>Boîte à demandes>Historique du site
>Parallhits>Statistiques
>FAQ>Liens
>L'équipe du site>Facebook
  
  

Recherche avancée       Liste groupes



      
PUNK ROCK  |  STUDIO

L'auteur
Acheter cet Album
CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

2007 ★★★★  1 DaÑs An Diaoul
2010 ★★★★  1 Amzer An Dispac'H
2014 ★★★★★  1 Tan Ar Bobl
2017 ★★★★★  Breizh Anok
2025 ★★★★  D'Ar Gad Ataw !
ÉQUIVALENCES
Style + Membre : BERURIER NOIR

LES RAMONEURS DE MENHIRS - D'ar Gad Ataw ! (2025) ★★★★ 
Par RAMON PEREZ le 8 Avril 2026          Consultée 232 fois

L'équation est simple : respect éternel pour les Bérus + attrait indéniable pour les bretonneries = Vive les RAMONEURS DE MENHIRS ! Lorann et sa bande qui font du ramoneurs, pour moi c'est quatre étoiles direct. Trois si c'est un peu trop propre comme le troisième album, cinq si c'est carrément transcendant comme le deuxième. Seulement voilà, Lorann et sa bande qui font du ramoneurs, ça faisait un moment qu'on n'avait plus vu ça, du moins sur disque. Est-ce l'évolution du métier, l'inspiration ou plus simplement l'envie ? Je me disais en tout cas que le groupe, qui continuait à écumer les scènes du pays, ne ressentait plus le besoin d'élargir son répertoire. Et attention, ce sentiment peut être tout à fait légitime. Bien davantage que celui visant à créer afin d'avoir un prétexte pour repartir en tournée faire écouter les deux ou trois morceaux que tout le monde connait, comme le font tant d'autres.

Voici que sans crier gare les Ramoneurs ont retrouvé le chemin du studio près d'une décennie plus tard. Ils proposent aux oreilles ce nouvel opus, servi par une magnifique pochette dont le ton bleu symbolise peut-être bien l'ouverture d'un nouvel âge. Celui où la figure tutélaire de Louise Ebrel, cette formidable mamie présente sur chaque album précédent, n'est plus parmi nous. Sans attendre, le groupe lui adresse l'hommage requis. Une entrée pleine de vigueur dans ce nouveau chapitre, en trois danses enlevées. Celui également où le frère d'armes Richard Bévillon, le sonneur des origines qui trimballait sa houppette mauve sur les routes, a rendu son biniou après plus de quinze ans de bons et loyaux services. Son remplaçant se place naturellement dans ses pas, au sein d'un groupe par ailleurs d'une remarquable stabilité. Lorann se plaît d'ailleurs à relever que c'est sa formation qui connaît la plus grande longévité, en contraste du punk radical d'où il vient à la base qui se caractérisait plutôt par le côté éphémère des bandes qui le composaient.

En parlant de punk radical, saluons à nouveau nos vieux briscards pour leur constance. On a déjà entendu ça quatre fois ? Evidemment. Et puis quoi ? On se ressert et on en profite, c'est tout. Parce qu'il y a toujours la même vigueur, le même mordant dans le jeu de guitare de Lorann qui a quand même atteint un niveau d'expression musicale d'une grande précision. Pourquoi irait-il faire autre chose que ce qu'il est devenu à l'issue de ce long parcours ? A soixante ans passés, il a bien le droit d'être qui il est. Sa guitare se reconnaît entre mille, par son attaque, son ton, son inspiration. Et c'est sans doute à cela qu'on repère un grand artiste. On peut dire la même chose plus largement du groupe qui sait très bien qui il est, pourquoi il se meut et qui a atteint un stade d'aboutissement remarquable. Sans surprise, le son de l'album est parfaitement identifiable. Il a d'ailleurs été forgé par les sonorisateurs scéniques du groupe, ceux qui connaissent parfaitement la machine de l'intérieur. Ça donne un côté presque live, brut et électrique, dans lequel on s'installe avec bonheur.

On le sait, la radicalité du punk se trouve d'abord dans ce qui précède la musique. Dans la philosophie. Dans la manière de mener sa barque, que ce soit au niveau du mode de vie ou de son art. Dans la démarche qui construit ce dernier. A ce sujet, la probité ramonière saute aux oreilles. Concert après concert, morceau après morceau. Cette démarche s'est toujours résumée par la rencontre de deux traditions. D'un côté celle de la danse bretonne, les gavottes, ronds, laridé ou autres plinn qui parsèment le disque. De l'autre, celle du punk et de ses racines. Les airs des basques de KORTATU, des ANGELIC UPSTARS de 77 ou encore de Patti SMITH. Sans oublier bien sûr la coutume plus spécifiquement bérurière qui se prolonge avec la réinterprétation de "Tsigane".

Se rattacher à ces histoires, c'est entre autres chanter l'indépendance en toute circonstance, d'où "Zu atrapatu arte", "Murs de la honte" et surtout ce "Makukuti Kanaky" d'une grande importance. L'indépendance également vis-à-vis de l'appareil d'Etat et de ses agents. Ceux qui ont tué Steve, à qui "Lacri-moged" est dédié (ainsi qu'à la jeunesse indomptable des free-party, d'où la dose de grosses basses électro). Plus largement ceux qui tuent chaque jour la liberté, visés notamment dans la rageuse reprise des ANGELIC UPSTARS. Tout ceci converge vers la lutte centrale, l'antifascisme, dont les Ramoneurs tiennent encore le flambeau. Certes "No pasaran" est si volontairement simple qu'elle peut faire tristement sourire en ces temps de grande confusion. Et peut-être bien que cette lutte est en train de se perdre. Mais si un jour vient où les ramoneurs sont les derniers à chanter Siamo tutti antifascisti, il restera indéniablement qu'ils auront fait le job.

Nos vieux keupons ramonent donc toujours autant les menhirs et cela m'emplit de joie. L'album tient largement le niveau de l'histoire de ce groupe important, justifiant pleinement son retour discographique. On pourra encore dire que ces années sur les routes ont sans doute profité à Gwanael Kere dont le chant s'insère nettement mieux dans ce mélange bérurier. Du côté des sonneurs, après un début d'album un peu timide, ce nouveau duo prend ses marques pour envoyer de sacrées parties. Dès lors D'ar gad ataw ! (ça veut dire Toujours au combat !, titre largement assumé donc) gagne en intensité et enchaine de vrais bons titres. Par exemple "Labour ha kan" ; personnellement c'est exactement ça que je veux ! Du pur punk breton, plein de vigueur et sans fioritures, sur lequel virevoltent les binious. C'est aussi un petit hommage au vieux barde Robert Le Dour, jeune nonagénaire qui, suivant les pas de Louise, fait très fort sur l'avant-dernier titre dédié à la légendaire Marion. Lui aussi est parti depuis… Mais les RAMONEURS DE MENHIRS sont toujours là, toujours au combat. Et ils donnent toujours furieusement l'envie d'en être également.

Chronique basée sur la version CD ; la version vinyle se diffère par quatre titres de moins ("Laribédo", "Labour ha kan", "Police oppression" et "Tsigane") et un ordre alternatif qui se conclut par "No pasaran".

A lire aussi en PUNK ROCK par RAMON PEREZ :


BRASSEN'S NOT DEAD
Volume 2 (2009)
Sérieusement punk.




X-RAY SPEX
Germ Free Adolescents (1978)
On s'en bat les ovaires !


Partager


LA CHRONIQUE

 > PRINCIPALE
  ★★★★ RAMON PEREZ


LINE-UP
- Gwenael Kere (chant breton)
- Erik Gorce (bombarde et biniou, chant)
- Jérôme Fouillé (biniou et bombarde, chant)
- Lorann (guitare, chant, boite à rythmes)

TRACKLIST
1. Louise A-Dak
2. Laribédo
3. No Pasaran
4. Zu Atrapatu Arte
5. Makukuti Kanaky
6. Dirann
7. Labour Ha Kan
8. Murs De La Honte
9. Lacri-Moged
10. Police opression
11. Tsigane
12. Marion Ar Fawed
13. Rock N Roll Diggers


             



1999 - 2026 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod