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2019 ★★★★  Open Water

The FIRE HARVEST - Open Water (2019) ★★★★ 
Par ARNO le 5 Février 2026          Consultée 89 fois

THE FIRE HARVEST est un obscur groupe originaire d'Utrecht aux Pays-Bas, tellement indépendant qu'il n'est pas simple de trouver des informations le concernant. On n'est même pas sûr qu'il soit encore en activité. Cet Open Water (2019), leur deuxième album, est totalement passé sous le radar, n'arrivant à nous que par un concours de circonstances aussi hasardeux qu'heureux.

À l'écoute du deuxième morceau "Not Going to Work", on se dit qu'il y avait définitivement des indices quant à la musique que nous nous apprêtions à écouter, dès le nom du groupe finalement. À la lecture de ces mots (THE FIRE HARVEST) par-dessus la musique qui nous parvient, clignote instantanément à l'esprit la figure tutélaire de NEIL YOUNG. Celui accompagné de son fidèle et rugueux Crazy Horse plus précisément, et donc plutôt celui de Zuma (1975) que celui de Harvest (1972) ou Harvest Moon (1992). On a ici affaire à un son de guitare tranchant et incendiaire (la particule 'Fire' du nom du groupe) et à un univers sonore proche de celui façonné par le Canadien. Si l'on devait extrapoler, on pourrait jusqu'à aller dire que l'album sonne comme si chacun des morceaux sortait de la carcasse fumante, traînante et lancinante, du légendaire "Cortez the Killer". Trauma originel, matrice.
Comment ne pas entendre son hérédité aux sons des guitares qui ouvrent "Not Going to Work", à cette rythmique boiteuse mais pas moins dangereuse, comme le serait un prédateur blessé? Son ADN tapisse chaque vibration de grosse caisse, chaque souffle d'ampli, chaque charge électrique parcourant le matériel. Que l'effort tourne finalement au simple pastiche sera laissé à l'appréciation de tout un chacun. En ce qui me concerne, ce serait passer à côté d'un travail formidable d'écriture. Le morceau d'ouverture "River Dam" prouve bien que le groupe a beaucoup plus à offrir. De cette palette génétique initiale, le groupe laisse jaillir ses propres paysages désolés et les dépeint à coup de lignes de chants torturés et de choix d'arrangements qui lui appartiennent.

Là, réside toute la force de cet album : son écriture. Open Water propose des compositions poignantes, aussi belles que désespérées, et jouées avec la confiance d'un groupe qui sonne comme s'il écumait les scènes depuis plusieurs décennies déjà. Ce qui, comme ne l'indiquent pas les dates de sorties récentes de ces projets (2012 étant la trace la plus ancienne d'enregistrement disponible), est en fait le cas, puisque les membres du groupes sont tous des membres actifs de la scène musicale de leur ville depuis plus de vingt ans.
Un morceau comme "Spring" est une pure anomalie dans le paysage musical de 2019. Le groupe ne craint pas les silences et ne tremble jamais à l'idée de dépouiller au maximum sa musique, laissant parfois des passages où ne cohabitent plus que la voix et la batterie. Fait rare, puisque la musique moderne a plutôt tendance à prendre la route inverse, et vouloir remplir à tout prix l'espace sonore.
"Lines in the Sand" est une des meilleures pièces de l'album. Tableau magnifique, tout en clair-obscur. Chaque couplet dresse un paysage hostile, désinvesti. Le titre est même dépourvu d'un refrain à proprement-dit. La lumière, elle, jaillit finalement d'un motif de guitare qui transperce la toile de beauté. Ce passage abrupt d'une émotion à l'autre créé une réaction émotionnelle déchirante de mélancolie douce.

Si le songwriting est ici bien plus épais et ténébreux, son mélange slow tempo de country/folk/rock électrique s'inscrit quelque part dans la lignée de grands auteurs américains apparus dans les années 90, que sont BONNIE PRINCE BILLIE (avec ou sans les itérations de son groupe Palace) ou BILL CALLAHAN (avec ou sans son groupe Smog). Le chant singulier et habité de Gerben Houwer rappelle d'ailleurs par endroits celui de ce dernier. Son timbre particulier et cette façon éperdue de délivrer chaque mot apportent une réelle identité au groupe. L'enregistrement est chaud, mais les riffs sont lourds, et les compositions lentes et cafardeuses. THE FIRE HARVEST compose la musique d'un monde post-incendie. À l'heure suspendue du bilan. "Good intentions" continue de souffler sur les braises encore incandescentes et les émotions vives. La brûlante "Picture of a Man" est la pièce centrale de la face B. Elle est aussi la plus longue de l'album, avoisinant les 7 minutes. Un laps de temps où, une fois encore, les guitares sont appesanties. Le chant y tient presque de la supplication, et la noirceur manque d'engloutir les dernières lueurs d'espoir, qui malgré tout subsistent et luttent sous la forme d'une sublime liturgie finale, reprise en choeurs et en concours avec un jeu de guitare impérial.

Si l'album dans son ensemble paraît un brin monolithique à la première écoute, comptez sur lui pour que la poussière ne soit pas retombée pour autant, mais bien restée là, en suspens dans un coin de vos têtes.
Il y aura une deuxième écoute.
Une troisième...

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ ARNO


LINE-UP
- Gerben Houwer (chant, guitares)
- Gibson Houwer (batterie)
- Jacco Van Elst (basse, choeurs)
- Nicolai Adolfs (guitare)
- Michael Feuerstack (claviers, slide guitare)

TRACKLIST
1. River Dam
2. Not Going To Work
3. Lines In The Sand
4. Good Intentions
5. Human
6. Pictures Of A Man
7. Spring
8. The Sun And The Sea


             



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