique nous faisant voyager de ses oeuvres en solo vers le répertoire d'Astor PIAZZOLA, qu'il a abondamment exploré, en finissant par un joli duo avec Chick sur un extrait de l'incontournable "Spain". Chick a évidemment droit aussi à ses moments en solo, notamment sur l'intro de chaque disque. Si "Opening Prayer" est une courte intervention permettant d'installer la couleur harmonique et l'espace sonore de ce qui va suivre, "Friendship" est une pièce improvisée plus sérieuse et profonde, au sein de laquelle on retrouve certains des forts motifs déployés par Chick dans ses oeuvres en solo, ainsi qu'un clin d'oeil appuyé au "Solar" de Miles DAVIS. Signalons pour être complets la dernière piste du disque qui est la remise au groupe par la BBC d'un "Lifetime Achievement Award", belle récompense dans un tel style, surtout lorsqu'elle est remise par le légendaire Georges Martin.

Cette réunion malheureusement éphémère nous offre avec ce double Live un bien beau témoignage de l'immense apport de la formation à un genre qui continue à fasciner les jeunes générations, après avoir souvent émerveillé ou irrité au choix les plus anciennes. Le plus important est que cette musique reste vivante, et que la classe et l'extrême virtuosité de musiciens en tous points exceptionnels continue à fasciner autant plus de 30 ans après qu'ils se soient tournés vers de nouvelles aventures. Cette reformation est d'ailleurs l'occasion de "nettoyer" le son des instruments d'origine, essentiellement des sonorités de synthés utilisés à l'époque par Chick et aujourd'hui un peu datés, et de rendre au répertoire du groupe tout son avant-gardisme et une modernité qui traverse les âges. Et que dire de la fougue affichée ici, mention spéciale au prodigieux Al Di Meola qui retrouve le temps de quelques dates l'énergie et la passion de sa folle jeunesse.
Le décès de Chick en 2021 met un terme définitif à tout espoir de nouvelles aventures. Il nous reste à vous remercier messieurs pour tout le bonheur que vous nous aurez apporté et que ce dernier (ou presque) témoignage vient dignement compléter.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ ELK


LINE-UP
- Chick Corea (piano, claviers)
- Al Di Meola (guitares)
- Stanley Clarke (contrebasse, basse)
- Lenny White (batterie)

TRACKLIST
Disque 1
1. Opening Prayer
2. Hymn Of THe Seventh Galaxy
3. Vulcan Worlds
4. Sorceress
5. Song To The Pharaoh Kings
6. Al's Solo (medley)
7. No Mistery
Disque 2
8. Fiendship
9. Romantic Warrior
10. El Bayo De Negro
11. Lineage
12. Romantic Warrior (continued)
13. Duel Of The Jester And The Tyrant
14. 500 Miles High (bonus track)
15. BBC Lifetime Acjievement Award (Bonus)


             



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