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JAZZ  |  COMÉDIE MUSICALE

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CHRONIQUES

B.O FILMS/SERIES

1961 ★★★★★  West Side Story

COMÉDIES MUSICALES

1949 ★★★★★  Un Jour À New York

LEONARD BERNSTEIN - Un Jour À New York (1949) ★★★★★ 
Par EMMA le 3 Mars 2026          Consultée 169 fois

New York s'éveille en couleurs franches, en lignes droites et en pas pressés. La ville déborde, elle bruisse, accélère. Chaque note semble surgir d'un coin de rue, chaque rythme se confond avec le mouvement incessant de la métropole. Une promenade effervescente, un instant volé au cœur de la modernité.

Dans ce musical, nouveau succès de la MGM, la musique traverse la ville. Sorti en 1949, au cœur de l'âge d'or hollywoodien, Un Jour À New York marque un moment particulier. Le Technicolor, éclatant et saturé, trouve son équivalent sonore dans cette partition brillante qui éclaire la ville réelle. Les décors ne sont plus seulement peints, et la musique abandonne la langueur du rêve pour l'urgence de l'instant. La bande originale composée par Leonard BERNSTEIN, ne cherche ni la nostalgie, ni la contemplation. Elle court, rit, se heure. Une musique de passage, de rencontre éphémères, de désirs fulgurants. Une musique qui sait qu'elle n'a qu'un jour pour exister. BERNSTEIN apporte au cinéma une écriture issue de Broadway mais nourrie de musique savante, de jazz, de swing et de rythmes syncopés. Contrairement aux grandes partitions romantiques qui dominent encore Hollywood, Un Jour À New York revendique la modernité. Les mélodies sont tranchantes, rapides, parfois fragmentées.

L'orchestration est dense, nerveuse, extraordinairement vivante. Les cuivres claquent, les percussions bondissent, les bois dessinent des lignes nerveuses. La MGM signe un nouveau succès. La musique pose son manifeste avec "New York, New York". Les voix de Gene KELLY, Franck SINATRA et Jules MUNSHIN se superposent, les phrases s'entrechoquent, elles sont courtes et propulsées par des cuivres éclatants, le rythme est frénétique. La ville est trop grande, trop rapide et la musique le revendique. SINATRA y apporte une ligne souple, vocale, presque rêveuse par instant tandis que KELLY incarne la danse ancrée dans le sol et MUNSHIN complète l'équilibre par une légèreté comique. Cette énergie traverse toute la bande originale. Les chansons prolongent l'élan. Ce dialogue entre musique trouve un sommet dans "Miss Turnstiles Ballet", un moment instrumental. Ici, BERNSTEIN déploie toute sa science orchestrale. Les cordes dessinent la trajectoire du personnage, les bois suggèrent la curiosité, les cuivres ponctuent l'élan. La partition devient chorégraphie. Ce n'est plus un numéro ajouté : c'est une narration par la danse. La modernité de l'écriture, déjà marquée par le jazz et la vitalité rythmique, annonce ce que sera le BERNSTEIN de Broadway quelques années plus tard. Il aime également le comique, le décalage, la vivacité presque absurde. "Prehistoric Man" emmené par l'explosive Ann Miller, injecte une énergie volcanique dans la bande originale. La chanson joue avec les tempos, les ruptures, les accélérations. BERNSTEIN y glisse un humour musical — syncopes, ruptures rythmiques, accentuations inattendues — qui soutient la performance physique délirante des interprètes. La veine sentimentale s'exprime différemment. Dans "When You Walk Down Mainstreet with Me", Gene Kelly et Vera-Ellen offrent un moment plus suspendu. La mélodie s'élargit, se fait presque caressante. Le mouvement s'adoucit quelque peu dans une ballade agréable et le romantisme reste léger. L'humour amoureux trouve une forme savoureuse dans « Come Up to My Place » puis dans "You're Awful", où Betty Garrett et SINATRA jouent un duel verbal rythmé. La musique s'amuse du contrepoint vocal, des échanges rapides, des réponses musicales en miroir. La séduction devient joute, et la musique épouse cette vivacité théâtrale.

Puis vient la chanson-titre, "On the Town", moment collectif où les voix s'agrègent. BERNSTEIN y retrouve l'élan choral, presque civique. La ville devient terrain de jeu commun, espace partagé. Les lignes mélodiques s'entrelacent, se superposent, créant une impression de foule en mouvement. Le musical cesse d'être centré sur un duo ou un trio : il devient communauté. Dans "Count on Me", cette dimension fraternelle s'affirme encore. L'orchestration se fait plus ample, les harmonies plus affirmées. Il y a dans ce morceau quelque chose de simple et de chaleureux. Enfin, "A Day in New York", instrumental conclusif, agit comme un rappel. BERNSTEIN reprend ses motifs, les module, les laisse respirer. La ville ne s'éteint pas, mais la musique boucle son cycle. Tout a été mouvement, circulation, énergie — et pourtant, la partition trouve une cohérence presque symphonique.

L'interprétation joue un rôle central dans cette réussite. Gene KELLY, déjà figure dominante du musical, impose ici un style qui deviendra emblématique. Son chant est indissociable de son corps. Il danse comme il chante, chante comme il se déplace. La musique devient un prolongement du geste. À ses côtés, Franck SINATRA, encore au début de sa carrière cinématographique, apporte une fragilité singulière. Sa voix, plus douce, plus intériorisée, contraste avec l'énergie de KELLY. Ce qui frappe, à l'écoute de cette BO, c'est la modernité de l'ensemble. Là où d'autres comédies musicales de l'âge d'or cultivent le faste ou le lyrisme, Un Jour À New York cultive la vitesse. Bernstein introduit dans le musical hollywoodien une écriture nerveuse, syncopée, héritée du jazz mais structurée comme une œuvre classique. Il ne juxtapose pas les numéros : il construit une architecture sonore qui épouse la ville elle-même.

Note : 3,5/5

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ EMMA


LINE-UP
- Leonard Bernstein (compositeur)
- Rogers Eden (musique additonnelle)
- Conrad Salinger (orchestrations)
- Saul Chaplin (arrangements vocaux)

TRACKLIST
1. Overture
2. I Feel Like I’m Not Out Of Bed Yet
3. New York New York
4. Miss Turnstiles
5. Prehistoric Man
6. Come Up To My Place
7. Main Street
8. You’re Awful
9. On The Town
10. Count On Me
11. A Day In New York
12. Finale


             



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